A Venise, la Biennale prend l’art au sérieux / LE MONDE (FR)

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57e Biennale d’art de Venise 
Du 13 mai au 26 novembre 
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LE MONDE / Par Harry Bellet

Le grand rendez-vous de l’art contemporain donne à voir des œuvres qui font la part belle aux idéaux, mais qui manquent de folie.

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La 57e Biennale d’art de Venise se tiendra du 13 mai au 26 novembre. Plus que centenaire, la grand-mère de toutes les biennales a vu, ces dernières années, sa fréquentation exploser : de 2001 à 2015, le nombre de visiteurs a plus que ­doublé, passant de 243 500 à plus de 500 000 entrées, et celui des journalistes ­accrédités d’un peu moins de 5 000 à plus de 7 000. Pas moins de 86 nations y sont représentées, dans des pavillons à la programmation choisie par les pays intéressés, et une ­exposition dite « internationale », supposée éclairer les grandes tendances de l’art ­contemporain, a été confiée, pour cette édition, à la Française Christine Macel. Paolo ­Baratta, le président de la Biennale, aime à la définir comme un lieu de recherche. Pourquoi pas, mais quid des découvertes ? Après avoir arpenté le gravier des Giardini et le ­béton de l’Arsenale, où se tiennent les principales expositions, elles s’avèrent maigres, quoique, dans quelques cas, passionnantes.

Christine Macel s’est saisie du thème du voyage, inspiré, selon Baratta, des humanistes de la Renaissance. Sujet louable, mais on n’aurait pas détesté qu’elle relise aussi l’Eloge de la folie, d’Erasme. Car, de folie, sa biennale manque cruellement. Sage, très bien accrochée, politiquement correcte et peu provocante. Nouvelle, cependant : sur les 120 artistes choisis, 103 n’avaient jamais été montrés à Venise. Devant certains, comme Marwan Kassab Bachi, dit Marwan, né à Damas en 1954, mort à Berlin en 2016, considéré comme un des principaux protagonistes du « tournant figuratif » qu’a connu la peinture allemande au milieu des années 1960, on se demande pourquoi il a fallu attendre si longtemps. Même remarque à propos des assemblages à base de livres découpés et ouverts de John Latham (1921-2006), entre dadaïsme et poésie à la Borges. Face à d’autres, on se ­demande en revanche s’il n’aurait pas mieux valu les laisser grandir avant de les exposer en telle compagnie.

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