Le Magazine du Schtroumpf Emergent no 72 par Nicolle Esterolle (Critique)

 bom-k
 .
Bom . K / Street- artist

.

.

.
Le Ministère prend le contrôle

de l’Académie des Beaux-Arts

.

.

.

no 72

 

 .
.
.

Edito

Le contenu de ce magazine m’est fourni en grande partie, par mes lecteurs et mes amis facebook. Je les en remercie et leur demande de continuer à m’envoyer commentaires, suggestions et informations sur FB et sur mon mail : nicole.esterolle@yahoo.fr

.

Ce présent numéro 72 du schtroumpf-emergent magazine comporte deux parties :

La première pour montrer la fabuleuse richesse et la diversité de la création actuelle, à travers les images des oeuvres d’une vingtaine d’artistes particulièrement remarquables et les liens vers plusieurs centaines d’autres tout autant remarquables, pris dans ma collection virtuelle.

La deuxième traitant de façon amusante, je l’espère, des aspects consternants et les délirantes pratiques de l’appareil bureaucratico-financier, qui ne semble avoir d’autre fonction que d’empêcher la reconnaissance de la création vraiment actuelle évoquée plus haut, à seule fin de se préserver le plus longtemps possible en maintenant la falsification du réel, les fausses valeurs artistico-boursières, les privilèges éhontés des réseaux institutionnels, les conflits d’intérêts à tous les étages, les rentes de situations et toutes les aberrations d’un système en place quasi-mafieux et totalement étranger à l’art..  

.

Sommaire 72 :

1 – Vive la révolution numérique qui va libérer l’art vivant de l’emprise bureaucratico-financière duchampienne !

2 – La FIAC a la niaque !

3 – Le Ministère prend le contrôle de l’Académie des Beaux-Arts

4 – Ça interpelle quelque part…

5 – Le tas comme signe avant-courenr de la prochaine disparition de l’art dit contemporain – Par Jean-Pierre Cramoisan

6 – A propos de la « débâcle des élites »

7 – Les FRACs, désaffectés, discrédités, ridiculisés, vont-ils disparaître ?

8 – la xyloglossie art-contemporainiste à la portée de tous

9 – Le prix Duchamp 2016 revient au récupérateur mémoriel Kader Attia

10 – Quand l’art contemporain devient danger public

11 – l’inéluctable décrépitude de l’art dit contemporain.

12 – Une belle incongruité au FRAC Poitou-Charentes

13 – Un rien à voir qui sent fort le bouc au FRAC Poitou-Charentes

14 – L’adjointe à la culture de Villeneuve d’Asq me soutient courageusement

15 – Deux propulseurs majeurs du « stupid’art » contemporain

16 – Pour la biodiversité en art

17 – Quand l’art contemporain rend bête et méchant

18 – « Libération » : la honte de la gauche

19 – Bousteau, ministre de la culture

20 – Au sujet des orgasmes mentaux

21 – Le terrifiant témoignage d’une ex-élève de l’école des beaux-arts de Bordeaux  

.

.

.

1-Vive la révolution numérique qui va libérer l’art vivant de l’emprise bureaucratico-financière duchampienne!

.

.

.

.

Non, Marcel m’a pas tuer!

Les réseaux d’intérêts extra-artistiques qui règnent sur le monde de la création d’aujourd’hui, se sont accaparés du mot « contemporain » pour mieux détourner les mécanismes de reconnaissance et de légitimation à leur seul profit, et pour la promotion exclusive de leurs produits. Les dispositifs publics , Musées, FRACs, centres d’art, de diffusion de l’art, ainsi que les médias sont devenus les vecteurs obligés d’une pensée artistique unique, qui exclut, ignore et rend invisible 95% des créateurs de ce temps…

Mais depuis quelques temps, les informations et les images d’art peuvent, grâce à internet, circuler en dehors des canaux que la bien-pensance artistique s’est appropriée et dont elle a interdit l’usage à l’art « mal-pensant », c’est-à-dire non conforme aux critères du « contemporain international »

La révolution numérique va donc permettre que soit révélée cette fabuleuse floraison cachée, dans tout sa richesse et sa diversité. Elle sera comme une arme de reconstruction massive pour déligitimer les systèmes de délégitimation et d’occultation de la création véritable, pour libérer les images , pour les faire circuler et pour mettre fin à la dictature de cette « élite » autoproclamée du duchampisme communautaire et du conceptualo-postural de salon !

Elle mettra fin à cette martyrisation des artistes et des vrais amoureux de l’art, soumis depuis 40 ans au terrifiant discours d’une idéologie ubuesque d’Etat qui disqualifie l’émotion, le savoir-faire , la poésie, le naturel, le populaire…40 ans de torture du sens et de bourrage de crâne avec des produits ultra-détergents tels que Buren, Supports-surfaces, art et langage, nouveaux réalistes, arte-povera, actionnisme, duchampisme, etc… autant d’opérations marketing intello-financières, dont on voit bien l’inanité et la misère de fond, à mesure qu’on découvre la richesse réelle, la générosité et la luxuriance de la véritable création actuelle.

Alors , vive la révolution numérique au service de la vérité de l’art !

Alors, profitons-en ! Profitons-en pour faire circuler ces images qui vont nous libérer de 40 ans d’enfermement, de dictature des incompétents verbeux, de régression artistique et d’arrogance institutionnelle.

Profitons-en pour montrer cette luxuriance, la révéler, en apporter la preuve visible !* Profitons-en pour reconstruire de vrais réseaux et critères de reconnaissance sur une base de réalités visibles aimables et partageables

Et j’en profite donc immédiatement , en vous plaçant ci-dessous quelques liens vers les plus récentes séries de 40 nouveaux artistes qui sont venues enrichir ma « collection virtuelle » qui compte maintenant environ 2000 artistes:

.

Voici des liens vers neuf nouvelles séries de 40 artistes

qui sont venues enrichir ma « collection virtuelle  » qui en compte maintenant environ 2200

(je n’en reviens pas d’avoir recueilli autant de merveilles)

série du 05 01 17

https://www.facebook.com/photo.php?fbid=919898058140577&set=pcb.919899901473726&type=3&theater

02 01 17

https://www.facebook.com/photo.php?fbid=918191381644578&set=pcb.918193098311073&type=3&theater

25 12 16

https://www.facebook.com/photo.php?fbid=913902265406823&set=pcb.913903272073389&type=3&theater

22 12 16

https://www.facebook.com/photo.php?fbid=912452422218474&set=pcb.912453808885002&type=3&theater

.série du 04 12 16

https://www.facebook.com/photo.php?fbid=900926983371018&set=pcb.900928143370902&type=3&theater

série du 26 11 16

https://www.facebook.com/photo.php?fbid=713392638791121&set=a.186733251457065.41285.100003611733859&type=3&theater

Série du 15 11 16

https://www.facebook.com/photo.php?fbid=890136311116752&set=pcb.890137287783321&type=3&theater

série du 04 11 16

https://www.facebook.com/photo.php?fbid=883650958431954&set=pcb.883652915098425&type=3&theater

sériedu 23 10 16

https://www.facebook.com/photo.php?fbid=875449612585422&set=pcb.875450795918637&type=3&theater

.

.

.

 

Sinan Hussein 

.

.

.

Voici un étonnant artiste irakien, vivant et travaillant en son pays, et qui prouve que, même dans les pires contextes, l’art peut éclore en sublimes floraisons

https://www.facebook.com/photo.php?fbid=305512799842443&set=pcb.305513459842377&type=3&theater

.

.

.

L’ “art brutal” de Miguel Amate

.

.
.
.

Miguel Amate est né en Espagne en 1944. Après de longues fugues en Suède et en Allemagne, il s’installe à Paris en 1969 et il ouvre échoppe –atelier de couture dans une ancienne boucherie non loin du centre Pompidou. Ses délicieuses créatures éxposées en vitrine font le délice des touristes japonais et des tout frais conseillers, commissaires à l’art et futurs curators internationaux qui commencent à peupler Beaubourg.

L’érotisme funèbre des poupées de Miguel Amate

« Les poupées de Miguel sont désarticulées comme le sont nos existences si nous acceptons honnêtement de regarder au-delà des apparences immédiates. Miguel injurie, interpelle une certaine réalité parce qu’il quête une autre réalité, bien sûr plus réelle, plus humaine, mais qui nécessite pour lui de réaliser la profanation, j’allais presque dire de l’hostie, puisque nous sommes dans l’Espagne catholique. » André Laude (Poète et clochard céleste parisien)

.

.

.

Gregory Hergert

.

.

.
.
.

Cet artiste allemand est d’une férocité sarcastique plutôt exceptionnelle parmi les plasticiens critico-sociétaux de la scène artistique internationale… une cruauté qui , Dieu soit loué, « fait forme » plastiquement.

http://gregoryhergert.bigcartel.com/

.

.

.

Les dessins de Daredo

.

 

.
.

Artiste bien connu dans les réseaux de l’art singulier, Daredo vient de commettre cette série de dessins déconcertants de liberté, de simplicité et de fraîcheur…un accomplissement total avec de simples et modestes crayons de couleur .

https://lesgrigrisdesophie.blogspot.fr/2016/12/les-dessins-de-daredo.html

.

.

.

Henrico Robusti

.

.

.

 .
.
.

De son vrai nom Henry Strong, cet artiste italien en a fait Henrico Robusti, auteur d’une peinture maintenant connue pour sa « robusticité » et une férocité satiro-sociétale qui vaut bien celles de Gorge Grozs et Otto Dix réunis : un vrai plaisir à regarder !

.

.

.

Frantz Zephirin

.

.

.
.

Breton disait qu’Haiti était le pays des peintres. Il le reste malgré ses malheurs. Voici le séraphique Zéphirin, qui se dit inspiré par les Dieux vaudous et les grands hommes politiques

http://sgbd.kletel.net/4DAction/DMP_Aff_Artiste/000052

.

.

.

 Pouvez-vous m’aider à retrouver son nom ?
.
.
.
.

2- La FIAC a la niaque ! 

(Texte de Jean-Pierre Cramoisan)

Comme chaque année à l’automne, les idées mortes se ramassent à la pelle.

Pour sa nouvelle édition la Fiac a la niaque. Collectionneurs, artistes mascottes, jet-setteurs, persona grata, mécènes cultivores, avertis critiques, éminents galeristes : l’argent s’y dilatent dans de folles proportions. On vient doper la côte, faire des coups en pérorant sur l’air du temps. Vendre, survendre, survolter la machine à pognon qui chauffe à tout berzingue.

 .

.

.
Un pneu, oui…mais incrusté de diamants!
.
.
.

