Le trio Bustamante – Garouste – Hyber à l’Académie des Beaux-Arts… ou l’histoire d’un scabreux compagnonnage Par Nicole Esterolle (Billet D’humeur)

Le trio Bustamante – Garouste – Hyber

à l’Académie des Beaux-Arts…

ou l’histoire d’un scabreux

compagnonnage.

Par Nicole Esterolle

.

Le peintre Garouste et le non-peintre postural Bustamante se sont alliés pour soutenir la candidature du très postural Hyber, à l’entrée à l’Académie des Beaux-Arts, pour se sentir moins seuls dans cette assemblée d’artistes trop peintres, pas assez contemporains et trop peu internationaux à leur goût.

Nous sommes donc là dans une situation de cruelle et douloureuse torsion du sens, puisqu’ on assiste à la combinaison de ceci avec son immédiat contraire, à la collusion entre le picturalisme tripal et obsessionnel de Garouste et le conceptualisme radical façon « camion dans la chapelle de Carpentras » de Bustamante, pour le soutien de « la balançoire à double godemichet » de l’exquis Hyber. Un joli cas d’école donc dans le mélange des genres et des espèces, dont se préoccuperont peut-être plus tard les historiens de l’art, si cette discipline survit à cette folle déconstruction du sens et des repères que subit notre époque et dont cette croquignolesque « affaire » est l’exacte illustration.

.

.

.
Fabrice Hyber, Cerveau rapide, 2012  
Huile, fusain, collage papier, résine Epoxy sur toile – 150 × 200 cm 

.

.

.

J’ai toujours fait l’effort d’aimer la peinture de Garouste, car je pensais qu’il avait eu au moins le courage de rester peintre et de défendre la peinture tout au long de ces récentes « années noires » où celle-ci eut à subir les plus basses manœuvres de disqualification et les pires humiliations de la part de certains agents fabriqués du Ministère. Je ressens donc son alliance avec ces deux figures emblématiques de l’art conceptuel, comme une grave trahison à sa propre cause, comme un consternant reniement de soi de nature totalement schizophrénique.

Et en même temps, je comprends mieux ma réticence intuitive à aimer cette peinture que je n’ai jamais trouvée bien saine ni pour l’oeil, ni pour le cerveau, mais ressentie plutôt comme arthérapeutique, comme prescription du symptôme, comme un gros lâcher de pathos peu soigné dans l’usage du pinceau sur la toile… et pour une représentation trop bavarde d’on ne sait trop quel « art d’attitude » très « contemporain » donc, mélange indigeste de mythologique, d’ésotérique, de chamanique et de cosmique.

Aussi, me demandé-je aujourd’hui si Garouste n’est pas foncièrement un conceptualo-postural et si ne réside pas là sa camaraderie contemporainiste de fond avec Bustamante et Hyber… Il se dit d’ailleurs lui-même « conceptuel » parfois, et je me souviens d’une expo à la Chapelle de la Salpétrière, où il avait bricolé une énorme installation centrale pour faire plus intellectuel, contemporain et international à la fois, et faire ainsi allégeance à la « tendance » dominante du moment.

Bref, si Hyber est élu il y aura autant de conceptuels à la section peinture que de peintres… Et la consternation parmi les vrais artistes de l’Académie, de Claude Abeille à Philippe Garel, ou de Brigitte Terziev à Vladimir Velickovic……Etant donné leur condamnation idéologique de la peinture, les conceptuels feront en sorte qu’il n’y ait plus de peintres à l’Académie. Cela se produira vite et fatalement, au moment même, paradoxalement, où l’AC connaît son déclin…Et Garouste aura joué le Janus dans cette très confuse opération de la dernière chance.

Il s’agit donc bien d’une « affaire » parfaitement significative, qui apporte la preuve de cette collusion inhérente, nécessaire, consubstantielle ou structurante, entre l’argent, le pouvoir, l’intellect et le pathos, pour l’évacuation autant du sens que du sensible, et pour que l’art dit « contemporain » puisse encore un moment justifier cette usurpation sémantique. ( ce texte figurera sur le blog schtroumpf-emergent.com) 

.

.

.

 

.
..
..
.
.
.
..
.
https://www.boucheretlecland.com/product-page/mini-bougie-cupcake
.
.