Anne Paris – Cindric, et Brankica Zilovic – HISTOIRES DE POINTS / Galerie Laure Roynette (FR)

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Brankica Zilovic,Science des Cartes 05, 2015 – 90 cm x 200 cm, fils et broderie sur papie
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Anne Paris – Cindric LUI IV, 2015 – encre et fil de soie sur papier à grain ,40 x 50 cm
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Anne Paris – Cindric
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Brankica Zilovic
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HISTOIRES DE POINTS
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18 novembre 2016 – 14 janvier 2017
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La Galerie Laure Roynette a le plaisir de vous inviter à l’exposition « Histoires de points », avec Anne Paris – Cindric, et Brankica Zilovic, qui se tiendra du 18 novembre 2016 au 14 janvier 2017.

L’exposition « « Histoires de points » est née de l’envie de réunir le travail de ces deux artistes, qui ont des univers bien personnels et singuliers, mais qui se rencontrent et correspondent, et par leur médium, le fil, et par leurs conceptions créatives. Chez toutes deux, l’amour du textile, du fil et du point est bien présent, et ce longue date. Mais au-delà de ce seul aspect esthétique ou d’apparence, ce qui les rapproche, c’est d’être des femmes qui travaillent avec un matériau certes qualifié de féminin, le fil, mais non pour parler de leur féminité, comme tant d’artistes contemporaines, mais pour se tourner vers le monde, comme Brankica Zilovic, ou vers l’autre sexe, comme Anne Paris- Cindric.

C’est également le côté narratif, figuré de leurs créations, mais sans discours politique, qui leur permet de dialoguer : territoires, planisphères et calligraphies littéraires chez Brankica Zilovic, torses finement tatoués et multiples scénettes inspirées de gravures populaires du moyen-âge ou de tentures en toile de Jouy chez Anne Paris-Cindric.

Pour l’exposition «Histoires de Points» Anne Paris – Cindric et Brankica Zilovic ont choisi de faire cohabiter plusieurs propositions s’articulant autour de deux axes: histoires de cartes, et le corps sociale et intime.

De la même façon qu’Anne Paris Cindric évoque l’homme, Lui, dans des histoires brodées avec tant de minutie et d’ambigüité ornementale, Brankica Zilovic utilise ces mêmes points pour proposer une interprétation métaphorique du monde et de ses obsessions biographiques. La Broderie comme stratégie ultime de reconstruction et de langage assourdi s’impose dans les travaux de ces deux artistes comme évidence d’une charge émotionnelle et de la mémoire dont ils sont porteurs et qu’ils nous transmettent. Les deux artistes, par ces rituels dessinés, brodés, prolifères, nous livrent non seulement une force de medium pleinement assumée mais aussi une vision intime de la complexité de nos histoires collectives.

Brankica Zilovic développe un travail pour lequel le fil apparait de façon récurrente. La broderie et l’ univers du textile se sont progressivement associés à ses pratiques au moyen d’installations, de configurations picturales ou de dessins.

Particulièrement attentive à une biographie à la fois individuelle et collective, en restant notamment marquée par le contexte et l’histoire de la Serbie, elle procède à des actes mémoriels dans lesquels le rapport à l’accumulation, la répétition et l’abnégation lui permettent de laisser émerger des configurations rhizomatiques. Celles-ci arborent une complexité presque neuronale qui en définitive, reflète le monde d’aujourd’hui.

Pour cette exposition Brankica Zilovic nous livre La Pangée, l’installation murale à travers laquelle l’artiste nous propose une vision métaphorique du monde, fragile et brutale à la fois, monde comme un paradoxe, plein de tensions, de désarticulations, de frontières arbitraires et de ses territoires ôtés. Pour Brankica la globalisation ne fait jamais qu’advenir un supercontinent « super fragile », un concept de désintégration, de la dissolution, un concept obsolète.

Avec Peel Planisphère, une fois encore la retranscription paradoxale de la mappemonde se fait admettre. Par une dialectique de « métissage », l’interrogation majeure est portée sur une forme de réconciliation. L’idée de la récupération des peaux synthétiques mène vers une analogie qui la réconforte dans l’idée que le monde est à reconstruire et à réinventer. La carte s’épluche, volontairement pelée et tombant en lambeaux, nous interpellant si peut être tous les concepts cartographiques ne sont pas faux.

