Vincent Gicquel – As-tu vraiment besoin d’aller là-bas ? / Galerie Thomas Bernard (FR)

 Vincent Gicquel, Mur, détail / detail, 2016

Peinture à l’huile sur toile / Oil painting on canvas, 193,5 x 143 cm

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Vincent Gicquel
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As-tu vraiment besoin d’aller là-bas ? 
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28.01.17 – 25.02.17 
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Vernissage
28.01.17 
17h à 21h
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La galerie est heureuse de présenter les dernières peintures de Vincent Gicquel pour sa quatrième exposition personnelle.

Un programme comico-tragique, une peinture de la dérision, l’oeuvre de Vincent Gicquel est l’oeuvre d’un comique qui laisse apparaître ou deviner tout ce qu’il y a de ridicule et d’horriblement banal dans l’existence humaine. Dans ces tableaux, l’homme devient alors l’unique sujet, l’unique vestige campé au beau milieu d’un monde où tout semble avoir disparu. Il n’y a là ni paysage, ni décor, rien à quoi nous pourrions nous raccrocher.

Dans cet univers privé d’illusion, l’homme oeuvre à sa manière dans une solitude implacable, dans une indifférence générale où les regards ne se croisent jamais. Il s’agrippe à ce qui semble être devenu l’unique raison de son existence : ce qu’il est en train de faire. L’aspect mécanique de ses gestes, sa pantomime privée de sens rendent insignifiant tout ce qui l’entoure. En somme, puisqu’il n’existe aucun monde dont nous pourrions produire une image, ni aucune certitude à laquelle il nous serait possible d’adhérer, la peinture doit renoncer à toute ambition descriptive.

La peinture de Vincent Gicquel résulte de la découverte des aspects contradictoires des faits, des aspects paradoxaux de chacun de nos actes. Pour lui notre existence est formée de la substance la plus impalpable qui soit, celle des questions qui restent sans réponse. Ce qui nous déstabilise ici, c’est le désir de comprendre. Devant ces tableaux il n’est qu’une seule issue : accepter de sentir que tout se dérobe à notre préhension, que notre recherche de sens est irréfragablement vaine. Peu importe les raisons pour lesquelles ces personnages se débattent, peu importe les raisons pour lesquelles ils s’agitent et peu importe ce qu’ils font : l’important c’est qu’ils fassent quelque chose. L’important c’est l’effort que l’homme accomplit pour survivre.

L’humour devient alors indispensable, le rire : salvateur. L’une des clés qui permettrait d’aborder cette oeuvre tient dans sa structure comico-tragique. Le rire de Vincent Gicquel est une révolte de l’esprit contre l’absurde. Un rire né d’une conception de la vie « sub speciae ironiae », résultant d’une prise de conscience de la condition humaine. Tout, n’est que divertissement, dérivatif à la mort. Chacune de ces toiles constitue le point d’incidence d’une réflexion ; le miroir fidèle de la réalité dans lequel l’homme vient se réfléchir.

« Le seul sujet possible c’est moi, c’est mon rapport au monde. Il n’y a rien dans ma peinture qui ne soit pas lié au peintre que je suis, rien qui ne soit pas en lien direct avec le processus même de la création. Chaque tableau sert à tenir un discours sur le seul sujet auquel il peut être associé: l’acte de peindre. Tous mes personnages sont occupés à des tâches indéfinissables, mobilisés dans l’exercice d’une activité qui semble être toute la raison de leur existence. Jour après jour ils répètent inlassablement les mêmes gestes avec application, détermination et semblent être les seuls à savoir véritablement ce qu’ils font. Il n’y a rien d’énigmatique, rien à résoudre, rien à comprendre. Je m’attache juste à mettre en lumière l’absurdité de tout acte, et ne fais qu’insister toile après toile sur leur indispensabilité. Le sens échappera toujours à ses poursuivants et chaque tentative d’explication sera vouée à l’échec. Seule une certaine dose d’humour ou une réelle passion pour l’absurde peut nous aider à apprécier ma peinture et le monde dans lequel nous vivons. Rien n’a jamais vraiment changé et rien ne changera jamais. Mon regard et l’oeuvre à laquelle je m’attache me permettent juste de décaler un peu les choses. Les gens, eux, se poseront les questions qu’ils veulent. Sur leur propre condition, leur place dans l’univers, leurs certitudes, sur la mort et sur l’importance de l’humour. Car s’il n’y a effectivement rien à comprendre dans ce monde, il y a bien des choses risibles. »

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Vincent Gicquel Né en 1974 en Normandie, Vincent Gicquel passe son enfance à construire des cabanes et, quand il pleut, à reproduire dans l’atelier de son père les tableaux des pères de la modernité (Van Gogh, Monet ou Picasso…). Il développe alors un attachement très profond pour la peinture à l’huile et un peu plus tard pour la philosophie tragique. Lecteur de Schopenhauer à qui la philosophie n’a rien rapporté mais beaucoup épargné, Vincent Gicquel choisit de devenir peintre car dit-il, « j’avais trop d’humour pour être tueur en série. »

 

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Galerie Thomas Bernard
Cortex Athletico
13 rue des Arquebusiers
75003 Paris
Tél. : 01 75 50 42 65
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 Métros : Saint-Sébastien-Froissart – Chemin Vert – Saint-Paul
Du mardi au samedi de 10h30 à 19h et sur rendez-vous
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