43ième édition, semblable aux crus antérieurs, car rien ne change depuis des décennies. Ni plus tarte, ni plus décevante, ni plus aventureuse, même si les astiqueurs de commentaires disent que c’est d’un bon, d’un meilleur niveau que l’année précédente. A part quelques valeurs d’abonnés illustres et indémodables : Buren, Boltanski, Kapoor, Hirst, Lavier… dont on s’arrache les dernières reliques, pas le moindre sursaut, pas la moindre étincelle en pays de lumière artificielle.

Mais « pionnier », car il y a toujours des petits (es) à la pointe de toutes les attentions.« Pionnier », ça a largement plus de gueule, et c’est surtout moins ringard qu’ « avant-garde ».

 .

.

.

.
Une poiscaillerie ou l’artiste écolo Mark Dion
lance un cri d’alarme contre la pêche intensive

.

.

Rapide coup d’œil : après une accumulation de cartons bariolés du démultiplicateur conceptuel Allen Ruppersberg, le flâneur croise une armoire à surprises, une cabine d’essayage où l’on apprivoise l’infini par un jeu de miroirs, ou encore un gros perdu cocon d’incongru coton, un couteau géant en polyuréthane érecte contre un mur ( si vous voulez vous faire apercevoir, il est de bon ton – lame rose et manche orange pop’art – de gigantiser : hors l’exagération, point de salut !) ; en continuant notre déambulation hallucinée dans cette caverne d’Ali Baba, on côtoie d’un air avisé des sortes de pénis cabossés sortant des murs, des machins lumineux, des trucs qui balancent des couleurs crues, tout un monde d’objets en plastoc chamboulés, réappropriés, revitalisés s’invite sur des tas, font des tas, forment des tas de bidules à même le sol, soclés, exposés sur des tables, des étagères, bref une foultitude de choses rivalisant d’étrangeté, d’interlopitude, farcie d’interrogations plus foutraques les unes que les autres suscite des convoitises qui ne sont en fait que du flafla provocateur.

.

.

.

Un schtroumpf  praliné rose de Mc Carthy
.
.
.
.

Là, c’est un réverbère fraîchement déraciné mais soutenu par les béquilles du signifié/signifiant ou si vous préférez de l’éclairé/éclairant.

Dans ce labyrinthique Végas de l’insignifiance et de l’arrogance financières, où l’on jacte « doll » (le doll étant le million de dollar) en jargon branché de milliardaire, on passe d’un Basquiat, d’un Warhol, au ticket de caisse géant de Gabriel Kuri (tapisserie de cinq mètres !) dont l’addition infinitésimale, un simple cocktail de crevettes (voir image)… n’a rien à voir avec le prix qu’il vous en faudra débourser pour l’acquérir ; une galaxie de crayons de couleur accrochés sur tissu d’Annette Messager, un nain rose bubble gum Malabar sémillant et pénien du joyeux drille Paul Mc Carty (Photo jointe), un ipad couvant des œufs appelés sans doute à éclore en poussins googlisés, une poiscaillerie où l’artiste écolo Mark Dion (voir photo) lance un cri d’alarme sans doute contre la pêche intensive ; un trognon de pomme rongé de Claes Oldenburg et Coosj van Bruggen (n’oubliez jamais qu’il faut croquer pour commencer à savoir !), peut-être une allusion d’un chic choc minimaliste au péché originel ou quelque facétie de ce tonneau-là ;

un peu d’illusion primaire, stade du miroir, où deux gros rochers séparé par une glace se regardent en chien de faïence, invitant au commentaire, à l’analyse fondamentale et pourquoi pas à la métaphysique bousculante : c’est le fameux « Be-Hide » d’Alicja Kwadeun ;

un pneu soclé d’Hubert Dupra, mais attention l’intérêt n’est pas dans le pneu le plus cher de toute l’histoire de l’automobile, dont tout le monde se fout, mais en ce que de petit diamants sont incrustés dans ses rainures : ça change tout ! ;

un cercle comme un zéro qui coule un peu, de zébrées toiles géométriques et des monochromes comme s’il en pleuvait…

Bref, y a d’la joie, du bonheur et de la bonne humeur nous affirme Ai weï Weï avec ses charmants vases peints (voir photo jointe); et, avant de partir, on n’oubliera pas d’adresser un salut amitieux aux deux vieux clampins de Duane Hanson qui se morfondent sur leur banc.

Si vous ne disposiez pas, après l’assommoir du prix de l’entrée à 35 €, des moyens extravagants de certains grands mécènes, vous pouviez vous rabattre sur une boîte collector de la Vache qui Rit à l’envers de Jonathan Monk, pour cinq euros, juste trois fois plus cher que dans une grande surface. Une vraie affaire ! Vous ne sortez donc pas les mains vides. Vous avez un souvenir, mieux qu’une carte postale. Mais attention, ne l’ouvrez pas ! Attendez, on ne sait jamais…

Pour faire vite l’inventaire de toutes ces choses exposées qui nécessiterait pour les comprendre un haut degré de cérébralité, sachez que la FIAC s’adresse avant tout à un public de connaisseurs. Heureusement, soupire-t-on, las éreinté heurté par d’aussi insignifiantes prouesses. Si t’as pas ton objectal psycho-socio-culturel labelisé par une star naissante ou ton anobjectal mac-cartyen à trente balais, t’as loupé ta vie ! Cette FIAC est l’apothéose de tous les culots. L’esprit de Duchamp mâtiné de lacanisme primaire survole ce baudruchesque rendez-vous du gratin.

Ici, l’engouement pour les choses de l’esprit les plus plates a besoin d’un référent ludique pour se justifier, ce qui permet de mesurer vos mines dubitatives et votre mal-assurance à l’aulne des âneries exposées, surtout quand elles sont plaques de verre, glaces ou miroirs vous renvoyant à votre perplexité. La subversion, le décalage, le clin d’œil pour acheteurs éclairés sont souvent mis en relation avec l’actualité, mais toujours revendiqués avec la manière ; il est capital que cela soit un brin taquin. Les tentatives de dérision rappellent souvent l’héritage d’un arrière-goût de fête foraine, un chamboule-tout duchampien qui ne chamboule hélas plus rien, et qui, pour faire exister les introspections les plus diverses, ou pour donner l’espoir d’un peu de sens a besoin de sédiments discursifs, d’une sémantique ès supercheries indispensables à l’épanouissement et au mauvais goût de nos sociétés.

.

.

3 – Le Ministère s’empare de l’Académie

des Beaux-Arts

.

.

  .
 L’artiste en pose « plasticien » contemporain
.
.
.

Une intrusion contre-nature

Les préposés à l’art dit contemporain du Ministère de la Culture ont réussi à introduire leur ami et comparse, l’artiste conceptualo-postural Jean-Marc Bustamante, dans cette vénérable institution qu’est l’Académie des Beaux-Arts. Cette opération semble pour le moins étonnante, quand on sait que l’Académie » est réputée comme plutôt « conservatrice », franco-française, et que l’utilisation du mot « beauté » y est encore permis, alors qu’ il est interdit et ringardisé dans le champ de l’art dit contemporain et donc dans les couloirs du susdit Ministère.

Il semble donc que cette intrusion contre nature ait tout simplement pour but de placer l’Académie sous contrôle de la bien-pensance ministérielle, sous prétexte de l’ouvrir à la contemporanéité et à l’internationalité (ces deux notions étant indissociables).

Mais avant d’envisager les raisons sous-jacentes à cette tentative d’annexion de la vieille citadelle, il convient de préciser le parcours et le profil de celui qui semble jouer ici le « cheval de Troie » de l’appareil institutionnel.

Un agent multi-casquettes de l’art d’Etat

Il faut dire en effet que Mr Bustamante est le protopype-même de l’agent passe-partout, polyvalent et multi-cartes de l’art d’Etat : tour a tour artiste, professeur, curator, critique d’art à l’occasion, membre de nombreuses commissions, etc.

En tant que plasticien « proprement »- dit, il fait preuve d’un éclectisme exemplaire, produisant des choses diverses et variées, passant d’un sujet à l’autre : traces de peintures, photos de terrains vagues et de lieux en déshérence, bricolages improbables, cages suspendues au plafond ou tôles fixées au sol, « chambres d’amour » dans les frondaisons.

Il pratique à merveille ce subversivisme des codes de la peinture et de la société, qui est tant apprécié chez le rebelles fonctionnarisés peuplant l’appareil institutionnel.

Sa plus fameuse performance sociéto-questionnatoire fut d’avoir en 1995, introduit un gros camion dans une église de Carpentras, au titre d’œuvre socialement ou politiquement engagé…Camion délogé par le maire de la ville (pourtant pas FN), qui fut immédiatement attaqué en justice par l’artiste et son excellente avocate Agnès Tricoire, spécialiste en « propriété intellectuelle », qui obtint 80 000 euros de dommages et intérêts… Un virtuose de la procédure donc ce Mr Bustamante, aussi redoutable que son ami Buren !

Virtuose aussi du paradoxe et de l’auto-dérision, , comme il en la fait la récente démonstration sur France Culture, en tant que tout nouveau directeur de l’ENSBA Paris, en expliquant que son école ne sert à rien et qu’il faut compter 100 étudiants pour faire un artiste…Lui, bien sûr, ayant eu la chance de ne pas fréquenter cette école de l’échec assuré à 99%, pour avoir fait d’abord des études d’économie, comme Bertrand Lavier et Jean-Pierre Raynaud avaient fait des études d’horticulture, comme Jef Koons avait étudié la finance et Olivier Mosset la motocyclette. une peinture Bustamente qui figurait à son expo candidature pour l’entée à l’Académie

une peinture de Mr Bustamante, qui figurait à son expo -candidature pour l’entrée à l’Académie

C’est donc sa haute performativité en de multiples domaines, qui a permis à Monsieur Bustamante d’être nommé à la direction de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris , et, dans la foulée, sélectionné pour postuler avec succès à l’Académie des Beaux-Arts… ouvrant ainsi la voie de l’Institut à quantité de ses homologues adeptes du processualo-discursif » tels que Buren, Mosset, et, pourquoi pas, le facétieux Lavier qui saura faire de l’auguste Académie un haut – lieu de la rigolade branchée parisienne.…

Il fallait donc que l’inacceptable cessât … Et il va cesser car l’opération semble avoir bien réussi. Le loup est dans la bergerie, les portes de la citadelle sont entr’ouvertes. Les académiciens lassés d’être pris pour des ringards, ont été flattés que l’extrême avant-gardisme officiel les prenne enfin en considération. Aussi n’ont-ils rien vu venir de la manœuvre pourtant grosse comme un camion dans une chapelle, quand Mr Bustamante leur a servi, pour les séduire et les émouvoir jusqu’aux larmes, une « communication » onctueuse et sur mesure, pour leur faire miroiter d’abord les avantages d’une collaboration avec le Ministère pour donner à leur Académie une audience internationale, pour leur vanter ensuite les vertus du dessin et de la peinture… Alors que lui, « plasticien de l’idée » ne sait ni peindre ni dessiner, et qu’il est l’exact produit de ces 40 années de dictature du conceptuel, années de plomb pour la peinture et terrible période de disqualification de toute expression du sensible, du métier, du poétique…

Opération réussie donc. Libérée de la tutelle de l’Etat sous Jules Ferry, l’Académie revient ainsi dans son giron après plus d’un siècle de folle liberté et d’ouverture à la diversité…Retour à l’ordre artistique républicain…Finie la prospectivité…Bravo, Messieurs les bureaucrates de l’art français ! La duchamposphère exulte.

