Aurélie Dubois – Voir peut-il rendre fou ? / 24 BEAUBOURG (FR)

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Le bout du tunnel, je ne veux pas que les animaux meurent.

Dessin, graphite, 150x220cm, 2016 ©Aurélie Dubois

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Aurélie
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Dubois 
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Voir peut-il rendre fou?

 

  16-26 mars 2017

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Commissaire
Paul Ardenne
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« Voir peut-il rendre fou ? » est la première rétrospective d’Aurélie Dubois à Paris. 16 années de création sont ici réunies. Le commissariat de l’exposition est confié à Paul Ardenne, écrivain et historien d’art. L’accent est mis sur le dessin, un étage entier de l’exposition lui est consacré. Photographies et installations complètent ce parcours. L’exposition est aussi l’occasion de découvrir ses vidéos, telles que The Corridors, court métrage sélectionné pour le festival Coté Court en 2015, Traverse Vidéo en 2016 ainsi que son dernier court métrage expérimental Amour écrit en fer.

La rencontre entre ces différentes œuvres permet de prendre la pleine mesure des valeurs qui sous-tendent l’œuvre protéiforme d’Aurélie Dubois, son appel à la résistance et à la vigilance, face aux diktats de notre société contemporaine et à ses tabous. « Rester en alerte, sur le qui-vive » !

Dans le catalogue de l’exposition, Paul Ardenne explique « Les centaines de dessins que réalise depuis une vingtaine d’années Aurélie Dubois ne font que confirmer cette assignation donnée à la représentation du corps : il s’agit bien, d’un même coup de crayon, de montrer le corps et de montrer ce qu’il pense, comment il se voit, toutes les choses qui lui passent par la tête » …

« Aurélie Dubois ajoute bientôt de multiples modes d’expression : le dessin grand format voire sur mur, le dessin d’animation, l’installation, les images photographiques, le cinéma. La thématique ne change pas mais se démultiplie. Que le corps soit dessiné, photographié ou filmé, seule change sa nature, tantôt graphique ou tantôt organique »

« Dans toute image produite par Aurélie Dubois, un corps humain. Mais lequel ?

Le sien, portraituré habillé ou nu, estampillé à travers dessins, dessins animés, photographies ou encore films. Plus d’autres. Tous les corps des êtres qui gravitent autour du sien, au quotidien : autres femmes, enfants, hommes, mais aussi êtres divers qui travaillent sa conscience : ceux de poupées, de monstres humains, de clones, d’hommes puissants.

Aurélie Dubois ? Une femme aspirée par le démon de l’intimité. Et une artiste, en toute pertinente personnelle, prenant en charge avec méthode, obstination, sens aussi du témoignage, les formes mentales intrigantes qu’inspire la pulsion sexuelle, partagée ou non, au risque assumé de la pornographie.

Tout jugement fondé sur un moralisme étriqué fera de Dubois, on peut le craindre, une virago dévoyée. Pas sûr à cet égard que l’on en ait fini avec ce préjugé tenace, anti-féminin, voulant qu’une femme artiste traitant librement du sexe soit forcément, peu ou prou, une « salope », un être pervers, obsédé, nymphomane, malade. En un mot, une réprouvée, quelqu’un, dans le domaine même de l’art, qui ne saurait toucher du Rotring ou de l’objectif de sa caméra que les bas-morceaux, à rebours de l’idéalisation, de l’esthétisation et, il va sans dire, de toute bienséance, cette forme policée de la répression des désirs…

Entre ses compagnons de route intellectuels, en proximité cette fois, Aurélie Dubois compte la puissante personnalité de Daniel Androvski, psychanalyste et écrivain. Cette complicité remonte aux années 2000, lorsque Androvski, particulièrement dubitatif quant à la théorie du Genre, trouve chez l’artiste ce qu’il faut de matière à illustration des oppositions non-opposées dont se montre riche la pensée freudienne et celle de ses successeurs, Jacques Lacan notamment (plutôt que des oppositions, des nœuds). »

Il conclut : « Vivre, c’est muter, instant après instant. Le corps selon Aurélie Dubois, jamais fini, intense toujours, est en cours. »

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A PROPOS D’AURÉLIE DUBOIS

Depuis 1987, Aurélie Dubois a entamé un parcours artistique où elle explore le dessin, la photographie, la vidéo et les installations. Dès le départ, son travail revêtit en toile de fond l’idée d’une garde, une garde artistique. Cette idée de l’artiste de garde, définie par le Psychanalyste et Écrivain Daniel Androvski en 2008, habite ses créations, en résistance à l’idée qu’une œuvre d’art serait faite pour décorer plutôt que pour donner du sens ou révéler la nature des choses. 

www.aurelie-dubois.com

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AUTOUR DE L’EXPOSITION

VENDREDI 24 MARS, 19H

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Table Ronde « Le Corps transformé » avec Paul Ardenne (Historien et Critique d’Art), Daniel Androvski (Psychanalyste et Écrivain), Docteur Jacques Ohana (Chirurgien Plasticien), Orly Rezlan (Avocate)

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DIMANCHE 26 MARS, 11H

Finissage autour d’un brunch

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24 BEAUBOURG
24 rue Beaubourg
75003 Paris
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