Prophet Royal Robertson – Space gospel / Christian Berst art brut (FR)

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Prophet Royal
Robertson
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Space gospel
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Jeudi
27.10.16
18 h à 21 h

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Prophet Royal Robertson (États-Unis 1936-1997) a mis son habileté de peintre d’enseignes au service d’un évangile pop, historié et hystérique, aux couleurs stridentes et aux typographies hallucinées.  Ascensions éthérées, portraits de divinités ou d’aristocrates « martiens », architectures futuristes pareilles à des « maisons témoins » d’un monde à venir, c’est comme si Royal Robertson, tel un Moïse des temps modernes, était descendu de sa planète chargé de ses propres tables de la loi.

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Un catalogue bilingue (FR/EN) de 220 pages, avec un texte de Pierre muylle est publié à cette occasion.

Mardi 8 novembre à 19h30 : la galerie organise une projection de deux films sur Royal Robertson, Make, un documentaire de Scott Ogden et Malcolm Hearn (2009) et Prophet Royal Robertson, de Michael Smith.

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Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles.

Prophet Royal Robertson naît en Louisiane, en 1936. Jeune homme, il migre sur la côte Ouest où il travaille alternativement dans les champs ou comme peintre d’enseignes. Puis, il revient sur ses terres pour y veiller sa mère mourante et pour y épouser, en 1955, Adell, qui lui donnera 11 enfants.

Cette vie paisible, quoique rude, sera progressivement dévastée par la schizophrénie paranoïde dont souffre Royal. Sa jalousie maladive et ses bouffées délirantes finissent par faire éclater toute sa famille et, à mesure qu’il s’enfonce dans sa solitude, le monde lui paraît de plus en plus hostile.

Dès lors, il se mue en prophète sans disciples, se plaçant résolument dans un espace-temps mythique. Son existence, à partir de cette époque, est rythmée par d’incessants allers-retours entre l’intimité de sa maison – dont l’accès est hérissé de mises en garde – et les contrées extraterrestres où il puise sa consolation.

Chacun de ses « voyages » semble donner lieu à une œuvre portée par un souffle eschatologique. Une œuvre gardant constamment la trace des infidélités supposées de sa femme comme une perpétuation du péché originel, mêlées à d’autres imprécations furieuses et à des litanies de péchés irrémissibles.

Royal met son habileté de peintre d’enseignes au service d’un évangile pop, historié et hystérique, aux couleurs stridentes et aux typographies hallucinées. Ses calendriers sont comme la chronique d’un temps magique, ponctuée de versets bibliques et assortie de visions qui paraissent surgies de comics books au service du redressement moral. Ascensions éthérées, portraits de divinités ou d’aristocrates « martiens », architectures futuristes pareilles à des « maisons témoins » d’un monde à venir, c’est comme si Royal Robertson, tel un Moïse des temps modernes, était descendu de sa planète chargé de ses propres tables de la loi.

En quête de rédemption – la nôtre comme la sienne –  Prophet Royal Robertson disparaît en 1997, cinq ans après que l’ouragan Andrew eût emporté son havre de prédication.

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Albert Moser, né en 1928 à Trenton (NJ), est considéré comme autiste. Il a vécu jusqu’à l’âge de 60 ans avec ses parents – des immigrants juifs russes. Dans sa jeunesse – après avoir été envoyé avec l’armée d’occupation américaine au Japon – Albert a exercé quantité de petits métiers : laveur d’avions sur une base militaire, vendeur de bonbons… Mais il s’est toujours imaginé photographe. Notamment après avoir suivi quelques cours de photographie à l’Ecole des Arts industriels dans le cadre des formations allouées aux anciens GI. Expérience à la suite de laquelle il se fera fabriquer un tampon avec la mention “photographer” qu’il apposera au dos de ses clichés, à côté de la description méthodique de ses prises de vue.

À partir des années 1970 et durant plus de 25 ans, il réalise quelques centaines de panoramiques (allant parfois jusqu’à 360°) dont il fait faire des tirages au format amateur (souvent en 10×15) par un photographe de quartier. Puis, il recompose minutieusement ses paysages urbains dans un format linéaire qu’il colle, photo après photo. Il retrouve les jonctions à l’aide de ses ciseaux, et les relie avec du scotch transparent ou « masking tape », ce qui confère à ses assemblages une qualité plastique, une matérialité rares. Ce qui frappe encore, outre l’audace poétique, c’est la volonté délibérée de réinventer, voire tordre la réalité saisie dans son objectif. Le paysage se referme sur lui-même comme sur celui qui regarde, en une sorte de vertige optique qui contraste avec l’amplitude du déploiement propre au panoramique. Albert Moser n’a pourtant jamais cherché à exposer. Il gardait enroulées ses compositions les unes dans les autres, au fond d’un sac, sans jamais les montrer. Il aura fallu, pour les découvrir enfin, un extraordinaire concours de circonstances…

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Christian Berst art brut
klein & berst
3-5, passage des gravilliers
75003 paris
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mardi et samedi de 14 à 19h ou sur RDV
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