Opération réussie, mais affaire à suivre de près cependant, car cette volonté d’entrer en force dans l’académie (comme il entre en force dans quantité de lieux patrimoniaux), n’est-elle pas signe du désarroi de l’appareil « art-contemporain » d’Etat, en perte de crédibilité, de confiance en soi et de financement public, et ainsi prêt à toutes les vilénies pour reconquérir un pouvoir sur la création actuelle qu’il a usurpé et qui, fort heureusement, lui échappe de plus en plus?

.

.

4-Ça interpelle quelque part…

.

Vous connaissez la formule, qui permet de botter lâchement en touche quand on doit donner son avis sur des œuvres très art contemporain hard : « oui, c’est intéressant, ça interroge, ça questionne, ça interpelle quelque part, ça chatouille les neurones, ça ne laisse pas indifférent, etc. » car, bien sûr, il serait très mal venu de dire « c’est beau » ou « c’est laid », ou d’invoquer quelque critère d’ordre esthétique, dans un domaine qui n’est pas celui du beau ou du laid, mais de la recherche artistique de pointe.

Ce type de dérobade n’est cependant, et heureusement, pas possible dans le domaine du vin et de la recherche oenologique. On n’imagine pas en effet qu’après avoir gouté, lors d’une manifestation subventionnée de « vin contemporain », un mélange , par exemple, de beaujolais à la moutarde du consortium de Dijon et à la compote d’asticot de Damien Hirst», signé d’un grand viticulteur contemporain international, comme le sont nos grands artistes plasticiens français….Non, vous ne pourriez pas dire « ça questionne quelque part ! » entre deux hoquets. Non, vous vomiriez tout simplement sur le champ.

En art plastique contemporain, on ne vomit pas immédiatement. On ingurgite, on avale…et c’est bien plus tard qu’on mesure les dégâts insidieux , de divers ordres, considérables et irréversibles.

Alors, j’ai pensé que c’était au FRAC Rhône Alpes que je pouvais le plus rapidement trouver l’œuvre exemplaire de cette « interrogation du quelque part » qui caractérise les travaux des artistes posturo-duchampiens présents majorité dans les collections FRACs. ( ce FRAC qui est le seul en France à bénéficier de l’appellation « institut d’art contemporain » car il possède un « laboratoire espace cerveau » et est né d’une fusion avec le « Nouveau Musée » de Villeurbanne qui était une création de Charles Hernu , alors ministre de la Défense Nationale, et par ailleurs célèbre pour son catastrophique happening « Rainbow Warrior » dans les années 80…

Et c’est bien dans un container de ce « Laboratoire espace cerveau » que j’ai trouvé l’œuvre la mieux illustrative du « ça interroge quelque part » : une œuvre du plasticien Richard Venlet dont je vous livre la notice dite explicative, mais qui en fait nous plonge dans une profonde interrogation sur notre propre capacité d’entendement: venlet-richard

« Richard Venlet, Sans titre, 2001. Container / Œuvre à l’étude – Ampoule (500W) sur laquelle sont inscrites les dimensions de l’espace d’exposition. Édition de 3. « L’œuvre présentée porte le titre générique des œuvres de Richard Venlet, Untitled, sorte de matrice qui souligne l’interrelation de toutes les œuvres de l’artiste. Selon la cohérence de sa démarche, l’artiste s’approprie l’espace d’exposition (ici les mesures du container) et le transpose dans un objet (l’ampoule) et un mode de présentation (la suspension). L’espace réel est ainsi “réfléchi”, projeté, rendu à l’acuité de perception du visiteur, dans un effet de décuplement généré ici par le phénomène lumineux. »

.

.

5 – Le tas comme signe avant-coureur

de la proche disparition de l’art dit

contemporain

.

Par Jean-Pierre Cramoisan

Ma lettre accompagnant l’ envoi du texte de JPC aux critiques d’art français :

Cher collègue,

Je vous envoie – ainsi qu’à deux cents de vos homologues critiques et chroniqueurs d’art des principaux journaux français, ce superbe texte de mon ami marseillais Jean-Pierre Cramoisan, traitant du « tas » comme symptôme d’une grave psycho-socio-pathologie de cet art que l’on dit contemporain.

Comme je sais bien qu’il est encore inimaginable qu’un texte aussi prodigieusement juste et informatif puisse être publié dans les colonnes de journaux à forte diffusion (au risque de trop combler de bonheur leur lectorat), je vous l’adresse à vous, chers collègues, premiers prescripteurs d’art, en espérant que cela pourra induire une légère inflexion de votre discours global sur l’art d’aujourd’hui dans le sens d’une plus grande autonomie informative et « critique », vis à vis de la « bien-pensance » artistique officielle.

Bien cordialement . Nicole

Je vous joins quelques – uns des meilleurs tas de ma collection de 150 environ, venant d’une centaine de plasticiens dits contemporains, allant du jeune émergent subventionné local aux grands fauves du financial art international.

Ah, l’éducation artistique! Ah, l’éducation artistique!

Le texte de JP Cramoisan :

.

.

 

.
Ah, l’éducation artistique!

.

.

.

Le tas comme signe avant-coureur de la proche disparition de l’art dit contemporain

Qu’un espace de huit cents mètres carrés soit, par exemple, occupé par un tas de terre, de gravats, de planches, de pneus, de parpaings, de briques, de déchets de fin de chantier ou de briquaillons exponentiels, puisse dénoncer l’enterrement du capitalisme ou la joyeuse foirade de la société de consommation, soit.

Les événements qui façonnent l’histoire ont toujours une fin.

L’art contemporain est à l’orée d’une mort annoncée.

Il est à noter que depuis quelque temps les résistances en sa faveur s’atténuent, s’effilochent, les réactions pour le défendre se disloquent et nous donnent à voir enfin la farce en face. L’envers de la pitrerie.

Mais ces fatras n’empêchent pas la création de continuer à fleurir et de belle façon ; eh oui, des artistes travaillent encore avec leurs mains (ce qui peut paraître désuet et superflu pour les plasticiens transformés en chefs d’entreprise regroupés autour des petits arrangements du Financial filon des mécènes ès contemporanitudes), sans oublier bien sûr qu’ils ont aussi des esprits alertes, pleins de rêveries et d’audaces inventives pour continuer à laisser entendre le son d’une singularité incarnée dans une réelle appartenance esthétique, où à faire partager ce que l’on appelle communément l’émotion, si souvent moquée depuis la trop longue plantade duchampienne.

A croire que depuis des décennies, il n’est de perspectives artistiques que celles qui, en relai avec les codes impulsés par les Fracs, n’ont eu de cesse d’adorer, d’encenser, et de vouer une dévotion sans limites à l’urinoir roi. Cette élite a produit un tel méli-mélo de détournements d’objets, d’installations prétentiardes, d’exhibants concepts puisés dans l’affligeant spectacle de la banalisation des humeurs corporelles et autres dérades néanteuses, que tout ce petit monde commence à avoir les miquettes devant le nombre grandissant d’artistes qui privilégient les couleurs, les formes, la générosité créative, bref la culture dans sa filiation la plus louable et la plus attachante : celle qui nous relie à l’essentiel et non celle qui nous en exclut. Pas celle, en tout cas, qui se joue et se met en scène sur les marchés, mais celle qui se crée dans les ateliers et les galeries éloignées de la loi du business.

Les phares de la conscience ne se sont jamais éteints ; ils éclairent toujours les chemins buissonniers nous conduisant vers un art réconcilié où les vrais enjeux de la création ne se prennent pas pour autre chose que ce que nous devons en comprendre.

L’art contemporain n’arrive plus à se dépêtrer de sa pompeuse arrogance, sans doute à cause des sommes d’argent exorbitantes qui contribuent à fortifier la morgue de sa renommée dans les réseaux de l’entre-soi où une poignée de collectionneurs encombre les grandes salles de vente où l’on ne sait plus comment donner de l’importance à l’exosphère artistique représentée par l’affluence d’une foultitude de multiplications néo objectales. Comme si la provocation ne se ridiculisait pas assez à travers la platitude et l’effacement de tout imaginaire au profit du règne de la rienitude.

Mais, à y bien réfléchir, il y a sûrement des manières différentes pour faire l’autopsie de ces tocades pour les tas, les assemblages, les empilements de toutes sortes, fatras de monticules, paquets de bidules colorés, colonnes, échafaudages, encombrements tellement cyclopéens que l’on finit par ne plus savoir ce qu’ils sont véritablement, ni pourquoi ils sont là, et encore moins ce qui les pousse à exister.

L’inconscient des accumulateurs semble davantage correspondre à une incapacité à traduire le monde autrement que par l’intermédiaire de ces tas où se réfugient les ego les plus bidons et les plus plats.

Quand l’esprit est orphelin des méthodes structurantes de la création, tels que peuvent l’être le dessin, l’épure, les couleurs, le rôle des formes et l’agencement des idées, quand toutes ces choses défaillent, il ne reste plus que la présence d’une non-œuvre où seul le concept rameute par son pesant d’insignifiance.

La récupération, voilà le nouvel eldorado où se dilate l’art contemporain.

Plutôt que de mettre vos objets à la poubelle, ne jetez rien, conservez-les et faites-en des accumulations, vous aurez peut-être la chance d’être l’heureux élu d’un prix Marcel Duchamp. Il faudra juste que vous affutiez un discours assez plaisant et biscornesque (la redondance est vivement conseillée), rôdé à l’explication de la vacuité, seul moyen de donner, au-delà des modes du sensible, de la raison et du sens, du relief à vos tartifiques naufrages ; qu’ainsi lancé comme un boomerang chargé d’inepties, il revienne, triomphal, vers un jury d’analystes du vide, au point de leur ôter toute espèce de discernement. Cette rhétorique-là est faite pour déstabiliser, à tout le moins exercer tant de sidération qu’elle laisse le regardeur baba raplapla, à bout de jugeote. Plus vous vous montrerez abscons, plus votre éloge acquerra la semblance d’une force pétaradante, et plus vous aurez la chance de faire partie d’un des plus grands formatages qui n’ait jamais existé. La recette est simple, fichtrement efficace, à la portée de n’importe quel nettoyé du cerveau des écoles d’art. Vous avez l’idée, vous aurez le tas qui vous convient.

.

.

