in abstracto – Collectif / Christian Berst art brut klein & berst (FR)

michel nedjar sans titre | untitled (poupée coudrée),
2016 coudrage de tissus et fils, 31.5 x 14 x 12 cm.
cloth coudrage and thread, 12.4 x 5.5 x 4.72 in.
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in abstracto
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08.06 au 15.07 17 
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Art brut et abstraction : on ne penserait pas d’emblée à associer les deux termes, qui pourraient même paraître antithétiques. Pourtant, la galerie christian berst art brut présente in abstracto , une exposition collective d’ouvres d’art abstraites produites par 26 artistes classiques et contemporains. « Entre une élégante arabesque, un ready-made ligoté, un diagramme mystique, un étrange brouillard organique où se détachent des formes primordiales, ou une page calligraphiée qui semble tirée d’un mystérieux grimoire : autant de facettes d’un « art brut abstrait » qui semble offrir d’infinies possibilités de recherche et de contemplation » (Raphaël Koenig).

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Jusqu’ici, la notion d’art brut abstrait relevait, au mieux, de l’oxymore, et au pire, de l’antinomie. Or, pour peu que l’on accepte de regarder les œuvres, plutôt que d’admettre aveuglément les exclusions sur lesquelles Jean Dubuffet a fondé sa théorie, il faut bien se rendre à l’évidence : nombre d’œuvres d’art brut échappent de bien des façons à la figuration dans laquelle on croyait pouvoir tenir enfermé ce champ.

En 1922, déjà, le psychiatre Hans Prinzhorn préférait aux œuvres par trop narratives de ses patients celles qui manifestaient « un état plus « pur » en ce que le geste qui les fait naître ne subirait pas les interférences du conditionnement culturel et du savoir-faire artistique. » ainsi que le souligne Raphaël Koenig dans le texte de notre catalogue.

Dubuffet, en forgeant sa conception de l’art brut notamment par opposition à l’art abstrait plébiscité à son époque – tout au plus acceptait-il les sismographies des spirites – ne mesurait certainement pas à quel point l’art brut non figuratif élargissait considérablement sa quête d’essentialité.

Ainsi, l’art brut abstrait, selon le mouvement profond dont il procède, revêt les formes les plus diverses :

Il y a celui, pulsionnel et gestuel d’une Baker ou d’une Bonnelalbay ; cet autre où se déploient des cosmologies sibyllines, comme chez Kemp ou Way ; celui où se tracent des cartographies psychiques chères à Salen et Košek ; celui, cryptographique et symbolique, d’un Devlin et d’un Gaitán ; celui aussi, fruit des transes médiumniques vécues par Lonné ou Zéphir ; cet autre encore dont les volumes transfigurent les matériaux qui les composent, ainsi chez Bellucci et Tassini ; sans compter l’abstraction géométrique d’un Moser ou d’un Brizuela, et tant d’autres.

Autant d’expressions dont l’éloquence et l’intensité font écho au Rimbaud de la Saison en Enfer : « J’écrivais des silences, des nuits, je notais l’inexprimable. Je fixais des vertiges ».

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Aouam Abdelarrazzak, Jacqueline B, Beverly Baker, Franco Bellucci, Thérèse Bonnelalbay, Anibal Brizuela, Fernand Desmoulin, John Devlin, James Castle, Pepe Gaitán, Alexandro Garcia, John Urho Kemp, Zdenek Kosek, Joseph Lambert, Raphaël Lonné, Albert Moser, Michel Nedjar, Yuichi Saito, Patricia Salen, Leopold Strobl, Pascal Tassini, Melvin Way, Hong Xie, Henriette Zéphir et deux artistes anonymes.

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Un catalogue bilingue (FR/EN) de 200 pages préfacé par Raphaël Koenig est publié à cette occasion.

Extraits de « in abstracto : peut-on parler d’art brut abstrait ? » préface du catalogue par Raphaël Koenig, 2017.

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 » Si l’on se penche sur la « préhistoire » de l’art brut, c’est-à-dire sur ceux que l’on pourrait décrire comme les prédécesseurs de Dubuffet, on sera peut-être surpris de constater que certains tendent au contraire à privilégier l’abstraction aux dépens de la figuration »

 

 » Pour Prinzhorn, l’art des malades mentaux, défini comme une forme d’expression directe et spontanée, nous permettrait d’observer la quintessence même de l’acte créatif (…) Ce qui lui importe, c’est de décrire le geste artistique des malades mentaux dans son aspect presque chorégraphique, comme traçant autant de courbes expressives  »

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Raphaël Koenig est doctorant en littérature comparée à Harvard. Sa thèse de doctorat porte sur la réception de « l’art des fous » par les avant-gardes françaises et allemandes de Prinzhorn à Dubuffet. Il est également ancien élève de l’École normale supérieure et agrégé de lettres modernes.

 

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Christian Berst art brut
klein & berst
3-5, passage des gravilliers
75003 paris
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du Vadrouilleur urbain
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