« L’art est en deuil, Ousmane Sow est mort, Jeff Koons est vivant » / Artension magazine téméraire de l’art vivant

Images : Danseuse nouba par Béatrice Soulé. Et Ousmane Sow
par Jacques-Yves Gucia

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« L’art est en deuil,

Ousmane Sow est mort,

Jeff Koons est vivant. » (1)

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Françoise MONNIN

Rédactrice en chef du magazine ARTENSION

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Les commentateurs médiatiques parlent de ses « guerriers » qui « ont fait le tour du monde ». Ce faisant, ils passent à côté de l’essentiel. D’une part les Nubas, exposés sur le Pont des Arts, ne sont pas en guerre, ils participent à une cérémonie rituelle visant à la formation des mariages. Mais qu’importe. Si Ousmane Sow pose sur eux son regard de créateur, comme sur les combattants de Little Big Horn, c’est en raison du destin, tribu du sud Soudan ou Indiens d’Amérique, qui les promet à la disparition.

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Et le grand projet qui suivra, ce seront les grands hommes de Toussaint Louverture à Mandela, en passant par Victor Hugo, ou de Gaulle. Un groupe d’incorruptibles, dans lequel Léopold Senghor lui-même, en raison d’un exercice brutal du pouvoir, n’aurait eu droit qu’au banc de touche disait-il en riant. Car Ousmane incarne le courage de l’intégrité jusqu’à l’intransigeance.

A plus de 75 ans, il se tient aux côtés des jeunes Sénégalais qui manifestent contre la corruption de leur président, Abdulaye Wade. A quelle décennie faut-il remonter en France pour retrouver un tel engagement dans notre propre pays ?- Arrivé à Paris sans rien dans les années 50, il trouve une ville pleine de compassion, où l’agent de faction au commissariat lui ouvre la cellule de dégrisement pour lui éviter une nuit dans la rue. Il fallait décamper tôt le matin, « avant l’arrivée de la hiérarchie ». Que reste-t-il de ce Paris qui l’a en partie fabriqué ?- Honneur à Besançon, pour Victor Hugo (2003) et L’homme et l’Enfant – portrait d’un juste, (2013)- Honneur à Genève pour L’Immigré (2008), qui lit le journal, signe d’intégration- Honneur à La Rochelle, pour Toussaint Louverture (2015)- Honte à Paris ?- La capitale des grands blancs annonce l’installation dans son corps d’une imposante œuvre de Jeff Koons.

Entre l’un et l’autre, la posture de l’ex-trader, soutenu par ses partenaires financiers, et le croisement de la tradition potière du Sénégal avec Rodin, les faits ont tranché en faveur de la projection d’un symbole éclatant de la mondialisation de l’art réduit aux ors de la financiarisation et de la communication bien orchestrée, aux dépens du prisme de la création et du sens. Lui « n’a presque rien à dire, car ses sculptures parlent pour lui ».

Ousmane Sow, fierté du Sénégal, fierté de l’Afrique, fierté de l’homme noir, comme en témoigne son rayonnement aux Caraïbes, ou son entrée au prestigieux Smithsonian. Mais à Paris, qui s’en soucie ?

« Selon que vous serez blanc ou noir, Les jugements de cour vous rendront puissants ou misérables. » (2) Qui s’en soucie.

« Selon que vous serez blanc ou noir, Les jugements de cour vous rendront puissants ou misérables. » (2)
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(1 ) Calicot anti-Aragon à l’enterrement d’André Breton
(2 ) La Fontaine –  Les animaux malades de la peste
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Qui s’en soucie.
H.C. 1er décembre 2016
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Artension est le magazine téméraire de l’art vivant. Loin des coteries, modes, pressions commerciales ou injonctions de l’art officiel, il se distingue par un ton vif, volontiers railleurs, un esprit critique et libre.

Les éditos de la rédaction, mais surtout la page, devenue incontournable et attendue au fil des numéros, d’Amélie Pekin, rassurent tout ceux qui abordent l’art contemporain avec la crainte de ne pas le comprendre. Amélie le clame haut et fort : « vous ne vous trompez pas, à coté de travaux audacieux, déconcertants mais légitimes, il y a un fatras qui ne vise qu’à mettre sur trône des imposteurs, flatter des égos et remplir des escarcelles ».

Artension pose dans chacune de ses parutions un regard unique sur l’art aujourd’hui. Avec la dizaine d’artistes présentés, fruit d’un long travail de sélection de la rédaction, plongez au cœur de la création contemporaine. Peintres, photographes, sculpteurs… font l’objet de pages aux illustrations exceptionnelles, aux analyses pertinentes . Pour le collectionneur : l’assurance de toujours découvrir de nouveaux artistes. Pour les galeristes et les artistes : une vitrine exceptionnelle, source d’information irremplaçable. Pour les amateurs : du plaisir et de l’intérêt.

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