Dans le Totem, la composition murale des livres brodées, Brankica Zilovic fait apparaitre la figure du père. Par un choix attentif des livres et d’un dispositif spécifique cet ensemble renvoie vers une lecture totémique. Brankica convoque incontestablement la présence et le lien avec son père mais aussi de son pays, ses croyances, ses superstitions, son deuil et ses convictions intellectuelles. La broderie exécutée de nouveau en « point de réparation » renvoie à un rituel obsessionnel, possessionnel, qui tente de conjurer le déracinement.

Dans la Science des Cartes 05, nous sommes devant une interprétation de la carte sous un aspect psychologique. Il s’agit d’une démarche presque psychothérapique en rapport avec un territoire diasporique. Il semblerait que cette carte tende à renvoyer à la dialectique d’un territoire imaginaire, puisque le réel a échoué. L’artiste relève un état antagoniste d’un migrant (qui n’appartient ni à l’espace précédant ni à l’actuel) qui s’efforce de créer, projeter un espace variable (d’où la tache telle une carte) et ensuite de contrôler en le recouvrant par un réseau de fil pour pouvoir le maîtriser. La fixation en forme de grillage chez Brankica devient un concept quasi scientifique. C’est une structure paradoxale, matérielle, logique et spirituelle à la fois, qui peut être soulève des questionnements liés aux limites, de parcelle et de refuge…

Artiste et enseignante Brankica Zilovic a développé différents projets avec des Musées d’art (Musée de la dentelle Caudry, Musée Français de la carte à jouer), centres d’art contemporains (Cite Saint Sauveur a Rocheservière, Espace d’art contemporain Croix Baragnon à Toulouse), Maison des arts culturels locaux et régionaux en France suivie par des ateliers et des conférences (Maison des arts de Grand Quevilly à Rouen, Maison des arts de Créteil).

Elle a collaborée avec des magazines de mode, agences de publicité, etc. Elle participe à l’exhibition Au-delà de nos rêves au Monastère Royale de Brou en Bourg-en-Bresse présenté par les Monuments Nationaux, Arsenic et belles dentelles, Le fil dans l’art contemporain conçue par l’association Musexpo. Elle participe aux plusieurs salons et festivals d’art contemporains: DRAWING NOW, DDESSIN, Chic Art Fair, SALO, Salon de Montrouge, Novembre à Vitry, Salon de prix Antoine MARIN, Traversée d’Art au Château de Saint-Ouen. Elle a collaborée avec les commissaires d’expositions et critique d’art : Bernard Point, Julien Verhaeghe, Marie Deparis, Nicola M. Taylor, Sandrine Ayrole, Rachel T. Schmid.

Elle enseigne aux Beaux-Arts d’Angers, Parsons Paris The New School Paris et à LISAA. Elle est lauréate de plusieurs prix de peinture et de dessin. Elle est diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris (DNSAP) et de la Faculté des beaux-arts à Belgrade. Elle vit à Paris.

Quant à elle, Anne Paris-Cindric nous présente pour la première fois sa série « LUI », figurant des torses masculins en majesté. Fidèle à sa fascination pour les manifestations du pouvoir et de la force, Anne Paris-Cindric cherche à leur donner corps pour en montrer toutes les apparences. Cette artiste, ancienne élève de l’ENA, pose un regard féminin et orné, où les arts décoratifs ont la part belle, sur des univers à dominante masculine, pour représenter tout un monde, ambigu, à la fois cruel et délicat.

Avec la série « LUI », elle pose un regard ambivalent sur ces torses pleins de force, mais sans visage et comme enchâssés dans un tableau de chasse. Il s’agit de papiers découpés et dessinés, brodés, suturés et assemblés dans de fines boites.

Si les corps sont puissants, la matière est toute en délicatesse.

C’est ici le règne de l’azur de l’encre de chine, qui calligraphie tatouages et mots bleus sur des torses à la fois désirés et redoutés. C’est également celui du papier, au blanc pur, au grain délicat, comme une peau à caresser. C’est aussi le foisonnement des fils de soie rouge qui, tout à la fois, transpercent, assemblent, irriguent comme un réseau sanguin, réparent comme un fil médical de suture et ornent d’une matière précieuse, la soie, ces corps malmenés et chéris en même temps. Après, à chacun de se faire son roman, à la sauce gore ou à l’eau de rose, au fil des multiples petites scénettes qui émaillent et festonnent ces corps adorés, de façon aussi disproportionnée qu’aléatoire.

 


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Galerie Laure Roynette
20, rue de Thorigny
75003 Paris
T. 06 08 63 54 41
La galerie Laure Roynette
est ouverte du mardi au samedi de 14h à 19h
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