La galerie Jacques Lévy est heureuse de présenter l’exposition collective « Le vide libéré » – Les œuvres de Claude Chaussard, Hélène Durdilly, Jean Degottex et Lars Fredrikson (FR)

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LARS FREDRIKSO
Sans titre, 21 Août 1978 Aquarelle, fil et scotch sur papier 57 x 64 cm

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 Le vide libéré 

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Du 7 au 19 janvier

et du 26 janvier au 11 février 2017

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La galerie Jacques Lévy est heureuse de présenter l’exposition collective « Le vide libéré ». A cette occasion seront visibles des œuvres de Claude Chaussard, Hélène Durdilly et un ensemble peu montré de briques de Jean Degottex et d’œuvres sur papier de Lars Fredrikson.

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Révéler l’espace plastique du tableau. Inviter le spectateur à l’investir, à le vivre, à s’y laisser immerger, en l’obligeant a dépasser la barrière du regard et de la compréhension qui tient les choses à distance. Approcher au plus près la peinture, travail abstrait de toute référence iconique, de toute image, tel pourrait être l’exégèse des œuvres réunies dans le cadre de cette exposition. Travaux sériels, recherches appliquées à l’équilibre des masses, des écritures, des couleurs qui pour la plupart induisent l’implication du vide, de l’espace laissé au premier abord neutre/vierge mais dont on ressent pleinement la présence physique. Qu’il s’agisse des créations de Claude Chaussard, où l’écrin blanc rend aux pigments bleus projetés toutes leur puissance et leur matérialité dans une tension généralisée, et des œuvres de Hélène Durdilly où des évènements prennent place en un lieu de la toile, créant ainsi une zone en attente, finement travaillée au gesso où peuvent alors s’exprimer les nombreuses nuances créées par la lumière même. Il est bien question ici de ressentir des mouvements, des pulsations, des élans. Les matériaux ne se soumettent pas aux formes mais exhibent au contraire leur nature propre, leur immanence. Ils deviennent la matière même de l’oeuvre dans une unité totale et non plus simples supports. Tel est le cas des briques réalisées par Jean Degottex ou encore des papiers « accidentés » de Lars Fredrikson. L’on s’en tient au geste fondateur, au « faire », à l’esthétique de la présence.

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 Claude Chaussard

Note N°1, 2002 Craie de traçage sur papier

BFK Rives, 76 x 56 cm

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« Nulle trace de geste dans l’œuvre exposée de Claude Chaussard. Cette ligne unique n’est ni tirée ni tracée. Elle est « claquée », projetée comme au tir à l’arc. Poudre sèche de bleu charron qui claque dans le blanc. Ou bien la feuille se couvre de lignes. Et c’est comme si une compagnie d’archers avait lâché contre le vide une salve qui fait, un instant, résonner sèchement le silence. Le papier blanc est la caisse de résonance du claquement. Ce bleu absolu ne vit que de son propre creusement. Il vit sa vie dans la lumière. Si l’on accepte de la vivre avec lui, l’on atteint, comme une aubaine, le blanc du bleu, le même que les teinturiers appellent la fleurée. Dans la préparation du pastel bleu à partir des feuilles de guesde, cette fleurée, une mousse blanche sur les bords de la cuve, indique que le bleu est à son acmé. En vérité ce que projette la corde de l’arc n’est rien d’autre que la milliseconde neuve qui naît. Elle est bleue comme le sont aussi les étoiles qui naissent. Peindre le temps qui passe est le thème le plus récurrent dans l’œuvre de ce peintre. Il le fit naguère avec les huiles dépigmentées. Le claquement trouve ici une expression graphique inédite. En fait, chaque seconde qui surgit restera éternellement audible. Nous ne voyons pas seulement la trace d’un claquement, nous sursautons, chaque fois que nous regardons l’œuvre, au claquement lui-même. »

