Bernar Venet, bientôt à Lyon, au nom de « l’intérêt national » ! Par Nicole Esterolle (Billet d’humeur)

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Bernar Venet, bientôt à Lyon, au nom de

« l’intérêt national » !

Par Nicole Esterolle (Billet d’humeur)

 

Pour célébrer comme il convient son départ à la retraite, le directeur du MAC –Lyon, qui est en poste depuis 1984, nous prépare pour septembre , une grandiose rétrospective de l’immense Bernar Venet . ( Le D de Bernard a été enlevé pour faire plus distingué) Cette exposition « est reconnue d’intérêt national par le ministère de la Culture et bénéficie à ce titre d’un soutien financier exceptionnel de l’État » qui doit bien cela à ce monument de la création hexagonale, qui est l’un des deux ou trois plus grands business-artists que nous ayons en France , et dont les colossales pièces d’acier Corten, droites ou légèrement tordues, verticales ou obliques, ou carrément tire-bouchonnées, figurent dans la liste des meilleurs produits pour la haute spéculation artistico-financière et pour la décoration de quantité de places de grandes et moyennes villes.

Revendiquant son niveau « bac moins deux » Bernar Venet (Vernar Benet pour les intimes) est néanmoins entré à l’école des Beaux-Arts de Nice, où il se distingue très vite avec des tableaux au goudron très avant-gardistes. Ensuite il va à New York, car il comprend que c’est « là que ça se passe ». Il s’y distingue là-aussi très vite en exposant son fameux tas de charbon (image jointe), précurseur de tous les « tas contemporains de n’importe quoi» à venir. Il y compose aussi de la musique concrète en plaçant, avec quelques cailloux, un magnétophone dans une brouette métallique poussée sur un sol irrégulier. Musique également obtenue en faisant dégringoler les unes sur les autres comme des dominos, d’énorme poutres métalliques alignées préalablement le long d’un mur (voir image jointe). Puis ce fut le temps des agrandissements polychromes d’équations mathématiques célèbres peintes sur toiles ou sur automobile Bugatti. Et puis ce furent les arcs de cercle d’un nombre de degrés précis, d’abord peints sur toile et puis réalisés en gigantesques pièces d’acier Corten , comme celle de 150 tonnes et 50 m de long installée à Nice (image jointe) , etc…et le reste à l’avenant.

Vernar Benet avait bien prévenu, dès le départ : « souhaiter retirer toute charge d’expression contenue dans l’œuvre pour la réduire à un fait matériel ». Il a parfaitement réussi dans la non expression sensible et la non-inventivité formelle…sauf dans ses tortillons métalliques vaguement « expressionnistes » , mais dont le « lyrisme » est vite balayé par la répétitivité. Mais qu’à cela ne tienne, il reste l’artiste qu’il faut, pour célébrer la fin de la carrière d’un fonctionnaire de l’art tout entière dévouée à cet art dit « contemporain », parce qu’il n’est en rien au service de l’expression sensible et poétique, mais entièrement à celui de l’argent , du pouvoir, de l’affairisme politico-culturel et des réseaux du financial-art international. (Du 21 sept au 6 janvier 2019 au MAC Lyon)

si vous voulez jeter un œil sur la collection réunie en 30 ans par ce directeur de MAC en partance https://www.navigart.fr/mac-lyon/#/

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Bernar Venet, Effondrement huit lignes indéterminées, 2009.
Acier roulé © Photo: Sylvie Leonard © Adagp, Paris, 2018
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21 SEPTEMBRE 2018 – 6 JANVIER 2019
Inauguration jeudi 20 septembre 2018
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L’exposition présente un ensemble inédit et exceptionnel de plus de 170 œuvres, des premières performances, dessins, diagrammes, peintures, jusqu’aux photographies, œuvres sonores, films et sculptures, retraçant ainsi 57 années de création. C’est la rétrospective la plus complète jamais réalisée.

Cette rétrospective a pour objet d’examiner toutes les étapes qui conduisent, à l’orée des années 1960, un jeune artiste de 20 ans à « souhaiter retirer toute charge d’expression contenue dans l’œuvre pour la réduire à un fait matériel », puis à s’approprier l’astrophysique, la physique nucléaire et la logique mathématique, à interrompre 5 ans son activité pour opérer enfin un retour inattendu avec des toiles sur châssis. Suivront les œuvres sonores, la poésie, puis les lignes indéterminées, les accidents, les dispersions, les combinaisons aléatoires, jusqu’aux lignes indéfinies et courbes des sculptures monumentales en acier corten dédiées à l’espace urbain.

L’œuvre protéiforme de Bernar Venet reste encore mal connue car elle est souvent exposée partiellement, en « périodes » ou selon une logique de support (les « goudrons », les sculptures en acier…). Elle exige aujourd’hui d’être appréhendée dans son intégralité afin d’en cerner l’ampleur, la complexité, la poésie et l’évidence. Il convient d’en retracer le parcours afin de restituer au contexte qui l’a vu naître (l’apparition du happening en 1959, du Nouveau Réalisme, de Fluxus et de l’École de Nice dans les années 1960, « l’invention » de l’art minimal et conceptuel aux États-Unis où Bernar Venet s’installe en 1966), la pertinence et le haut degré de création. C’est l’objet de cette rétrospective.

Le commissariat est assuré par Thierry Raspail.

Cette exposition est reconnue d’intérêt national par le ministère de la Culture/Direction générale des patrimoines/Service des musées de France. Elle bénéficie à ce titre d’un soutien financier exceptionnel de l’État.

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Musée d’art contemporain de Lyon
Cité Internationale
81 quai Charles de Gaulle
69006 Lyon
France
Téléphone :
+33 4 72 69 17 17

+33 4 72 69 17 18

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 http://www.mac-lyon.com/mac

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https://www.boucheretlecland.com/product-page/mini-bougie-roots-rain