Jean-Marie Oger est très heureux de proposer l’oeuvre de Jürg Kreienbühl (1932-2007) (FR)

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Ali au litre (détail), 1990 llithographie sur papier, 60 x 46 cm tirée à 75 ex.  

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Jean-Marie Oger

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est très heureux de proposer

l’œuvre de

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Jürg Kreienbühl

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(1932-2007)  

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Né en 1932 à Bâle (Suisse), Jürg Kreienbühl est mort en 2007 à Cormeilles-en-Parisis (France).

Après des débuts d’études de biologie à l’Université de Bâle, Jürg Kreienbühl s’inscrit à l’école des Beaux-Arts qu’il abandonne pour suivre une formation de peintre en bâtiment. Grâce à l’obtention d’une bourse à la fin de son apprentissage, il part en banlieue parisienne où il peint des décharges, des cimetières et des cadavres d’animaux en décomposition.

En 1958, il finit par s’installer à Bezons, en plein cœur du bidonville, dans un vieil autobus sans roues. Là, dans des conditions extrêmement difficiles, il fait le portrait de cette cour des miracles, constituée de ses amis et modèles, les immigrés et les gitans. Quatre ans plus tard, il se fixe définitivement près d’Argenteuil et, grâce à la vente de quelques toiles, il s‘achète un « atelier-roulotte ». Familier des terrains vagues et des bidonvilles des alentours, il continue de peindre sur le motif des marginaux, prostituées, clochards et infirmes pendant une décennie.

A partir des années 70, Jürg Kreienbühl reprend la pratique de la gravure et de la lithographie. Sa production importante et ininterrompue accompagnera, en plus de ses portraits et natures mortes, tous les sujets développés dans les années suivantes : une ancienne manufacture de saints d’églises invendus (1975), la pollution et le paquebot « France » au « quai de l’oubli » au Havre (1978-1979), le cimetière de Neuilly-sur-Seine et le chantier de La Défense (1980), les trésors abandonnés de la galerie de Zoologie – alors fermée – du Jardin des Plantes de Paris (1982-1985), la centrale nucléaire de Gravelines et le port de Dunkerque (1995-1997) et les sujets suisses dans les années 1990 (la brasserie Warteck, Hommage à Bâle, le jardin enchanté de l’artiste Bernhard Luginbühl, paysages de montagnes).

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Exprimée à ses débuts dans une veine expressionniste, sa fascination pour la pourriture et la destruction a trouvé sa forme définitive dans un réalisme objectif, documentant un état des lieux sans concession des bouleversements socio-économiques et écologiques de la seconde moitié du 20ème siècle. Avec l’exactitude et l’acuité hallucinante d’un scientifique, Jürg Kreienbühl s’est fait le peintre désillusionné des vieilles croyances, des banlieues et des mondes condamnés, des exclus et des ravages de l’urbanisation et de l’industrialisation.

De son vivant, il a été exposé et collectionné par d’importantes institutions publiques et privées (Kunstmuseum Basel, Aargauer Kunsthaus, FRAC Ile-de-France, UBS AG collection, Migros Museum…). Après sa mort, son œuvre est progressivement redécouverte et réévaluée. Elle vient tout récemment d’entrer dans les collections du Centre Pompidou et du Musée des Beaux-Arts de Rennes.

Certaines de ses peintures sont aussi visibles actuellement dans l’exposition « Dans la place », sous le commissariat de Stéphane Corréard, au Pavillon Carré de Baudouin jusqu’au 23 décembre 2017.

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Jean-Marie Oger
75 bis, avenue de Wagram
75017 Paris
+ 33 (0)1 40 54 93 88