Une belle OPA du Ministère de la Culture sur l’Académie des Beaux-Arts Par Nicole Esterolle

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sur l’Académie des Beaux-Arts

Par Nicole Esterolle

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Jean-Marc Bustamante, l’artiste très connu pour avoir introduit un gros camion dans une chapelle à Carpentras, et , suite à cela, nommé directeur de l’École des Beaux-Arts de Paris, postule aujourd’hui pour être académicien… On présume que cette opération a pour but d’installer les intérêts et le contrôle du Ministère dans la vénérable institution…

 

Jean-Marc Bustamante sera le loup dans la bergerie. En effet, que viendrait faire cet artiste conceptualo-postural parfaitement conforme aux préconisations esthétiques de la gent ministérielle, parmi les vénérables académiciens qu’il trouve obsolètes ?…On peut se le demander…

L’explication est à chercher du côté de l’argent, du patrimoine immobilier, de l’influence, et de l’indépendance que possède cette respectable institution…tout cela étant extrêmement chagrinant car allant à l’encontre de l’hégémonie des réseaux d’intérêts bureaucratiques et financiers.

L’académie des Beaux-Arts possède en effet un important patrimoine muséal composé notamment du Musée Marmottan, et de la Bibiothèque Marmottan, de la Fondation Claude Monet à Giverny et de la Villa Ephrussi à Saint-Jean-Cap-Ferrat.

Elle entretient en outre une politique active de partenariats avec un important réseau d’institutions culturelles et de mécènes, qui lui permet d’attribuer chaque année une trentaine de prix à de jeunes créateurs de toutes disciplines artistiques, qui ne correspondent que rarement au formatage esthétique institutionnel.

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Il est donc permis de penser que Mr Bustamante serve de cheval de Troie ( ou de gros camion dans la chapelle) pour annexer ce territoire de folle et insupportable liberté, jusqu’à maintenant hors du contrôle du Ministère et de son totalitarisme idéologique. (Le seul bien de l’Académie dont put s’accaparer le Ministère fut , juste après 1968, la Villa Médicis). Pourtant grosse comme un camion, les académiciens n’ont pas vu venir la manœuvre, quand Mr Bustamante leur a servi, pour les séduire et les émouvoir jusqu’aux larmes, une « communication » onctueuse et sur mesure où il vantait les mérite du dessin et de la peinture… alors que lui, très talentueux discoureur certes, ne sait ni peindre ni dessiner, et qu’il est l’exact produit de ces 40 années de dictature du conceptuel, années de plomb pour la peinture et terrible période de disqualification de toute expression du sensible, du métier, du poétique .

Une histoire à suivre donc, car significative du désarroi de l’appareil artistique d’Etat, dû à sa perte en crédibilité et en financement public , et prêt à tout pour reconquérir un pouvoir sur l’art qu’il a usurpé, mais qui lui échappe de plus en plus.

Je vous joins 1- l’image du camion dans la Chapelle, 2- Le doc concernant le procés suite à l’expulsion du camion, que Bustamante a gagné en empochant 80 000 euros de dommages et Intérêts payés par les contribuables de Carpentras 3- un texte que j’avais écrit en novembre 2015 sur le sujet – 4 l’image d’une très jolie peinture de Bustamante pour son dossier de candidature à l’Institut des Beaux-arts…

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1- Le texte que j’ai écrit en novembre 2015: Enfin un artiste à la tête de l’École Nationale des Beaux-Arts de Paris !

Jean Marc Bustamante succède donc à l’ « esthéticien relationnel », Nicolas Bourriaud, viré justement pour son relationnel catastrophique avec élèves et professeurs. Il a été préféré à Olivier Blanckart , vrai artiste, feu d’artifice d’inventivité verbale et plastique, d’intelligence et de drôlerie, et qui aurait pu ré-enchanter cette vénérable école….Mais Jean-Marc Bustamante, lui, convenait mieux car son travail est plus radical et plus conforme à ce subversivisme questionneur à la fois des codes de la peinture et de la société, qui est tant apprécié chez le rebelles fonctionnarisés peuplant l’appareil institutionnel. Il est le protopype-même de l’agent multi-casquettes de l’art d’Etat : tour a tour professeur, curator, critique d’art à l’occasion, pompier de service multipolaire, membre de nombreuses commissions, et puis, en tant que plasticien « proprement »- dit, il fait preuve d’un éclectisme exemplaire, produisant des choses diverses et variées, passant d’un sujet à l’autre : traces de peintures, photos de terrains vagues et de lieux en déshérence, bricolages improbables, cages suspendues au plafond ou tôles fixées au sol, « chambres d’amour » dans les frondaisons (photo jointe) etc., un art passe-partout, tous azimuts, sans style propre, dont la béance interne prend caractère de profonde énigme et ouvre de larges potentialités interprétatives , projectives et discursives à la critique d’art française… Bref , c’est un artiste placebo parfait et un PPDC ( Plus Petit Dénominateur Commun) idéal pour faire l’unanimité dans la population des préposés à l’art contemporain de l’ administration de notre exception culturelle hexagonale..

On l’a donc vu venir gros comme un camion, lui qui en avait déjà fourré un, en 1995 dans une église de Carpentras, au titre d’œuvre d’art post-moderne et pré-contemporaine…Camion délogé par le maire de la ville (pourtant pas FN), qui fut immédiatement attaqué en justice par l’artiste, qui obtint 80 000 euros de dommages et intérêts… Un procédurier aussi redoutable que son ami Buren ! Et par dessus le marché, macho comme un camionneur polonais, quand il déclare, dans un entretien croisé avec Christine Macel, conservatrice au Centre Pompidou, et l’autre pompier de service Xavier Veilhan « l’homme a besoin de conquérir des territoires, la femme trouve son territoire et elle y reste… Les femmes cherchent un homme, un homme veut toutes les femmes. La femme, dès qu’elle a trouvé son territoire, elle y reste… Les hommes sont toujours dans la recherche de territoires vierges ». Et je vous recommande cette très euphorisante video réalisée par la géniale Cécile Proust et Jacques Hoepffner, et reprenant les inoubliables propos de Jean-Marc Bustamante et Christine Macel… https://vimeo.com/27162912

Je vous recommande aussi cet extrait de France Culture, http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=5078843#(dont je vous conseille de commencer l’écoute à la 9eme minute )… où l’on entend le nouveau directeur de l’ENSBA Paris, dire que son école ne sert à rien, et confirmer qu’il faut compter 100 étudiants dans cette école, pour faire un artiste…Lui, bien sûr, ayant eu la chance de ne pas fréquenter cette école de l’échec assuré à 99%, pour avoir fait d’abord des études d’économie, comme Bertrand Lavier et Jean-Pierre Raynaud avaient fait des études d’horticulture, comme Jef Koons avait étudié la finance et Olivier Mosset la motocyclette.

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Ce texte figurera sur mon magazine web de janvier 2017: www.schtroumf-emergent.com

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Biographie de Nicole Esterolle
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Nicole Esterolle. Artiste, critique d’art, galeriste ?
peu de gens connaissent l’identité réelle de la personne connue ou non, qui se cache sous ce pseudonyme…
mais ses chroniques irrévérencieuses font fureur sur le web depuis trois ans.

Schtroumpf Emergent

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