Trait sublime de maternité au siècle dernier arrivé à Florence dit Le Lion de Florence – Nicolas-André Monsiau / Musée du Louvre (FR)

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Nicolas-André Monsiau (Paris,1754 – Paris, 1837) Huile sur toile Musée du Louvre

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Trait sublime de maternité au siècle dernier

arrivé à Florence

dit Le Lion de Florence 

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Nicolas-André
Monsiau
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Jusqu’au
03.07.17
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Un lion échappé de la ménagerie du Grand-Duc de Toscane tient dans sa gueule la cuisse d’un enfant renversé. La mère agenouillée exprime l’épouvante, les yeux exorbités, la bouche ouverte, les bras levés, les paumes des mains écartées. Elle implore l’animal d’épargner son fils.
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Si l’attitude et les gestes suggèrent la peur et le désarroi, la gesticulation outrée s’apparente davantage à une scène de pantomime et sert à émouvoir le public qui vint admirer en foule cette œuvre au Salon de 1801 au Louvre. Citant Raphaël et Poussin, Monsiau, proche du courant dit des « Primitifs » utilise les moyens classiques de l’expression des passions au profit de la vogue contemporaine des sujets « terribles » qui fleurissent après la Révolution française.

D’après le livret du Salon, la scène se déroule à Florence à la fin du 17e siècle. On reconnaît au fond la coupole de l’église San Lorenzo qui donne de la vraisemblance à un drame dont on ignore les sources exactes. Monsiau met en scène de manière théâtrale trois protagonistes – la mère, l’enfant et un lion – opposant à l’homme l’innocence et l’humanité de l’animal selon une idée répandue au 18e siècle par Buffon qui écrivait que « le lion était le seul capable d’être sensible aux prières ».

La peinture est démonstrative, édifiante et moralisante comme le prouve le titre complet donné au Salon Trait sublime de maternité au siècle dernier arrivé à Florence. Le tableau attira un public populaire sensible au pathétisme de la scène. De multiples gravures en diffusèrent l’image et l’œuvre aurait même inspiré une pièce de théâtre. Pour autant, face aux critiques, l’artiste revendiqua des références multiples usant des codes de représentation de la peinture classique. La mère cite la figure de dos de Raphaël dans la fresque de l’Incendie du Borgo au Vatican. Fin connaisseur de l’œuvre de Poussin, Monsiau reprend à son compte son art de l’expression des sentiments et des passions. La frayeur maternelle est par exemple puisée dans Le massacre des Innocents ou le paysage architectural tiré de La mort de Saphire. Le personnage au fond, fuyant vers la gauche semble quant à lui citer la silhouette du célèbre Pédagogue du Groupe des Niobides de Florence, répété en abîme pour exprimer l’écho de l’effroi.

Cet art du « sublime », cette simplicité de lecture et de composition, cette morale de l’innocence de la nature sont bien caractéristiques d’un goût qui s’exprime au début du 19e siècle. Au même salon de 1801, Mme Chaudet exposait par exemple Un enfant endormi dans un berceau sous la garde d’un chien courageux qui vient de tuer, près de lui, une énorme vipère.

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anigif Bandeau
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Cadeaux d’hôtesses

 

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Musée du Louvre
Salon de 1801
75058 Paris – France
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Horaires : Ouvert tous les jours de 9h à 18h
sauf le mardi Nocturnes
jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi.
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