.
1 / Le tas de bonbons de Félix Gonzalez Torres
2 /  Le tas le plus odieux : celui du schtroumpf Théo Mercier
3 / Les tas de Yoko Ono au MAC-Lyon
.
.
.
.
.

Mais que fera-t-on de la proliférante production des artistes agglomérateurs, spécialistes de la transcendance du tas par tas, ces vaines pratiques prisées, adoubées par les institutions et les collections pré-per et post muséales ? Que faire de ces remplissages de balivernes payés à prix d’or ? Les enmuséer serait leur octroyer une abusive notoriété, encore que quelques-uns y aient déjà leur place ou y aient déjà fait de rapide incursion ; et puis cela irait à l’encontre de leur idée de base : être le reflet requalifié, réinventé de la société marchande. Alors, devra-t-on les proposer à des entreprises de recyclage ? Les mettre à la décharge ?

Que faire de tous ces tas ? D’autres, me direz-vous, mais beaucoup plus grands ; il y a pour cela une Sixtine toute trouvée : Monumenta.

Ce qui est et n’est pas mêmement, ce qui n’a pas sa place dans la durée ne représente que le fugace passage de chétives métamorphoses souvent sordides où l’ordinaire le dispute à la célébration d’une bouffonnerie hétéroclite, puisque la finalité de ces shows est de se transformer en parc d’attraction.

Où entasser ces empilements à la fin des orgiaques biennales d’art contemporain qui les ont accueillis ? En reproduire d’autre quasi à l’identique, mais ailleurs.

Peut-être que la métaphore du tas n’est-elle que le produit d’une représentation variable de l’air du temps, de l’artiste fragmenté, en rupture face aux embarras sociétaux qu’il n’arrive pas à résoudre et contre lesquels il se heurte sans jamais pouvoir les contrôler ; la tentative d’idées qui se dissolvent pitoyablement dans du pseudo signifiant. Pour enfler la dénonciation, étonner le badaud, questionner le bourgeois, ou faire jaser le folliculaire habitué à s’ébaubir devant les cadors de l’art contemporain, il n’y a pas d’autre moyen que de finasser avec les concepts. Babéliser, produire des œuvres où s’engouffre les courants d’air de l’inanité.

Le tas révèle parfaitement la flétrissure de l’ennui, l’éclipse de l’intelligence, la mollesse de l’inspiration, le forfait de l’âme, la chute et la négation de valeurs aussi probantes que peuvent l’être la singularité, l’ampleur de nos diversités, la manière d’aller aux sources du réel pour faire œuvre ; il n’est, hélas, qu’un tragique exhibitoire servant à argumenter du nombrilisme au rabais, à agréger les morceaux d’un monde en des provocation de plus en plus clownesques.

Combien de tas nous faudra-t-il encore subir pour qu’un nouvel énergumène né du terreau duchampien trouve le Tas des tas, celui qui mettra un terme à tant d’imposture. Pour l’heure, ça continue à empiler, déballer, éparpiller, à laisser pendouiller sur d’improbables supports des machins qui ressemblent à des serpillères écroulées ; bref on feint d’être astucieux, un artiste à plans de tiroir.

L’incontinence à produire des tas serait-elle une des clefs majeures pour expliquer la nécessité de susciter des éléments appartenant à une ritualisation, une totémisation de la société ?

Peut-être que l’ambition secrète d’un Jeff Koons serait qu’une danse de blaireaux vînt tournoyer en braillant autour d’un de ses forains festifs Balloon Dog couleur de fraise tagada ; que des poissons pourrissant dans le turbide formol d’aquariums géant de Damien Hirst fussent labélisés hauts lieux de méditation remboursés par la sécurité sociale ; qu’Anish Kapoor, fort de ses droits d’utilisation du Vantablack à « des fins artistiques », nous fasse, avec sa couleur gadget transformée en trou noir capable d’absorber une nouvelle dose d’indigence, un énième numéro de cirque.

Warhol en son temps mythifiait bien la lessive Brillo, ritualisait les vertes bouteilles de Coca-Cola en icônes de la société de consommation.

L’absence de sens s’est réfugiée dans une désastreuse anthologie de bazar qui, liée à une profuse mascarade que rien n’arrête, incarne une énorme supercherie consensuelle. Il faut faire trace à tout prix. Acter le Rien tout puissant. Exister dans la cité comme en soi-même. N’est-ce pas là tout platement une théorie du morcèlement et de la désintégration ne servant qu’à enfiler du bla-bla discursif.

L’ombre de ce fétichisme ambulatoire effraie le public qui fait profil bas de peur de passer pour un crétin.

En voulant jouer ou nous faire dialoguer avec les concepts, on assiste à une revanche de l’inutilité artistique. A un envahissement du mauvais goût. La récente sculpture de Koons représentant une poignée de tulipes pop art dont les fleurs aux farineuses couleurs pastel ressemblent à des condoms en fin de parcours, témoigne de cette poussive intronisation du néant. Car enfin, soyons sérieux, qui peut croire à l’invariable pérennité de ces âneries ? Quand on aura enfin compris l’ampleur de ce faux air d’art, cette mauvaise blague qui dure depuis presque un demi siècle, elles finiront inéluctablement dans les sous-sols des fondations et les entrepôts des musés.

Quand la bulle des joyeuses reliques de fêtes foraines de Koons et des merdes gonflables de Mc Carty va éclater, il y aura une vraie tornade pâtissière… et cet entartrage n’épargnera aucun de ceux qui se sont risqués dans ce traquenard.

« Si la société de consommation, comme le dit Baudrillard, ne produit plus de mythe, c’est qu’elle est elle-même son propre mythe. »

Jean-Pierre Cramoisan

.

.

6 – A propos de la « débâcle des élites »

.

.

 

.

En illustration voici, à la FIAC, une œuvre faite de briques, offertes semble-t-il au populiste de passage pour qu’il en jette une sur la figure de son auteur, qui pourra ainsi hurler à l’attentat à la liberté d’expression, et se faire de la pub…

C’est le titre de l’hebdo Marianne consacré à une réflexion sur le Brexit, l’élection Trump, la menace Marine Le Pen, etc… Avec, en plat de résistance, une belle intervention de Jean-François Kahn, où l’on peut lire ceci : « On ne soulignera jamais assez tout ce que l’extrême –droite doit à une cohorte de sociologues gaucho-libertaires allumés qui ont systématiquement arrosé ses fantasmes »…

Et bien je pense qu’il faudrait ajouter à la cohorte des sociologues, quantité d’autres cohortes qui participent de la même élite bien-pensante alliée objective de Marine Lepen:

1-la cohorte des sbires et agents divers interchangeables du totalitarisme artistique d’Etat caviar post languien, qui savent si bien manier l’entre-soi consanguin, le conflit d’intérêt, les éléments de langage convenus et l’accaparement des services publics pour eux seuls et pour la propagation d’une idéologie esthétique des plus croquignole.

2- la cohorte des experts, curators, inspecteurs de la création, commissaires plus ou moins fonctionnarisés qui ne comprennent rien à l’art et excluent et disqualifient 95% des créateurs actuels de l’attention et du soutien des pouvoirs publics

3-la cohorte des professeurs de duchampisme communautariste.

4-la cohorte des critiques d’art burénisés jusqu’à l’os, laborieux pigistes, tâcherons du cirage de pompes, inféodés aux grand marché spéculatif de type Koons, Hirst, Murakami,

5-la cohorte des artistes officiels conceptualo – posturaux, peuplant les réseaux draco et fraco-mafieux

6-la cohorte des culturolâtres lecteurs des Indékrotupibles et assidus du Palais de Tokyo

7-La cohorte des stroumpfs émergents, subversifs subventionnés, questionneurs sociétaux frénétiques, duchampistes radicalisés.

Oui, Marine Le Pen peut dire merci à ces troupes d’ « élite » de la bien pensance gaucho-culturo – identitaire , qui ont , dans le domaine de l’art aussi, bien travaillé pour elle ces dernières années.

.

.

7 – Les FRACs, désaffectés, discrédités,

ridiculisés, vont-ils disparaître ?

.

.

 

.
Le « peuple aincra! » : une oeuvre de Mrs Dector et Dupuy
au FRAC-poitou-charentes
.
.
.
.
.
.

Ça broie du noir dans la fracosphère…

Et pourtant on porte beau, on est toujours aussi performatif, condescendant et arrogant… On a le verbe haut, on joue les va-t-en – guerre face aux menaces extérieures, on défie fièrement la menace des anticontemporains, des ploucs et des réactionnaires nauséabonds de tous poils , et on se sert les coudes face à la fachosphère avec l’aide de la bien-pensance culturelle et politico-artistique véhiculée par les médias porteurs de la parole gauche identitaire du déni de réalité en art comme ailleurs….

Le journal Le Monde n’est pas en reste pour ce travail d’enfumage et de désinformation et il vient au secours des FRAC, sous la plume de Mamoiselle Lequeux, désignée d’office pour cette délicate besogne…et qui avait rempli une pleine page du même journal, l’an dernier, pour célébrer la calamité des FRACs comme richesse nationale à l’occasion de leur trente ans.

Et cela donne cet article assez ahurissant de niaiserie enthousiaste, illustré par l’image jointe tout aussi porteuse d’espoir quant à l’avenir de l’art en France.(Image : Dector et Dupuy 2016 vue de l’expo « euple aincra » FRAC Poitou-Charentes)

Question du rétrécissement de la fracosphère dû au fait que le nombre des régions est passé de 22 à 13…Un rétrécissement qui affecterait donc aussi le nombre de FRACs et qui pourrait être considérer comme une avanie, mais qui devient dans cet article une heureuse opportunité pour repenser les finalités , pour faire preuve d’inventivité et d’un nouvel allant, retrouver une nouvelle jeunesse et une raison d’être, « repenser le métier »…

Comme le déclare, en guise de conclusion de l’article, Nathalie Ergino , directrice du FRAC Auvergne -Rhone-Alpes dans un de ses coutumiers accès de gigantesque modestie : « il existe des chantiers plus importants que de s’inquiéter de notre propre nombril. Il n’est plus possible de penser notre métier comme avant., nous ne sommes pas là pour enfiler les expositions comme les perles ! Ce qui est bien plus important c’est de réfléchir à la place que nous pouvons prendre dans le monde si complexe que nous traversons »…

Oui Mme Ergino, il faudra réfléchir intensément (et votre « laboratoire espace cerveau », unique en France, sera le lieu propice pour cela ) à des tas de problèmes : problème du non –public des FRAC …. Au problème du recyclage à terme des 90% d’œuvres nulles, sans aucune valeur durable ni patrimoniale, qui encombrent les collections des FRAC… Au problème de la future utilisation des spectaculaires et ridicules architectures pour rien des nouveaux bâtiments de certains FRACs (genre Orléans)… Au problème de la déradicalisation idéologique des centaines d’employés de FRACs, pour leur faire comprendre que les FRACs sont un service public, un service donc , qui ne leur appartient pas, mais doit rester ouvert à tous et à la diversité de la création, un service qui ne doit plus être au service exclusif de l’art d’Etat et d’une caste d’artistes agréés par ce dernier à travers les réseaux fraco et draco – mafieux…

Au problème de cette banalisation des conflits d’intérêts et de la consanguinité structurelle qui sévissent depuis 40 ans dans les circuits institutionnels, et dont on mesure aujourd’hui les dégâts en termes de dégénérescence de la pensée de ses acteurs et de la pseudo-création qu’ils promeuvent.

