eL Seed artiste street art made in Tunisia par Marc Ribagnac / Le Naaba (FR)

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eL Seed artiste street art de parents tunisiens mais né en France. Les cultures se mélangent en lui, académique, rue, occidentale, arabe…

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eL Seed artiste street art né en France

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Il est né en région parisienne de parents tunisiens. Son nom d’artiste vient de la lecture du Cid de Corneille quand il était adolescent. Mais son vrai nom est Fawzi.

D’ailleurs c’est une jolie mise en abyme ! Le Cid provient du mot arabe al sayyid qui signifie Maître ou Seigneur et dans la pièce de Corneille le héro gagne ce titre en combattant les maures (en gros le Maroc d’aujourd’hui) ayant colonisé l’Espagne. Sans rentrer dans de la psychanalyse de bazar (mot persan cette fois !), ça dit quelque chose des combats intérieurs de l’artiste. Seed est aussi la graine, la semence en anglais.

A la maison eL Seed artiste street art parle le dialecte tunisien avec ses parents et c’est dans la même période que sa lecture du Cid qu’il apprend l’arabe littéraire.

Né en 1981 il commence assez jeune à grapher sur les murs mais c’est en 2004 qu’il découvre la calligraphie arabe. Son positionnement artistique sera le « calligraphiti ».

En réaction à intolérance, à l’extrémisme, à la violence des temps, la vocation de eL Seed artiste street art est propager le vivre en paix, la tolérance, le respect.

eL Seed artiste street art déteste Paris. Il dit que c’est une ville très bien si on n’y vit pas. C’est d’ailleurs un sentiment assez partagé par les gens de « province »…

C’est aussi certainement lié au racisme (« sale bougnoul »).

Vers 14 ans il tagguait simplement son nom sur les murs mais s’intéressait plutôt au hip-hop. Il était très inspiré par le documentaire « Faire Kiffer les anges ».

A la fin de l’adolescence, la question de l’identité est devenue cruciale, rejeté par les français et donc n’ayant pas le sentiment d’être français une identité arabe a émergé en lui.

D’ailleurs arabe se superpose à musulman dans le sens commun. Ce qui d’ailleurs sont deux choses totalement différentes mais c’est une autre histoire. C’est en apprenant l’arabe que eL Seed artiste street art a découvert la calligraphie.

 

Suite (ici)

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eL Seed artiste street art aux influences culturelles multiples

Donc, la calligraphie a été une révélation qui a cristallisé la suite.

En islam l’image (les idoles) est fortement interdite et cette interdiction a été étendue à toute forme de représentation du vivant. Reste donc la possibilité de jouer avec les textes sacrés et tout autre texte par extension. L’écriture devient elle-même représentation. La forme peut être un écho au texte lui-même qui souvent en devient illisible à force d’imbrications, d’arabesques.

eL Seed artiste street art part de la calligraphie classique qu’il met à la sauce graffiti et hip-hop. Un peu comme Massoudy, dont il s’inspire, eL Seed utilise généralement des phrases d’auteurs qui ne sont pas arabes ni musulmans.

Et sur le minaret de la mosquée principale de Gabès c’est un verset appelant à la tolérance : (traduction approximative et personnelle) « Oh vous êtres humains, nous vous avons créés hommes et femmes, peuple et tribus pour que vous vous connaissiez chacun ».

Pour son gigantesque projet de 2016 (je vous conseille sa conférence TEDx) dans les quartiers déshérités des chrétiens coptes du Caire, eL Seed artiste street art a utilisé un texte de Saint Athanase (évêque copte du 3ème siècle) : « Quiconque veut voir clairement la lumière du soleil doit premièrement laver ses yeux. » Ce projet est un peu fou, la calligraphie n’est visible que d’un seul point, éloigné, parce que répartie sur… 50 bâtiments. Elle est aussi éphémère parce qu’il suffit d’ajouter un étage pour en masquer une partie peinte sur un autre bâtiment.

Pour le street art, eL Seed a été inspiré par l’artiste canadien Hest qu’il a rencontré à Montréal. Sa signature avait une tournure d’écriture arabe alors qu’il ne le parlait pas du tout.

C’est poussé par Hest que tout s’est déclenché, « il a appuyé sur un bouton et démarré la machine ».

Pour eL Seed, l’écriture arabe contient quelque chose qui « parle à l’âme, même si on ne parle pas cette langue. Une poésie dans sa forme même ». L’alphabet latin est plus pragmatique, plus utilitaire.

L’écriture arabe ayant été réquisitionnée par des excités barbus, les gens ont souvent un premier mouvement d’inquiétude en voyant son travail. Une fois le sens expliqué, ils se sentent flattés de voir ses œuvres chez eux. Il choisi souvent des lieux déshérités.

Son travail au Caire a mobilisé beaucoup de monde et redonné de la fierté aux chrétiens coptes du Caire, ceux qui vivent du ramassage et du recyclage des ordures. Les déshérités parmi un pays lui-même à la peine.

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