François Bard – Pendant que le loup n’y est pas / While the wolf is away / Galerie Olivier Waltman (FR)

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La Capuche Jaune
Oil on canvas
63 x 63 in.

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François Bard 
Pendant que le loup n’y est pas
While the wolf is away

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Du 5 octobre au 2 novembre
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Vernissage
04.10.17

18h à 21h

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Nous, héros si singuliers

Les personnages peints par François Bard nous interpellent. Anonymes, silhouettes féminines, faux flics ou vrais gangsters, nous nous retrouvons face à une scène qui a eu lieu et dont les protagonistes semblent attendre nos témoignages. La peinture de Bard nous prend ainsi à témoin. De « l’Enterrement à Ornans » de Gustave Courbet aux toiles évanescentes des intrigues au Congo Belge dépeintes par Luc Tuymans, c’est toute l’histoire de la peinture que d’avoir su témoigner et nous questionner sur la scène décrite.

Face aux œuvres de Bard, nous sommes conviés à rendre des comptes. Personnages tronqués, silhouettes en gros plans, zooms avant et autres travellings optiques sont des procédés cinématographiques -cet autre grand média de l’imagerie populaire- réutilisés ici par le peintre. Un focus silencieux sur une scène forte soudain arrêtée par notre intrusion. En réalité, plus rien ne bougera. Les pièces à convictions telles un rébus sont présentées éparses à notre regard. L’attente peut être palpable, le regardeur devrait finir la scène. La littérature populaire aussi -du roman policier au faits divers- ne cesse de nous raconter par ses marges le monde qui va. Ici, une peinture savante qui puise dans une fiction imaginaire mais en partie commune à chacun.

Dans le « Désert des Tartares » – le roman de Dino Buzzati auquel l’artiste se réfère souvent- le lieutenant Giovanni Drogo attend, derrière les remparts sublimes dans leurs inutilités, les hordes à venir qui ne s’abattront jamais sur cet espace comblé d’absences et de mirages. Le fort Bastiani reste ce bastion imprenable car sans enjeux. Les peintures de Bard sont dans ce même temps de l’attente. La scène est bien là, il s’est passé quelque chose de violent, peut-être un évènement tragique et chacun attend que l’action s’enchaine. Il n’y aura pas de clap final dans ces scénarios quasi sur-joués. Le héros attendu -le spectateur de ces toiles- ne pourra rien résoudre à ces histoires tronquées.

Les toiles sont très présentes, envahissantes même. Nous sommes bien sollicités, de manière forte et intense : les plans se succèdent, les protagonistes défilent, les mains se crispent dans l’attente d’un interrogatoire qui ne viendra pourtant jamais. Ces moments dépeints sont générateurs d’angoisses, peut-être d’espérance et de désirs. Ainsi dans cette atmosphère, même la scène la plus simple prend un caractère étrange, d’une banalité troublante.

Les visages sont anonymes et frontaux quand ils sont dépeints; ils puisent dans cette école de la photographie allemande de Düsseldorf, dite de « la nouvelle objectivité » où chaque individualité est réduite à un matricule tandis que les mises en scènes d’actions font davantage référence à l’école photographique française de « l’instant décisif » initiée par Cartier-Bresson. A travers ces différentes mises en espaces, le peintre souligne par des moyens différents que chacun d’entre nous pourrait être pris dans les filets du destin : ce concours de circonstances accumulées par le hasard. Comme l’officier Drogo qui, cédant à un romantisme ou à une idée fausse sur lui-même, refuse le certificat d’exemption et sa capacité échappatoire pour se retrouver ainsi pris dans le sablier du fort Bastiani. Un héros sans enjeux pour un destin trop humain sans retours possibles.

Serait-ce cela ? Le sourire de l’artiste, peint dans ses auto-portraits, semblant se moquer de notre vanité et d’avoir ainsi céder à notre curiosité. Regarder n’est pas un acte neutre.

Ainsi, pris à partie, nous devenons ce héros malgré nous d’une scène à propos de laquelle nous pourrions bien témoigner. Sans aucun doute, chaque point de vue diffèrera, nos descriptions trop rapides ou déjà maladroites seront portées à charge et soyons sûr que dans ce jeu de regardeur nous aurons tout à perdre.

Aussi dans le dialogue entre le spectateur et la peinture, on pourrait espérer un indice, une solution, une communication. L’artiste nous prévient, de la même manière que le lieutenant Drogo et son collègue «qui se turent encore, se rendant compte que cette conversation les séparait l’un de l’autre», notre confrontation à l’œuvre nous plongera bien davantage dans le trouble et les questionnements à venir. Derrière l’aspect volontariste de cette peinture, nous n’obtiendrons en réalité que peu de réponses. Dans ses belles perspectives sombres, au loin l’horizon semble prometteur, mais il est vide.

Le héros de François Bard, ce pourrait être nous-mêmes : ce héros si singulier car bien qu’il soit attendu, il est sans capacité particulière et même ramené à sa futilité et à son inanité. Il ne pourra rien résoudre ici. Nous sommes tels les victimes dépeintes ici. Peut-être, devrions nous comme Giovanni Drogo, en scrutant ces toiles, «dans l’obscurité, bien que personne ne (nous) voie, sourire » avant d’être pris.

Eric Mircher / Février2014

 

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Galerie olivier waltman

Paris | London | Miami
Exceptionnellement à
51 rue de Seine, 75006
Paris, France

+33 (1) 43 54 76 14

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