Mais l’appareil FRACs, est-il en mesure de réfléchir seul à sa propre inanité, à sa propre absurdité ontologique, à sa propre inutilité, à sa propre toxicité artistique ?

Plus d’infos :

http://www.lemonde.fr/…/les-frac-au-defi-des-nouvelles-regi…

http://www.frac-franche-comte.fr/scripts/actualites.php…

http://rue89bordeaux.com/…/soft-power-cote-de-lart-contemp…/

.

.

8 – la xyloglossie art-contemporainiste

à la portée de tous

.

.

.
En combinant habilement  éléments de langage,
vous pour pouvez produire vous-même
 un jargon xyloglossique à l’infini, pour épater les amis
.
.

Voici , sur le document joint, des « éléments de langage » que vous pouvez combiner pour générer vous-même votre langue de bois ou jargon très « art contemporain », pour épater les amis

existe une « critique » très spécifiquement « art contemporain », qui est d’une autre nature que celle dédiée à « l’art tout court », et pour laquelle il serait préférable d’éviter le terme de « critique » pour le remplacer par « discours » ou « commentaire » ou « explication ». Un commentaire d’autant plus abondant qu’il a pour fonction de combler la béance ontologique des œuvres. Un discours qui, dès lors que l’œuvre s’efface devant lui, peut se déployer et s’autoalimenter à l’infini.

Car l’œuvre ainsi disparue ou vidée de tout contenu, le discours sur elle et son absence, peut devenir œuvre à part entière, à la faveur d’un processus d’intertextualité, ou de référencement tourbillonnant sur lui-même, sans aucun contrôle extérieur et totalement endogamique… Cette incestueuse consanguinité produit des textes littérairement monstrueux, sorte de bouillie de « mots clefs » et d’ « éléments de langage », effarants galimatias parfaitement incompréhensibles de tous et y compris pour les « commissaires en théologie plastique » – selon la formule de Régis Debray – qui les ont écrits, mais qui fonctionnent tout de même par leur vertu incantatoire et par leur pouvoir terrorisant, comme signes d’appartenance communautariste aux réseaux « art contemporain »…

.

.

9- Le prix Duchamp 2016 revient au

récupérateur mémoriel Kader Attia

 

 

Une « gueule cassée » signée Kader Attia,
mais réalisée par un artisan africain

Kader Attia est dans la liste des dix artistes africains les mieux côtés du marché mondial de l’art. Il s’est signalé dans une récente biennale de lyon en raccommodant le sol fissuré du lieu appelé “La Sucrière “.

Car Kader Attia est un des questionneurs sociétaux majeurs de l’art français, et sa problématique est celle de la blessure, du traumatisme, et de la réparation (sinon de la repentance)… “tentant de suturer les fragments d’un monde atrophié, Kader Attia propose un portrait de l’artiste en rebouteur », déclara Bernard Blistène au moment de la remise du prix.

C’est cette thématique du racommodage qui lui inspira « The Repair from Occident to extra-occidental cultures » lors de la Documenta de Kassel. Cet alignement de bustes en bois de gueules cassées, qu’il fit réaliser à bas prix par des menuisiers sénégalais d’après les photographies des mutilés de la Grande Guerre, et qu’il pu revendre au prix fort sur le grand marché…

La récupération mémorielle de la souffrance humaine est un bon placement spéculatif.

Plus d’info :

http://www.telerama.fr/scenes/kader-attia-un-artiste-rebouteur-laureat-du-prix-marcel-duchamp-2016,149034.php

.

.

10 – Quand l’art contemporain devient danger public.

.

.

 
 .
1 / Julius Von Bismark
.
2 / Les sacs d’explosif Exan
.
.
.

Quand l’imbécilité se pare de religiosité, ça devient toujours dangereux…

Les duchampistes radicalisés peuvent aussi porter barbe et manier l’explosif… Notamment ce financial artiste international , Julius Von Bismark (photo jointe), qui expose à la villa Bernaskony à Lancy près de Genève, ce tas (encore un) de sacs d’explosif.(photo jointe)

Et voici ce qu’en dit le com de presse :

“Les Sacs étiquetés « Exan » sont empilés sur une euro-palette, qui est suspendue à une échelle qui lit 600 kilogrammes. Exan est un explosif à base de nitrate d’ammonium sous forme de poudre, qui est normalement utilisé dans les industries des carrières et des mines. Une explosion peut être déclenchée en soumettant la substance à un choc extrême, la friction, ou impact mécanique.”…

On savait l’art contemporain mauvais pour la santé mentale….on voit là qu’il peut l’être aussi pour l’intégrité physique…

Plus d’infos : http://www.sieshoeke.com/artworks/julius-von-bismarck-exan

 

11 – l’inéluctable décrépitude de l’art dit contemporain.

Les budgets publics pour l’AC sont de plus en plus revus à la baisse….

.

.

.
Nouveau rendez-vous de la branchitude AC Lyonnaise
.
.

A Lyon, la galerie BF15, qui a vu son subventionnement coupé en quatre, a du se replier sur un lieu beaucoup plus modeste (voir image) et du coup, l’endroit devenant follement branché, sa fréquentation en tarés culturolâtres a quadruplé…. 
.

.

12 – Une belle incongruité au

FRAC Poitou-Charentes

.

.

 

 .
Aristide Caillaud – La Vieille Place ,
1946 – huile sur bois 38,7 x 47
cm – acquisition 1985
.
.
.

Je découvre sur internet cette magnifique petite huile sur bois de 1946 d’Aristide Caillaud et vois qu’elle fait partie de la collection du FRAC Poitou-Charentes…Surprise donc et perplexité…Que fait-elle là? Par quelle tragique erreur de casting le merveilleux Aristide se trouve-t-il martyrisé par la présence autour de lui des trois ou quatre cents plus beaux spécimens de ces enflures conceptualo-posturales que l’on retrouve d’ailleurs à l’identique dans tous les FRACs?

Alors je regarde la liste des 400 artistes pour voir si Aristide y est le seul incongru… Et je m’aperçois qu’il en a tout de même bien une quinzaine qui , comme lui, n’ont rien à faire ici et qu’il est honteux d’avoir mélangé à cette cour des miracles des estropiés de l’officialité artistique… J’en cite quelques uns pour être plus précis : Dubuffet, Bernard Faucon, Gasiorowski, Michel Seuphor, Gérard Tisserand, Georges Jeanclos, Tal Coat, Alechinski, Adami, Philippe Amiel, Glen Baxter, et quelques-autres qui m’ont sans doute échappé…soit environ 5% d’artistes à valeur durable et patrimoniale pour 95% voués à la décheterie de l’histoire de l’art.

Je remarque aussi que tous ces incongrus ont été achetés dans les années 80, c’est à dire dans cette période de démarrage des FRACs où les directeurs n’étaient pas encore tout-à-fait radicalisés au duchampisme d’Etat.

Koikilansoie, si quelqu’un peut me donner des infos sur les raisons de cette présence miraculeuse du divin Aristide dans ce FRAC, je suis preneur.

http://frac-poitou-charentes.org/pages/collection_FRAC.html

.

.

13 – Un rien à voir qui sent fort

le bouc au FRAC Poitou-Charentes

.

.

 

.
Le buick à pédales de michel De Broin, pour dénoncer le gaspillage énergétique
.
.
.

Je retrouve un texte que j’avais écrit, il y a deux ans, sous un autre nom et dans un autre endroit.

je vous le livre ici, car il garde sa fraicheur :

Souvenez-vous de ce directeur du FRAC Poitou-Charentes qui avait déposé plainte contre la Présidente du Conseil Régional, Ségolène Royal, pour “harcèlement moral”, parce qu’il estimait avoir été victime de “vexations répétées portant atteinte à sa dignité ainsi qu’à sa santé mentale et physique”… Sombre histoire qui avait été résolue par le transfèrement des collections du dit Frac, trop à l’étroit en ses locaux d’Angoulème, dans le bâtiment désaffecté du centre caprin de Linazay, petit village des Deux-Sèvres situé à trois kilomètres au Sud de Champagné –le – Sec et deux kilomètres à l’ouest de Champagné- le- Mouillé. Ce centre, appelé Cabrilia, était en Poitou l’équivalent raffarinien du très giscardien Vulcania en Auvergne. Il était dédié à la promotion internationale de la race caprine et du fameux fromage de chèvre Chabichou, mais il dût très rapidement fermer faute de public et à cause de l’odeur…

Et voilà donc qu’aujourd’hui, sept ans plus tard, sous l’impulsion de son actuel et plus fringant Directeur, est organisé en cet ex-haut lieu de la bique et du bouc, une exposition titrée « Rien à Voir » , sous-titrée « Modules d’œuvres en situation d’exposition » et qui durera jusqu’en avril 2015…* Et voici, Mesdames et messieurs quelques extraits du dossier de presse de cette célébration du Rien modulaire et post-fromager en milieu rural:

« Depuis 2008, Jérémie Bennequin pratique le gommage quotidien de pages de livres, s’attelant plus particulièrement à effacer l’oeuvre de Marcel Proust, À la recherche du temps perdu . Pratique discrète, il se consacre consciencieusement à cette «désécriture», manipulant assidûment le côté bleu de sa gomme… Les oeuvres de Michel Blazy ( plantation de lentilles, sculptures de purée de carotte ou de brocoli, massif de papier toilette rose) sont fragiles et discrètes, éphémères et périssables. « Presque riens », issues d’un travail qu’il qualifie plus volontiers d’activité modeste et domestique… Michel de Broin fait d’une Buick le héraut de la résistance à la culture de la performance en la transformant en voiture à pédales. Les éléments «superflus» ayant été retirés… Les quatre énoncés performatifs de Victor Burgin abandonnent tout objet concret au profit du langage et croisent philosophie analytique, structuralisme et linguistique. L’œuvre est ici littéralement le langage qui acte, et non plus l’objet. »… Du « rien à voir » auquel est donc associé du « rien à comprendre », dans un endroit perdu au fin fond du bocage poitevin, avec comme seul public, les biquettes qui n’en ont évidemment « rien à secouer », mais qui ont en chœur tremblé d’effroi, quand on leur a annoncé cette stupéfiante journée séminaire du « Rien à voir » qui « réunira des artistes, théoriciens et acteurs de l’art contemporain s’interrogeant sur ces pratiques qui perturbent les normes dont le monde de l’art pensait s’être affranchi. »… Une invasion de « m’as-tu-vu du rien à voir » qui risque d’être mal vue dans les caprins troupeaux, et de ne pas améliorer l’image du Chabichou sur la scène internationale de l’art contemporain.

