La très hilarante récupération du scandale des tulipes, ou le comique de retournement… Par Nicole Esterolle (Billet d’humeur)

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Getty Images North America – AFP
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La  très hilarante
récupération du scandale des tulipes,
ou le comique de retournement…
Par Nicole Esterolle

 

Finalement, l’obscène et odieux cadeau de Jeff Koons possède certaines vertus dont il conviendrait plutôt de se féliciter, compte – tenu du service qu’il rend à l’art en France. Il permet en effet de démasquer l’impudence de la gent institutionnelle préposée à l’art contemporain, qui s’avère capable de protester contre un projet auquel elle a largement contribué à ce qu’il puisse être envisagé.

 

On est ainsi dans ce cas de figure où le pompier incendiaire se met à combattre le feu qu’il a lui-même allumé de peur d’en être aussi la victime. Un groupe de VIP de l’art d’Etat, vient donc de lancer sa propre pétition-contre-feu. On y trouve Christian Bernard, Marie-Claude Beaud, Pierre Oudart (qui m’a traitée de nauséabonde), Catherine Grenier, Tania Mouraud et l’impayable esthéticien relationnel Nicolas Bourriaud, etc., c’est-à dire quelques-uns des plus emblématiques et terrifiants spécimens de l’appareil culturo-bureaucratico-financier français.

Tous ces gens, pourtant naturellement amateurs de financial-koonseries et buréneries diverses, se mettent , comme des « résistants de la dernière heure » à cracher allègrement dans leur potage, à retourner prestement leur veste, pour récupérer ou faire semblant de diriger une protestation globale, qui leur échappe et risque de se retourner contre eux… Eux qui sont, les produits de la même logique systémique que ces « tulipes de la honte » .

Et c’est ainsi, chose éminemment cocasse, qu’ils rejoignent, toute honte bue, la horde des premiers pétitionnaires, populistes, ringards, réactionnaires, anti-koons, anti-buren et anticontemporains qu’ils villipendent habituellement…

Je ne vois bien sûr pas , parmi ces pétitionnaires de haute volée, les très koonsolâtres Blistène,’Hergott, De Loisy et Aillagon! Qui s’avèrent donc plus courageux que leurs homologues pétitionnants … Voici en effet l’héroïque texte d’Hergott paru dans La Croix … (cocasserie supplémentaire : c’est ce même Hergott qui , il y a une vingtaine d’années, avait été placardisé en sous-sol pour avoir osé faire une expo de peintres régionaux stéphanois au centre Pompidou, à une époque ou la peinture était officiellement interdite, et qui, depuis, est bien rentré dans le rang de l’esthétique officielle….carrière oblige .)

« Je suis persuadé que ce bouquet de tulipes deviendra l’un des grands monuments de Paris, un chef-d’œuvre de la sculpture du XXIe siècle » déclare donc Fabrice Hergott, Directeur du Musée d’art moderne de la Ville de Paris

« Jeff Koons est, à mes yeux, un artiste majeur, l’un des plus marquants de la sculpture contemporaine depuis presque quarante ans. D’innombrables expositions lui sont consacrées à travers le monde. Par ailleurs, toutes les œuvres monumentales qu’il a réalisées pour l’espace public sont de vraies réussites, qu’il s’agisse du chien Puppy devant le Musée Guggenheim de Bilbao, de la Balloon Flower dans le quartier du nouveau World Trade Center, ou du Balloon Dog exposé en 2008 dans la cour du château de Versailles. Cet immense sculpteur, très perfectionniste, est doué d’un grand sens de l’espace.

Le don d’une œuvre à la France pour commémorer les attentats lui a été suggéré, à l’automne 2016, par Jane D. Hartley, qui était alors ambassadrice des États-Unis à Paris. Jeff Koons a accepté par francophilie et parce qu’il avait été très marqué par la violence des attentats. Depuis deux ans, il s’est beaucoup impliqué dans ce projet. Sa main offrant un bouquet se veut un geste d’amitié. Elle est à l’image de toute son œuvre, qui joue avec la culture populaire : délibérément positive et très accessible. Les différents coloris des tulipes reflètent la diversité de la communauté française, rassemblée par-delà l’épreuve. Il n’y a que onze fleurs, la douzième manquante symbolisant la perte des victimes.

J’avoue avoir été d’abord déconcerté devant les premières images de l’œuvre. Puis je suis allé la voir en vrai, pas encore peinte, dans la fonderie allemande où elle a été réalisée. Et j’ai été saisi par la qualité plastique de cette sculpture de 12 mètres de haut qui occupe l’espace, sans être kitsch ou agressive.

Quant à l’emplacement, Jeff Koons nous a montré ses études sur ordinateur : il a pensé son œuvre et ses proportions précisément pour s’insérer entre notre Musée d’art moderne de la Ville de Paris et le Palais de Tokyo. Plusieurs sites lui avaient été proposés par la mairie. L’artiste a retenu ce no man’s land un peu délaissé, triste, qui sert de parking à des scooters, mais situé entre deux avenues portant les noms de présidents américains, Kennedy et Wilson. Si le ministère donne son aval à son installation, je suis persuadé que ce bouquet deviendra l’un des grands monuments de Paris, un chef-d’œuvre de la sculpture du XXIe siècle et une attraction touristique majeure. Si la France avait dû acquérir une telle sculpture, le prix en aurait été beaucoup plus élevé. Or il n’y a qu’une seule œuvre de Jeff Koons actuellement dans les collections publiques françaises (1). Ce don est donc une formidable opportunité. »

Plus d’infos : https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10215197331068299&set=gm.1336599796444362&type=3&theater

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https://www.boucheretlecland.com/
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