Le jeune artiste chinois Ren Hang s’est suicidé par Clémentine Mercier / Libération (FR)

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Untitled, 2012. Photos Ren Hang. Courtesy On-Gallery

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Le jeune artiste chinois

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Ren Hang

s’est suicidé

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Par Clémentine Mercier

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Il y a encore quelques semaines, ces pages accueillaient l’excellente nouvelle de la sortie d’une monographie de Ren Hang. Aujourd’hui, nous lui rendons un hommage posthume : le jeune prodige de la photographie chinoise s’est suicidé vendredi à Pékin, en sautant par la fenêtre, l’après-midi. Son compagnon était présent. «Il avait tellement de douleur qu’il n’arrivait pas à se contrôler. Il souffrait de dépression, il vivait à un rythme bousculé, voyageait beaucoup», avance sa galeriste, Lingyun Wang, de la On-Gallery (Pékin), à Paris à ce moment-là. Sur le site du photographe, on trouve un onglet «My Depression» et, en 2013, l’artiste avait publié un ouvrage de photos et de poèmes sous ce même intitulé.

Ren Hang, né en 1987 à Changchun dans la province de Jilin, vivait à Pékin. Depuis quelques années, ses photographies étaient apparues comme des météorites, brûlant les pages des magazines et les blogs, explosant les frontières de la Chine, se disséminant dans le monde avec fougue, enflammant tout sur leur passage par leur érotisme élégant, séduisant et cru. Elles étaient reconnaissables entre mille. Ren Hang a inventé un style, celui de la jeunesse chinoise nouvelle, libre et insoumise. Prolifique, il a imposé une écriture, insolente, celle des corps espiègles, à poils, affranchis du joug de la domination morale et politique. Par leur volupté pure, ses images respirent la soif de vivre, la joie de toucher des corps amis, le plaisir de s’empiler les uns sur les autres, de tendre son postérieur à l’objectif sur un toit en pleine nuit, de se cacher sous l’herbe fraîche, de jouer avec des tulipes et des roses rouges, de croquer dans une pastèque saumon à pleines dents dans un bain.

Rencontré à Paris en 2014, pour sa première exposition à la Nue Galerie à Pantin, il nous confiait, timide : «Quand on est nu, tout est plus naturel.» Cela se voyait dans ses images. Il montrait une nudité naïve et sophistiquée sublimant les cheveux noirs et la carnation asiatique par de délicates touches vermillon (vernis à ongles, fleurs, rouge à lèvres). Il photographiait ses amis chez lui, dans son petit appartement, ou dans la forêt, le plus naturellement du monde. Souvent, ses mises en scène frôlaient le soft porn, avec des fellations multiples entre garçons, des pénis en érection rehaussés de citron vert, des baisers entre filles, des gros plans urophiles humoristiques. Avec ces images taboues, il jouait avec le feu, attirant sur lui la censure chinoise. Souvent, il a dû décrocher des photos avant l’ouverture d’une exposition et s’est fait embarquer par la police lors d’une prise de vue en extérieur. En Chine, on ne montrait pas son travail comme dans le reste du monde. Tout récemment encore, il n’a pu rapporter dans son pays la monographie de Taschen, bloquée à la douane.

Suite de l’article (ici)

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http://www.renhang.org/

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