.

.

14 – L’adjointe à la culture

de Villeneuve d’Asq

me soutient courageusement

.

Cette prise de position publique d’un élu est assez rare et mérite un fraternel salut…Il faut dire que le LAM est un lieu d’art plutôt sympathique, qui a accueilli la collection d’art brut de Madeleine Lomel.  

 

.
Article dans la Voix du Nord
.
.
.
.

15 – Deux propulseurs majeurs du

« stupid’art » contemporain

.

.

 

.
1 / Thierry Raspail présentant ,
dans le cadre de l’expo Yoko Ono,
l’œuvre d’un pätissier du coin
.
2 / Thierry Herman en sa Maison du Chaos
.
.
.
.

Le premier est Thierry Hermann, acteur privé, mondialement connu pour sa « Maison du Chaos », spectaculaire catastrophe architecturale, qui attire des milliers de voyeurs tous les week – end, comme les tas d’immondices attirent les mouches nécrophages. Il s’est déclaré comme artiste à la MDA et dit être le « Facteur Cheval des bords de Saône ». Il dirige, depuis son bunker souterrain, et toujours flanqué d’une petite ou grosse tête de mort, le serveur Art Price qui est la référence majeure pour tous les spéculateurs et traders d’art du monde entier.

Le deuxième est Thierry Raspail, acteur institutionnel, mondialement connu aussi pour sa calamiteuse Biennale d’art contemporain de Lyon, véritable Fukushima artistique, qui attire encore des milliers de culturolâtres morbidophiles et masochistes de l’art. Tout près de la retraite, il lorgne vers la Chine, nouvel eldorado du business-art.

Ces deux personnages référents sur la scène artistique hexagonale, malgré l’homonymie de leur prénom, malgré leur lyonitude affirmée, malgré leur commune suffisance, etc., ne se fréquentent pas…C’est bien dommage, car la collaboration privé- public, qu’ils mettraient ainsi en action, contribuerait efficacement à l’accélération du processus de destruction du sens en art tant au niveau municipal, que régional, que national, qu’international.

.

16 – Pour la biodiversité en art

.

.

 

.
Variétés interdites de vivre
.
.

Il existait en jardinage et agriculture un catalogue officiel des semences autorisées qui interdisait les 3/4 des espèces existantes et les condamnait à disparaître. (En un siècle seulement, 90% des variétés traditionnellement utilisées par les paysans à l’échelle de la planète ont déjà disparu de nos champs et de nos assiettes, selon la FAO)

Cette loi absurde et criminelle créée sur mesure pour soutenir les profits des grands groupes de semenciers internationaux, vient d’être abrogée par l’Assemblée Nationale. Bravo, Mrs et Mmes les Députés ! Cette loi met fin à l’érosion galopante de la biodiversité agricole.

Alors , maintenant, Mrs et Mmes les Députés, il serait temps que vous mettiez fin également à l’érosion galopante de la biodiversité artistique ! Que vous reconsidériez le contenu du catalogue officiel des artistes agréés par le Ministère, parce que conformes aux exigences des réseaux spéculatifs des multinationales du financial-art. Que vous songiez à réhabiliter les vertus de la biodiversité en art , après quarante années d’exclusion et d’interdiction de 95% des variétés créatrices en art….

.

.

17 – Quand l’art contemporain rend bête et méchant

.

 

.
Le violent va frapper la belle journaliste dans 10 secondes
.
.
.
.

La bonne tête de beauf , devant le micro , c’est le directeur du MUDAM, Musée d’Art Contemporain de Luxembourg. Il est sur le point de cogner méchamment la journaliste de RTL qui lui posa la question nauséabonde suivante : « pourquoi voit-on toujours le même type d’artistes formatés à l’international dans votre musée ? »…Question journalistiquement incorrecte … Alors, comme vous le verrez sur la video, il a frappé l’insolente …qui a eu le bras endommagé et qui a porté plainte.

Malgré les cris d’orfraie, et le soutien immédiat et pétitionnaire de tous les agents polyvalents des réseaux arts contemporain locaux et nationaux, dénonçant un complot de la fachosphère (soutien où figure celui de Christian Debize , le directeur de l’ENSAD –Nançy qui atteste que « Monsieur Lunghi était un homme charmant, que toute cette affaire n’était que calomnie…..” …. le charmant homme a tout de même été contraint de démissionner de son poste …

Pour plus d’infos sur ce fait divers : regardez: c’est plutôt amusant

http://5minutes.rtl.lu/laune/actu/962554.html

.

.

18 – « Libération » : la honte de la gauche

.

.

 

.
Une couverture bien racoleuse

.

.

Je reçois ce matin, d’un ami de facebook, cette image de la une du journal Libération, accompagnée de ce commentaire : « honte à ce journal de merde ! ». Je réponds à l’ami FB : « oui, c’est un journal de merde…et pour l’art aussi »…

Je ne pensais pas si opportunément dire, car je découvre que ce même numéro , qui consacre quatre pages pour mettre en doute la légalité juridique des « assassinats ciblés de nos jihadistes français », consacre aussi deux pages « culturelles » à la promotion de la Villa Empain Fondation Boghossian, haut-lieu de célébration des financial-artists contemporains et/ou internationaux. Voici le lien pour plus d’infos : http://next.liberation.fr/…/la-villa-empain-theatre-de-deco

Et là, vous verrez comme moi, que c’est vraiment le Libé organe de la gauche complice des grands réseaux de la phynance mondiale, et de l’art qui va avec…Oui, c’est bien le Libé, tout craché porte –flingue officiel de la bien-pensance islamo-warholo-gauchiste joffrinesque et des radicalisés du duchampisme …Tout pour plaire à ses alliés objectifs de l’extrême –droite et aux oligarques tenant les cordons de sa perfusion trésorière… Oui, Libé–la honte !

.

.

.

.
1 / La Villa Empain colorisée par Bure2 / Le rideau de perles de Félix
González-Torres et les coussins d’Andy Warhol....

Vous lirez que cette modeste “maison-musée”, décorée par Buren, accueille donc la fine fleur des financial-artists: avec Koons, Félix Gonzalez Torres, Warhol, Pierre Huyghe, Tino Seghal , etc, mais fait aussi dans l’alibi commisératoire en organisant aussi des visites collectives pour les communautés immigrés ou les réfugiés de Bruxelles. «Nous les recevons avec la même attention qu’un Premier ministre. C’est très important pour nous d’ouvrir ce lieu au plus large public possible», insiste Louma Salamé, qui ambitionne de «rendre au peuple» la maison rêvée d’un richissime industriel…( qu’est-ce qu’ils ont faire de Tino Sehgal les réfugiés?)

…Et qui est cette exquise Louma Salamé, nommée cette année à la tête de la direction générale de la Fondation Boghossian-Villa Empain ? Je vous le demande! Et bien , c’est d’abord une pote à Jack Lang pour avoir dirigé la communication du Louvre-Abou Dhabi puis plus récemment celle de l’Institut du monde arabe, à Paris…C’est ensuite la soeur de Léa Salamé, cette harpie journaliste célèbre pour son insolence à l’égard des hommes politiques qu’elle interviouve sur France 2…C’est donc aussi la belle-soeur du fils Glucksmann néo-philosophe germano-pratin, coqueluche actuelle des médias bien-pensants, puisque Glucksmann julior est le compagnon de Léa…C’est enfin la fille de la soeur de Jean et Albert Boghosian…

Alors, vous voyez que tout cela est d’une implacable cohérence dans le népotisme et la consanguinité ravageuse , et que cela vaut bien deux pages dans Libé, l’ami de la grande phynance artistico-humanitaire, Rothshild, Drahi et cie…

.

.

19 – Fabrice Bousteau, Ministre de la Culture !

.

.

Fabrice Bousteau, directeur de Beaux-Arts Mag, l’homme au couvre-chef déstructuré, que vous voyez sur l’image du lien ci-dessous, a été incontestablement la vedette de l’émission de France 2, hier soir, à l’heure de grande écoute , intitulée « à vos pinceaux ! » où l’on voyait une dizaine de peintres amateurs (sélectionnés parmi 2000 candidats) concourir pour devenir le « Picasso du 21e siècle » selon la formule de Mr Bousteau, écoutable sur le lien joint. (Pointons le joli fiasco d’audience pour ce premier volet de la dite « émission populaire »…les « regardeurs qui font l’œuvre » n’ont pas tenu 5 minutes au spectacle de ce « top-chef » ou Starac de la peinture…mais qu’importe, mon propos n’est pas là)…

Non, ce qui me paraît notable, c’est de constater que, quelques jours après le bouquet de tulipes de Jeff Koons, voici cet autre produit culturel dont nos amis américains nous font généreusement cadeau…Et de constater qu’ainsi, la trumpisation néo-pop de la culture et de l’art français est en marche.

Alors oui, je pense que , pour parachever cette ouverture vers les bidochons des classes moyennes et laborieuses d’un « art dit contemporain » réservé à l’élite pensante et dirigeante, et pour aller au bout de cette vertueuse synthèse, il faut que Mr Bousteau soit nommé Ministre de la Culture (J’envisage d’ailleurs de lancer une pétition pour cela).

Oui, il le faudrait, car il est le seul parmi les plus importantes figures du duchampisme anti-facho bien-pensant, du business-art contemporain parisien et du star – système médiato-bureaucratico-financier hexagonal, à s’intéresser à la « peinture-peinture » et à ce qu’elle sous-tend de bon sens populaire et de ringardise pour la classe supérieure à laquelle il appartient…Il est le seul , parmi ceux qui l’ont conchiée depuis 40 ans, à pouvoir exprimer publiquement envers la peinture , autant d’élégante condescendance, de perverse commisération, de cynique tendresse, de cruauté amusée. ..Et il était bien le consensuel qu’il fallait pour cette délicate besogne télévisuelle d’ « A vos pinceaux »

J’apprends qu’une émission parallèle à « A vos pinceaux » est à l’étude pour France 2. Cela s’appellera « A vos concepts ! » car elle concernera non pas des artistes du pinceau pour la révélation du « nouveau Pablo Picasso du 21e siècle », mais des plasticiens de l’idée, conceptualo-installo-posturaux pour la révélation du « nouveau Marcel Duchamp du 21e siècle »…Succès d’audience assuré !* NB : On aimerait cependant connaître le montant du chèque pour lequel Mr Bousteau a condescendu à quitter la jet-set artistique branchée pour se compromettre dans cette émission populo. Beaux Arts Magazine aurait donc tant de difficultés financières ?

http://www.programme-tv.net/videos/bandes-annonces/76280-a-vos-pinceaux-27-decembre/

.

