Ça interroge quelque part… Par Nicole Esterolle (critique)

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Ça interroge

quelque part…

Par Nicole Esterolle

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Vous connaissez la formule, qui permet de botter lâchement en touche quand on doit donner son avis sur des œuvres très art contemporain hard : « oui, c’est intéressant, ça interroge, ça questionne, ça interpelle quelque part, ça ne laisse pas indifférent, etc. » car, bien sûr, il serait très mal venu de dire « c’est beau » ou « c’est laid », ou d’invoquer quelque critère d’ordre esthétique, dans un domaine qui n’est pas celui du beau ou du laid, mais de la recherche artistique de pointe.

Ce type de dérobade n’est cependant, et heureusement, pas possible dans le domaine du vin et de la recherche oenologique. On n’imagine pas en effet qu’après avoir gouté, lors d’une manifestation subventionnée de « vin contemporain », un mélange , par exemple, de beaujolais à la moutarde du consortium de Dijon et à la compote d’asticot de Damien Hirst», signé d’un grand viticulteur contemporain international, comme le sont nos grands artistes plasticiens français….Non, vous ne pourriez pas dire « ça questionne quelque part ! » entre deux hoquets. Non, vous vomiriez tout simplement sur le champ.

En art plastique contemporain, on ne vomit pas immédiatement. On ingurgite, on avale…et c’est bien plus tard qu’on mesure les dégâts insidieux , de divers ordres, considérables et irréversibles.

 

Alors, j’ai pensé que c’était au FRAC Rhône Alpes que je pouvais le plus rapidement trouver l’œuvre exemplaire de cette « interrogation du quelque part » qui caractérise les travaux des artistes posturo-duchampiens présents majorité dans les collections FRACs. ( ce FRAC qui est le seul en France à bénéficier de l’appellation « institut d’art contemporain » car il possède un « laboratoire cerveau » et est né d’une fusion avec le « Nouveau Musée » de Villeurbanne qui était une création de Charles Hernu , alors ministre de la Défense Nationale, et par ailleurs célèbre pour son catastrophique happening « Rainbow Warrior » dans les années 80…

Et c’est bien dans un container de ce « Laboratoire espace cerveau » que j’ai trouvé l’œuvre la mieux illustrative du « ça interroge quelque part » : une œuvre du plasticien Richard Venlet dont je vous livre la notice dite explicative, mais qui en fait nous plonge dans une profonde interrogation sur notre propre capacité d’entendement: « Richard Venlet, Sans titre, 2001. Container / Œuvre à l’étude – Ampoule (500W) sur laquelle sont inscrites les dimensions de l’espace d’exposition. Édition de 3. L’œuvre présentée porte le titre générique des œuvres de Richard Venlet, Untitled, sorte de matrice qui souligne l’interrelation de toutes les œuvres de l’artiste. Selon la cohérence de sa démarche, l’artiste s’approprie l’espace d’exposition (ici les mesures du container) et le transpose dans un objet (l’ampoule) et un mode de présentation (la suspension). L’espace réel est ainsi “réfléchi”, projeté, rendu à l’acuité de perception du visiteur, dans un effet de décuplement généré ici par le phénomène lumineux. »

 

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Biographie de Nicole Esterolle
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Nicole Esterolle. Artiste, critique d’art, galeriste ?
peu de gens connaissent l’identité réelle de la personne connue ou non, qui se cache sous ce pseudonyme…
mais ses chroniques irrévérencieuses font fureur sur le web depuis trois ans.

Schtroumpf Emergent

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