José Manuel Egea – Lycanthropos / Christian Berst art brut klein & berst (FR)

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Egea | EGE070 | sans titre | 2016 | stylo bille noir sur impression photographique | 30 x 21 cm
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José
Manuel
Egea
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Lycanthropos
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Du 3 septembre au 15 octobre 2016 
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Vernissage
03.09.16
15h à 22h
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José Manuel Egea, né en 1988 à Madrid, est fasciné depuis son enfance par la figure du lycanthrope, ou loup-garou. Non seulement est-il convaincu d’en être un lui-même, mais il paraît vouloir nous révéler, par ses oeuvres, que ce double monstrueux sommeille chez beaucoup d’entre nous, pour ne pas dire chez tous.

Pour ce faire, il a développé une riche palette de représentations de cet « autre » que chacun recèle : cela va du dessin aux interventions sur des portraits photographiques tirés de magazines ou de livres d’art, en passant par la sculpture et les performances lors desquelles il « joue » sa transformation. Cette créature mythologique est évidemment le symbole d’une trouble dualité, mais elle incarne dans le même temps une grande puissance, mystérieuse, et capable d’exercer un ascendant sur l’homme, de lui inspirer de la peur. Alors quoi de mieux, pour l’exorciser, que de jouer avec cette peur, de vouloir devenir la peur elle-même et se sentir investi de sa force ?

Il n’est pas anodin qu’Egea fasse surgir cette part d’ombre de préférence à partir d’images imprimées sur papier glacé qui n’avaient pour seule vocation que de nous séduire. Il y convoque notre bestialité, faite de silhouettes fuligineuses et menaçantes, d’yeux énucléés, de pilosité triomphante et d’attributs lupins. Et c’est le basculement de l’autre côté du miroir.

Cet iconoclasme peut aller jusqu’à la scission de la page, nette, comme pour accentuer la fracture entre deux mondes ; parfois même, c’est le recouvrement complet de la feuille, d’où l’on devine alors à peine, vaincue dans la noirceur, la beauté factice que ces images nous imposaient.

José Manuel Egea s’adonne à un jeu libérateur puisque, tout en malmenant notre humanité, en s’émancipant de la norme, il nous révèle les grandeurs de l’altérité dans un geste artistique pur et sans retenue.

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José Manuel Egea, born in 1988 in Madrid, has been fascinated with the figure of the lycanthrope, or the werewolf, since his childhood. Not only is he convinced of being one himself, but he seems to want to reveal to us, through his works, that the double monstrosity lies beneath the surface for many of us, if not all of us.

In order to do this, he has developed a rich palette of representations of this “Other” that everyone harbors: from sketches to drawings on photographic portraits taken from magazines or art books, including sculpture and performances during which he “plays out” his transformation. This mythological creature is obviously the symbol of a blurry duality, but it embodies a great power at the same time, mysterious, and capable of exerting an influence on mankind, of inspiring fear in him. So what would be better, to exorcize it, than to play with this fear, to seek to become the fear itself, and to feel invested with its force?

It isn’t insignificant that Egea makes this dark side appear, especially using images printed on glossy paper whose only purpose was to seduce us. He conjures our bestiality there, made of shadowy and menacing silhouettes, enucleated eyes, triumphant hairiness and lupine attributes. And this is the reversal in the other side of the mirror. This iconoclasm can reach the gutter of the page, clear-cut, as if to accentuate the fracture between two worlds; sometimes even, it is the complete covering of the page, through which we can barely see, vanquished in the darkness, the fictitious beauty that these images impose on us.

José Manuel Egea gives himself over to liberating play since, even though he mangles our humanity, by freeing himself from the norm, he reveals the grandeurs of alterity to us in a pure and unrestrained artistic gesture.

 

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Christian Berst art brut
klein & berst
3-5, passage des gravilliers
75003 paris
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mardi et samedi de 14 à 19h ou sur RDV
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