Caroline Veith – Dreamers / GALERIE CLAIRE CORCIA (FR)

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 » Ces quelques fleurs  » Caroline Veith
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Caroline
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Dreamers
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jusqu’au
  13.12.16  
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« Créer, partager, rêver, disparaître et désobéir à l’organisation du monde en marche. » – Caroline Veith, septembre 2016

Une multitude de personnages désarticulés envahissent l’espace. Rouges, noirs, démantibulés, schématiques, ils occupent l’œuvre frénétiquement. Car le chaos règne. Tel est le portrait de ces êtres qui luttent, en quête d’espoir. Empoignades, rébellion, insoumission. Comment survivre ? Ces gestes et postures offensifs parlent d’une fable humaine désorientée. Quel ordre prévaut dans cette jungle inhumaine ?

« Les œuvres de Caroline Veith nous renvoient à la « jungle » de Calais. C’est un dessein, pas une illustration ; plutôt l’expression d’une détermination, d’un désir inachevé. Le rêve éveillé d’une traversée avec sa dose d’utopie, de mystère et d’angoisse. Celle d’un cheminement, jalonné par les regards hallucinés, curieux et tourmentés des personnages qui en composent le dessin, le fil d’Arianne. « C’est l’idée du mouvement qui nous relie à la liberté », dit Caroline Veith. Il y a 30 ans, elle a choisi le trait pour s’exprimer et, bien souvent, en faire jaillir sa colère face à l’injustice et l’oppression. « Ce sont toujours les mêmes préoccupations qui m’animent : l’air du temps, la comédie humaine. » Et le chaos du monde n’a pas fini de permettre à l’artiste de transcender ses sentiments par le dessin, la couleur, l’ironie et l’humour, l’ensemble mis au service d’une œuvre en action. » Véronique Godé, Arts Hebdo Médias, octobre 2016.

« J’aime les outils du dessin. J’utilise le papier calque pour son aspect translucide et la possibilité de travailler la matière des deux côtés. C’est comme si vous glissiez sur la glace. Dans mon processus de travail, je ne suis pas en train d’illustrer une histoire, j’en invente une : je démarre toujours à vide avec la plume, à l’encre de Chine, comme si je déroulais un fil. A ce moment-là, j’ai le sentiment d’être dans l’abstraction, comme si je construisais au trait, très fin, un labyrinthe. Petit à petit, je découpe, je colle, je détruis, ça se creuse, c’est comme des strates reliées par la mémoire, je me laisse emporter. » Caroline Veith utilise aussi des pastels gras et des pigments acryliques, plus rarement les feutres. « Le rouge représente le “fil rouge” de ce que nous sommes, nos humeurs, nos états d’âme, mais aussi le mouvement, la respiration, la vie, le cœur battant et le sang qui circule dans notre corps tout simplement. Cette couleur se déroule comme un fil de ma pensée immédiate pour relier, construire l’œuvre ; elle peut aussi colorier mes personnages. Vient alors plus ou moins se glisser comme un décor rassurant ou inquiétant le végétal – luxuriant ou abîmé – et sa gamme de verts. Le bleu appartient à la même famille “nature” qui m’entoure : l’extérieur, le ciel, l’eau, élément fluide et à double langage. »

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LIBERTÉ DE CRÉATION, LIBERTÉ D’EXPRESSION
Printemps 2015

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Les géographies s’entrecroisent comme les idées nouvelles, et dans le mouvement accéléré de cette « mondialisation » des cultures, un vent de liberté continue malgré tout de souffler. Au cœur de l’hiver 2015, nos veilleurs de nuit ont été assassinés.

Ils symbolisent pour toujours les valeurs d’une démocratie possible, où chacun, dans le respect de l’autre, pense librement.

C’est cette liberté intérieure que je tente d’approcher par mes dessins, mes gravures. Le Vieux Monde est derrière nous, et par la création, les frontières de l’obscurantisme semblent s’estomper.* C’est peut-être cela, collectivement, par le regard décalé des artistes, qui nous permet au fond de nous-mêmes de croire en un monde meilleur.

Petite utopie dans la grande utopie, est-ce encore possible ?

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Caroline VEITH
JUNGLE

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Caroline Veith rêve d’un univers aquatique, solaire et harmonieux où la nature s’épanouit, où les algues vertes lumineuses, presque phosphorescentes reprennent leurs droits, où il est bon déambuler librement, tel un retour idyllique aux origines, apaisant et rassurant.

Or une multitude de personnages désarticulés envahissent l’espace. Rouges, démantibulés, schématiques, ils envahissent l’œuvre de façon inquiétante. Qui sont-ils ? Pourquoi troublent-ils ce désir d’osmose avec la nature ? Haletantes, bouche ouverte, dents apparentes, des tribus cannibales surgissent. Cette foule bruyante, bigarrée trouble l’atmosphère contemplative rêvée par l’artiste. L’agressivité des dents acérées, des gestes offensifs parlent d’une réalité insoutenable. Quel ordre prévaut dans cette jungle inhumaine ?

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AUTOMATIC
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Caroline VEITH nous transporte au cœur d’un univers « mécanique », peuplé d’êtres affairés, saisis dans l’effervescence d’un monde imprévisible. Dans cette jungle urbaine, chaque être est pris dans une course folle, absurde ou drôle. Pourvu que chacun puisse exister… solitaire ou heurté par les autres, est-ce seulement possible ? Tout flotte sur des plans labyrinthiques où l’artiste tente de dérouler le fil de l’existence, armée de grands calques assemblés. Grand ordre et petit désordre rivalisent. Quelle en sera l’issue ?

Née au Havre en 1958.

En 1982, elle est diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Appliqués et des Métiers d’Art (ENSAAMA).

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GALERIE CLAIRE CORCIA
323, rue Saint-Martin
75003
Paris
Tel : 09 52 06 65 88
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 Lundi-vendredi 11h30-19h / Samedi 14h-19h
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Métro: Arts et Métiers ou Réaumur Sébastopol
Parking St Martin à proximité
A 10 minutes du Centre Georges Pompidou
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