 C’est le beau Bruno qu’elle préfère !

.

Voici les trois protagonistes de l’émission événement « A vos pinceaux, sur France 2 hier soir sorte de staracadémie ou top chef de la peinture importé des USA et de la BBC et sur lequel je reviendrai…de gauche à droite, vous avez : Bruno Vannacci, Marianne James, et l’incontournable Fabrice Bousteau, directeur de Beaux-Arts Magazine…On connait ces deux derniers, mais pas assez Bruno, qui fut la révélation de cette émission. Il est, comme annoncé sur son site professeur, conférencier et artiste peintre (dessin, peinture à l’huile, aquarelle, fusain et pastel et sanguine…la totale)…Il vous fait même votre portrait sur demande et sur photo…www.brunovannacci.com

.

.

20 – À propos des orgasmes mentaux

.

.

 

1 / Toroni et ses empreintes de pinceau n° 50
 2 / Dans le silo à concepts de s époux Billarant
.
.
.

Le numéro spécial fêtes du magazine Méconnaissance des Arts vient de consacrer six belles pages aux époux Billarant, célèbres collectionneurs d’art strictement cérébral. Leur collection est logée dans un ancien silo à grains qu’ils ont réaménagé en « Temple de l’art minimalo-conceptuel », en banlieue parisienne.

Monsieur Billarant (qui a fait fortune dans l’auto-agrippant velcro et scratch) et Madame, sont des puristes radicaux de la « cosa mentale » en art. « C’est la compréhension de l’œuvre comme chose pensée, qui nous intéresse, avant l’émotion et les sentiments » disent-ils. (image jointe)

D’où la relation de franche camaraderie qu’ils entretiennent avec les plus importants artistes de ce registre, tels que Buren , Morelet, Toroni (image jointe)et même Lavier, beaucoup plus facétieux pourtant dans le maniement du concept.

Billarant a fait peindre par son ami Toroni, sur le mur de l’escalier monumental de sa modeste demeure, une fresque avec des empreintes de pinceau no 50, espacées régulièrement tous les 30 cm qui ont fait la renommée internationale de l’artiste.

Elle parle avec enthousiasme de cette œuvre, qui fait de la montée de l’escalier comme uns ascension quotidienne au 7e ciel, et lui procure un plaisir cérébral extatique proche de l’orgasme spirituel des grands mystiques.

.

.

21 – Le terrifiant témoignage d’une élève de

l’école des Beaux-Arts de Bordeaux

.

.

Arrêtez le carnage ! Il faut fermer dare-dare les écoles d’art !

.

.

.
Œuvre d’un élève diplômé « qui a bien sucé »
.

J’avais publié un texte sur ces lieux d’endoctrinement et de radicalisation à l’inepte artistique, ces lieux criminogènes d’apprentissage à la torture du sens commun et à la martyrisation de l’art…Je disais qu’il faudrait, sinon les supprimer définitivement, en tous cas les fermer un bon moment, le temps de tout réorganiser et de les purger de toutes les variétés d’enflures et de monstruosités qu’elles y ont produites et accumulées depuis 40 ans, telles que ces stupéfiants travaux d’élèves (image jointe)des Beaux-Arts de la Villa Arson à Nice: https://diplomes2016.villa-arson.org/propos/

Et j’ajoutais : Comment, de telles terrifiantes excrétions cervicales, peuvent-elles justifier 5 ans d’études préalables…Comment justifier les salaires de la centaine d’enseignants activés pour ces opérations de décervelage ?…Comment justifier l’énormité du coût en argent public pour la « formation » de gens qui ne seront même pas artistes à 98% ?… Comment justifier cette nouvelle et coûteuse fournée de petits schtroumpfs égocentriques, pédants, mythomanes, cocaïnomanes, indéradicalisables , socialement toxiques, handicapés mentaux voués à l’assistanat et au subventionnat à vie et sans le moindre espoir d’être un jour « émergents sur la scène artistique international » ?…

Voici donc le témoignage de Mathilde, élève à l’Ecole des Beaux-Arts de Bordeaux, qui corrobore parfaitement ce que je disais

.

Ce que les Beaux Arts de Bordeaux m’ont appris

.

Je m’appelle Mathilde, j’ai 24 ans, bientôt 25 et je vis à Bordeaux. J’ai décidé d’écrire cet article pour revenir sur mon parcours scolaire et dénoncer les pratiques d’un certain cursus. Après avoir obtenu mon bac, je me suis installée à Bordeaux avec ma meilleure amie en collocation. Je me suis inscrite à la fac d’arts plastiques dans laquelle je suis restée trois ou quatre mois. La fac de Bordeaux 3 est une fac avec très peu de moyens, en sale état, un peu à l’abandon… Le cursus arts plastiques est selon moi un mauvais cursus pour les gens qui ne veulent pas devenir prof. Il n’y a aucun matériel mis à disposition des élèves et les profs ne sont pas très pédagogues. J’ai passé des semaines à créer des choses dans le seul but de répondre à un thème, un énoncé alors que j’avais été habituée au lycée à donner beaucoup de ma personne pour faire aboutir des projets personnels. J’ai donc décidé d’arrêter la fac et de tenter le concours des Beaux Arts de Bordeaux.

Le concours en lui même n’a rien d’extraordinaire, on nous propose un sujet de création à présenter devant un jury un mois plus tard. L’année où je me suis inscrite le sujet était de mémoire : « Créer une oeuvre en rapport avec l’histoire d’un lieu ». Je me suis donc lancée dans le projet d’investir le miroir d’eau de Bordeaux en me basant sur le commerce triangulaire qui passait par le port de la ville (c’est-à-dire les quais actuels). J’ai passé plusieurs semaines à construire mon projet et à le mettre en place, tout s’est d’ailleurs très bien passé.

Le jour de mon oral je suis passée devant un jury constitué de 4 personnes (3 profs et un élèves en master), l’oral fut bouclé en 5 min montre en main (j’ai d’ailleurs cru que c’était mort pour moi) puis quelques jours après j’ai appris que j’avais été acceptée dans cette école.

J’étais pleine d’espoir quant à la formation proposée aux Beaux Arts, et j’étais presque sûr que je voulais devenir « artiste ».

Je suis quelqu’un de timide mais très sociable mais ce fut une véritable horreur pour moi de m’intégrer dans cette école. Tout d’abord j’aimerais parler des élèves. En première année, je suis tombée sur des gens extrêmement prétentieux qui se disaient déjà « artistes » et qui méprisaient les autres, les plus réservés. Des groupes se sont très vite formés au sein de la promo et je n’ai pas du tout eu l’occasion de m’intégrer dans un de ces groupes. Pourquoi ? Je n’étais pas vraiment dans « l’ambiance » Beaux Arts. Ce qui est drôle (ou pas) c’est que je m’étais dit qu’en venant aux Beaux Arts je rencontrerais des personnes ouvertes d’esprit et passionnées, avec lesquelles je pourrais parler de tout pendant des heures. La désillusion ne fut que plus violente. Les sujets de conversation ne tournaient qu’autour des multiples soirées durant lesquelles élèves et profs couchaient ensemble et se droguaient. Si tu veux rentrer dans ce monde, tu as intérêt à faire la même chose que les autres. Le problème c’est que ma vision du rapport élève/professeur ne correspondait absolument pas à la réalité des Beaux Arts. Ici on se tutoie, on se tape dans le dos, on fait des blagues salaces, on suce et on prend tout ce qui passe en soirée pour être en bon rapport avec tout le monde.

L’école des Beaux Arts de Bordeaux dispose d’une annexe, « Le café pompier », juste à côté dont le rez-de-chaussée est un café « associatif » tenu par quelques élèves triés sur le volet (les plus lookés et les plus méprisants aussi). Ce « café » est l’endroit où toutes les soirées se passent et si tu veux faire partie des gens cool, tu ne dois rater aucune soirée. C’est The place to be. C’est également l’endroit où tu suces pour monter ta côte de popularité auprès des profs et où tu écoutes de la bonne musique de merde (parce que c’est tellement décalé d’en écouter). Ici, tout le monde se connait et « s’adore », on picole, on danse, on drague, et on prépare les coups de pute du lendemain. Je pense que j’ai du aller à deux ou trois soirées max, et j’en suis partie aussi vite que je suis arrivée. Si t’es pas dans les bails, t’es seul-tout dans ton coin et on va bien t’ignorer comme il se doit pour te faire comprendre que t’es pas à la hauteur de leur intellect. Bien sûr si t’as pas le look Beaux Art compatible, c’est-à-dire, fringues de friperies ou fringues de tes grands-parents, ça va pas le faire non plus. Non ici, si t’es un peu apprêté(e) ça passe pour de la superficialité et donc t’es pas intéressant(e). Ça m’a appris l’hypocrisie.

En dehors des soirées, en cours, c’est un peu le même problème. On te dit pas bonjour dans les couloirs, on te regarde pas ou alors de haut. Il n’est pas vraiment question d’entraide, chacun est dans son coin, dans son délire, on partage très peu, seulement avec les gens aussi barrés que toi. Je me souviens d’une fois où j’ai aidé une fille à monter une table à l’étage par pur altruisme, elle en revenait pas.

Les profs aussi c’est quelque chose. Comme dit plus haut, tu peux te les mettre dans la poche en faisant des soirées avec eux, ou alors faut vraiment que tu sois ultra dans le délire « conceptuel », que tu utilises le jargon adéquat (c’est-à-dire que tu déblatères des inepties enrobées de mots pompeux pour parler d’une vieille pince à linge). Si t’es un peu trop bon élève, qui bosse beaucoup mais qui parle pas trop, ça va être chaud pour toi. Parce qu’il faut aussi avoir énormément d’humour, en tout cas un certain type d’humour. Si t’es pas drôle, tu dégages. Bah oui parce qu’il faut savoir combler les blancs dans une conversation d’artistes sinon on se fait chier et ça c’est pas possible parce que c’est tellement fun les Beaux Arts. Et puis ce qui fait tout le charme de l’école c’est que les profs ne s’apprécient pas entre eux, eux aussi ils forment des petits groupes de langues de putes, ils se tirent dans les pattes, ils n’hésitent pas à balancer les uns sur les autres devant les élèves. Et là, t’as intérêt à faire ton choix, à décider dans quel clan tu te trouves, parce que c’est pas possible d’aimer tout le monde tu comprends ? Du coup, ça donne des situations ultras malsaines, où tu as des avis différents sur ton travail mais tu peux pas tous les prendre en compte parce que c’est mal vu. Tu choisis ta team, comme dans pokémon. Ça m’a appris la diplomatie.