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 JEAN DEGOTTEX
Débris (XXVIII), 13-4-1980, Acrylique sur plâtre sur brique,  35,3 x 18 cm
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« Le travail de Degottex, lui aussi éternellement « en train d’être », se manifeste ici dans une série de briques (nommée Bris-Signes) qui ne constitue qu’une étape dans l’immense entreprise d’un processus foisonnant qui conduit à abstraire, de la matière même, toute spiritualité. Ces briques faîtières plates et creuses sont récupérées sur une décharge de démolition. Elles demeureront plusieurs mois, intactes, sous les yeux de l’artiste dans son atelier. Alors qu’elles étaient insignifiantes, elles conquièrent, peu à peu, sous ce regard désintéressé (au sens où il ne considère plus la fonction) un sens esthétique absolu. Le mélange du rouge-terre avec le blanc des macules de plâtre n’est plus considéré comme une surface sale mais comme une couleur rouge nuancée de gris et d’une consistance troublante, la forme du fragment ne joue plus comme fragment mais comme une forme en soi. Tout cela, lentement, sensibilise l’objet au point d’en faire une œuvre. Transmutation esthétique obtenue en agissant non sur la brique mais sur sa présence insaisissable. Les actions multiples qui s’exerceront sur la brique elle-même par la suite, sciage et reconstitution, introduction de vide, recouvrement/découvrement, pulvérisation de la brique, viseront à faire partager par le regardeur la merveille de l’œuvre obtenue par le peintre et pour lui seul. Par une dialectique subtile, la poussière de sciage de la brique devient non son reste mais son essence. De cette poussière même, le peintre capture la pure lumière, la poussière n’étant plus désormais une essence mais un reste. La matière est ainsi devenue lumière. À chaque phase de cette alchimie, des germinations naissent et se développent. Processus. C’est-àdire inchoations sans fin. »

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Hélène Durdilly 
 Été 2016  – 1 – A, 2016
Gesso et encre sur papier marouflé sur toile,  65 x 65 cm
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« La germination emprunte d’autres voies chez Hélène Durdilly. Singulièrement le travail en série. Interminablement le thème revient. Le développement se réalise de façon sourde, profonde, organique. On ne saurait dire comment, la répétition engendre sa propre extension. Longtemps on ne voit que les mêmes lignes se mouvant dans le même espace et la même lumière. Mais en art, où tout compte, la répétition n’existe pas. D’une feuille (d’une toile) à l’autre, le temps a passé, la lumière imperceptiblement change et l’on se retrouve avec les mêmes lignes sombres, vivantes, différemment vivantes à chaque millimètre de leur parcours. Deux d’entre elles, rejetées contre le bord extrême de l’œuvre, suivent l’arête sur presque toute sa longueur non parallèlement toutefois. Bougés, interruptions procurent à notre sensibilité, avec un léger tressaillement, manifestation spécifique du sentiment d’« espace plastique », tout ce que peut nous apporter l’art. Les deux lignes à peu près casées, se libère la totalité du champ, d’un blanc mat, un peu croûteux et raboteux, parfois imperceptiblement fissuré ou empâté. Nous sommes passés d’une série à une autre très différente à partir, sans doute, de certaines des disparités, générées par les répétitions, sans que celles-ci puissent être identifiées. Ce n’est qu’au cœur même de « l’éternel retour » qu’une progression (ou plutôt une ingression) est possible. Et c’est moins le changement, modeste, des formes qui se remarque qu’un changement d’état. Mais toujours, à l’extrême bord du présent, le pied déjà sur l’angle de l’essor, Hélène Durdilly scrute non le futur mais l’extension de son propre temps. »

« Lars Fredrikson, ce colosse que Jacques Dupin surnommait « l’énergumène de la transparence », approche la peinture de ce pas de colombe dont, nous dit Nietzsche, arrivent les choses importantes. Avec sa douceur violente, il tente d’exciter en nous une sensibilité sans affect, émotion ou sentiment. Une sensibilité pure, comme retenue par l’ongle. Peinture qui n’a rien à dire, rien à exprimer, sans concession au goût ni au rythme ni à l’harmonie ni à la composition. Tout y est présence inchoative (du latin inchoo, are, commencer). À la reproduction, rien d’elle ne passe. Le catalogue ne peut être de quelque utilité qu’à ceux qui se sont trouvés en présence de l’œuvre, leur permettant ensuite d’y rêver longuement. La photographie saisit ce qui est saisissable c’est-à-dire le passé ; l’inchoation, l’« en train d’être », est insaisissable puisqu’inachevée. D’autre part, elle implique le vide. L’œuvre se crée dans la mesure où elle crée l’espace vide de son propre développement. Ce vide lui aussi inchoatif ne peut rien avoir de commun avec l’infini illusoire de la page ou la toile blanche, infini sans commencement possible c’est-à-dire sans présence. La création a un objet. Il s’agit donc d’un vide concret toujours tenu par des empâtements infimes, des enfoncements à peine perceptibles du papier. En somme un vide-matière pour reprendre un concept de Jean Degottex qui le créait à sa manière. Matisse vole. Fredrikson s’envole. »

 

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Galerie Jacques Lévy
62 rue Charlot – 75003 Paris
Téléphone: +33 (0)1 42 78 79 24
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Horaires d’ouverture: du mardi au samedi de 15h à 19h
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Campagne de financement

du Vadrouilleur urbain
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e-shop
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Boucher & Lecland
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(ici) 
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.1/ Fruits gourmands (jaune)

2/ Roses et feuilles (rose)

3/ Gingembre et thé blanc (bleu)

4/ Épices (rouge)

28$
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