En ce qui concerne les cours, là aussi faut s’accrocher. En première année tu fais un peu de tout, tu vois un peu tous les profs qui bossent dans l’école, tu découvres quoi. Par contre, à partir de la deuxième année tu dois te spécialiser en choisissant un « arc » (oui parce que « spécialité » c’était pas assez cool comme mot) avec un nom chelou qui veut rien dire genre « BTP » ou « Pierre qui roule n’amasse pas mousse » et j’en passe. Il y a « Design » aussi mais on en parlera plus tard. Alors un « Arc » c’est en gros un groupe de profs qui donnent cours dans une salle spécialement attribuée sur des thématiques spécifiques. Genre ils pouvaient pas dire « spécialité vidéo/performance » ou « photo » ou « sculpture », non ça c’est en sous texte, faut arriver à déchiffrer leur petit speech de début d’année pour savoir ce qui te correspond. Bref, une fois que tu as choisis ton « arc » tu vas passer toute ton année dans la même salle avec les mêmes personnes et faut surtout pas se mélanger entre les « arcs » parce que c’est comme pactiser avec l’ennemi, ça la fout mal. Par exemple, ceux qui font Design, faut bien qu’ils restent seul-tout parce que c’est pas vraiment des artistes, ils sont trop sérieux, ils bossent un peu trop et sur des choses trop matérielles. Aux Beaux Arts on t’apprends bien à être un con prétentieux qui crée du concept pour bien enfoncer les gens qui n’y connaissent rien et pour bien gonfler l’ego de ceux qui font parti du milieu. Bon après en plus de l’arc tu as des options mais on s’en fou ça compte pas vraiment.

Quand t’es aux Beaux Arts faut aussi accepter les pauses clopes à répétitions des profs, où leurs petits quarts d’heure (voire demie heure) de retard le matin et/ou le midi, parce que tu comprends, eux ils sont importants, il faut qu’il prennent deux trois café/clopes avant de commencer donc toi t’attends gentiment dans ton coin et tu fermes bien ta gueule. Ça m’a appris la patience (et à fermer ma gueule aussi).

Après m’être bien fait défoncée par les « tutorats » (entendez « oral », « examen » mais bon jargon, jargon…) de fin de deuxième année, j’ai entamé ma troisième année super motivée pour leur montrer que j’étais bien encrée dans mon époque en leur ramenant un boulot solide sur la question du féminisme dans les jeux vidéos. A ce moment je ne savais pas encore que je m’aventurais en eaux troubles. J’étais bien fraîche en début d’année mais alors petit à petit j’ai bien fané. Entre les profs et les élèves qui me sortaient des « t’as pas l’impression que le féminisme c’est dépassé ? », « les femmes sont quand même bien mieux loties qu’avant ! », « les jeux vidéos ? heuuuu… nan. » et mes recherches qui me faisait aboutir à un constat bien déprimant sur la condition des femmes à notre époque, fallait que je m’accroche ! Et c’est ce que j’ai fait, je me suis accrochée, jusqu’au diplôme.* Ça m’a appris à me battre pour mes idées.

Le diplôme, faut qu’on en parle parce que je pense que c’est un peu la cerise sur le bon gros gâteau de merde. En gros, en troisième année, tu bosses sur une thématique pour préparer un oral que tu passes devant un jury composé de deux personnes extérieures à l’école (artistes, galeristes, profs d’autre école…) ET d’un(e) prof de ton école qui est censé te suivre toute l’année et connaitre ton travail. Le prof référent de l’année où j’ai passé mon diplôme était un mec absolument infect. Déjà le mec, il s’en battait les couilles de notre travail (sauf celui de ses élèves chouchous, ceux qui sucent quoi), il n’est jamais venu me voir durant toute l’année pour me parler, pour faire connaissance. Le gars il était genre overbooké, il n’avait pas le temps pour les loosers. Du coup, quand on est arrivé au jour du diplôme le mec il ne connaissait absolument pas mon travail, il l’a découvert en même temps que le jury extérieur. La blague. Au bout de cinq minutes il s’était forgé son avis, il n’appréciait pas le féminisme et encore moins les jeux vidéos, lui son truc c’était les cubes en béton, alors il a expédié mon oral en dix minutes pour passer à autre chose et bien sûr il s’est octroyé le droit à lui tout seul de m’attribuer une note de merde. Je n’ai évidemment pas été la seule à voir son travail d’une année entière partir en fumée (big up à mes potes de galère) et je ne me suis donc pas privée durant l’entretien avec le jury à leur dire ce que je pensais de leur comportement de petits cons prétentieux et à partir en claquant la porte.

Ça m’a appris à ne pas me laisser faire (et à bien ouvrir ma gueule).

Je me suis donc retrouvée fraîchement diplômée d’un DNAP (Diplôme National des Arts Plastiques) et j’avais donc le choix de continuer en Master ou de me barrer. Je pense qu’à ce point là de votre lecture vous vous doutez bien de ce que j’ai fait.

J’ai donc annoncé à mes profs que je quittais les Beaux Arts pour me lancer dans un CAP esthétique… Je vous laisse imaginer la gueule qu’ils ont tiré. « Mais Mathilde, tu peux pas faire ça, tu vas gâcher ton talent ! » ouais bah ça fallait peut-être y penser avant de chier sur mon travail. Je suis partie la tête haute de cette école de merde et aujourd’hui je ne regrette absolument pas mon choix. Je ne regrette pas non plus d’avoir fait les Beaux Arts, je regrette seulement d’avoir fait ceux de Bordeaux car non toutes les écoles ne sont pas pareilles et j’aurais peut-être été plus heureuse ailleurs. Ça reste tout de même une bonne expérience car ça m’a permis d’ouvrir les yeux sur le milieu des arts qui ne me correspond pas car beaucoup trop hypocrite et prétentieux. Mon but était de proposer un art accessible à tout le monde et pas à l’élite bordelaise car je n’en vois pas l’intérêt et les Beaux Arts de Bordeaux voyait ça d’un mauvais œil. J’ai quand même pu m’éclater pendant trois ans car l’école est très bien équipée en matériels en tout genre et j’ai rencontré des personnes formidables. Alors toi qui me lis et qui a envie de tenter ta chance aux Beaux Arts, tu auras bien compris que je te déconseille fortement ceux de Bordeaux pour toutes les raisons évoquées plus haut. Si tu es passionné par le dessin sache que cette école ne propose pas de cours de dessin et qu’ils te redirigeront vers les Beaux Arts d’Angoulême. Après, si t’es un peu maso sur les bords vas-y, tente ta chance, t’auras des anecdotes marrantes à raconter à tes potes !

.

EDIT : 09/01/17

Je ne pensais pas que cet article prendrait une ampleur aussi énorme, en moins de 24h il y a plus de 6300 vues, c’est assez effrayant pour moi. Evidemment l’article fait beaucoup causer, en bien comme en mal. Je pense qu’il faut que je revienne un peu sur ce que j’ai pu écrire car des gens n’ont pas bien compris mes propos, ou alors j’ai été maladroite. Je ne veux absolument pas décrédibiliser l’ENSEMBLE des professeurs de l’école des Beaux Arts de Bordeaux, car évidemment comme partout il y a de très bon profs. Je trouve regrettable que certaines personnes se soient senties visées par mon article alors que je ne pensais absolument pas à elles en l’écrivant. Je ne citerai pas de noms ici car je pense que les « bons » (selon moi) professeurs, ceux avec qui j’ai passé de bons moments sauront se reconnaître et je les remercie du fond du cœur d’avoir été des lumières et des piliers dans cette école de fous.

Par contre, depuis que j’ai publié cet article j’ai reçu beaucoup de messages d’anciens élèves de cette école qui m’ont confié avoir ressenti les choses comme je les ai décrites. Certains ce sont sentis blessés, d’autres abandonnés ou encore humiliés par cette école. Certain m’ont parlé de « libération » quant à leur départ des Beaux Arts. Je ne suis donc pas la seule et je ne suis pas folle. Alors s’il-vous-plait, s’il y a des professeurs qui me lisent, ne fermez pas les yeux là dessus car c’est la chose la plus importante que je dénonce à travers cet article, n’oubliez pas que vous avez en cours, devant vous des gens qui peuvent être fragiles, en difficultés et qui ont peur de dire ce qu’ils pensent. Je rappelle également, que lorsque je me suis inscrite aux Beaux Arts j’avais 19 ans et donc que j’étais très impressionnable et facilement malléable. Je n’avais pas le recul nécessaire pour réagir à l’instant T.

J’ajouterai également que cette école ne forme absolument pas les élèves à la vie extérieure, on ne nous professionnalise pas, faut se démerder ! Donc une fois que tu as ton DNAP si tu quittes les Beaux Arts tu te retrouves bien dans la merde car tu ne sais pas où commencer…

De plus, je n’ai pas la Sainte Parole, ne prenez pas tout ce que j’ai dit comme une vérité immuable, forgez vous votre propre avis en vous basant sur vos propres expériences, ne vous empêchez pas de faire les Beaux Arts de Bordeaux et de faire confiance aux professeurs qui enseignent là bas. J‘ai vécu de très bons moments aux Beaux Arts de Bordeaux, comme de très mauvais et j’ai appris énormément de choses que je n’aurais pas pu apprendre ailleurs.

Pour finir, je vais intentionnellement enlever/modifier certains passages pour être plus juste avec tout le monde. Merci de m’avoir lue et merci de ne pas vous engueuler dans les commentaires.

.

.

Le Schtroumpf-émergent-magazine

est publié par

l’association loi de 1901 Nic & Cole – n° SIRET 822 659 892 00019* Adresse postale : 29 rue de Saint Cyr – 69009 Lyon

Pour vos commentaires et réactions , et pour demander à recevoir notre newsletter, voici notre adresse mail : nicole.esterolle@yahoo.com

ACTIVE – ART

De multiples outils au service des artistesActive-art est l’accompagnateur, l’hébergeur et le diffuseur, du magazine du Schtroumpf émergent… le taxi perso et exclusif donc de Nicole Esterolle.

Ce soutien privilégié d’Active-art donné à un magazine qui travaille à une meilleure reconnaissance des artistes d’aujourd’hui dans leur immense diversité, s’inscrit en parfaite cohérence avec l’ activité d’Active-art au service des artistes également.

Je vous invite à découvrir leurs propositions sur www.active-art.net

.

.

 
.
.
.
.

.

Biographie de Nicole Esterolle
.
Nicole Esterolle. Artiste, critique d’art, galeriste ?
peu de gens connaissent l’identité réelle de la personne connue ou non, qui se cache sous ce pseudonyme…
mais ses chroniques irrévérencieuses font fureur sur le web depuis trois ans.

Schtroumpf Emergent

.

.

Campagne de financement

du Vadrouilleur urbain

.

5c61d-e-shop2b2521

.

 

 

.