Hustler White de Bruce LaBruce et Rick Castro / Galerie Le Braque (FR)

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Hustler White
de Bruce LaBruce
et Rick Castro 
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Mardi 31 mai
à partir de 19h
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Vernissage à 19h
Photos inédites Projection de Hustler White
à 21h 22h30 à 1h
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Mix by Gwenael Billaud : Queer & Destroy // Electro Clash Post Modern

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Gwenaël Billaud, Jérôme Nivet-Carzon, la Galerie Bertrand Grimont et Alisa Phommahaxay ont l’honneur de présenter une projection exceptionnelle de Hustler White (1996), film culte de Bruce LaBruce et Rick Castro avec Tony Ward.

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Hustler White raconte un coup de foudre. Un écrivain, Jürgen Anger (LaBruce en personne) débarque à Los Angeles, dictaphone aux lèvres avec l’intention de consigner à chaud ses impressions sur la ville à haute densité mythologique. Dans ses pérégrinations, bavassant sur tout ce qui bouge avec un aplomb d’impeccable idiote, il tombe en arrêt sur la silhouette d’un tapin latino, Monti Ward (le top model Tony Ward) qui vient juste de rouler sur le pied d’un collègue à bord d’une bagnole volée. Jurgen, plus libellule fébrile que de raison, se jette ventre à terre sur le tee-shirt (sale) délaissé par Monti dans sa fuite et n’aura de cesse dès lors de remettre le grappin sur son pulpeux propriétaire. Ce qui s’avère ne pas être si simple sous les arcanes du film où, attention!, un giton peut en cacher un autre. Cette idylle n’est pas un simple prétexte pour déclencher la montée en puissance sexy du film, elle fonctionne plutôt comme un ligne mélodique continue, une sorte de vibration lyrique, contrariée ou prolongée par des motifs adjacents, plus ou moins hard, plus ou moins sophistiqués. Ainsi, discrètement mélancolique, Hustler White divague: yodle country homo, séance de lacération au rasoir, blondinet sursodomisé à dix, séance de ramonage au pied-bot (!?), strangulation SM, transvestisme piercé et tatoué, chosification généralisée, le catalogue de l’inversion est parcouru d’un doigt compulsif et les créatures de rêve, arrachées aux pages inoffensives d’Honcho magazine, en basculant dans la réalité, sont aussitôt rattrapées par d’autres phantasmes et tombent tête la première, dans la volupté ou la douleur, comme crevant les planchers successifs d’un gigantesque bordel.

Esthétiquement, Bruce LaBruce et Rick Castro, avec les moyens du bord, pratiquent un cinéma d’une grande richesse formelle, habité par une joie de filmer qui ne se rencontre plus si fréquemment sous les latitudes outre-Atlantique. Empruntant avec une même désinvolture aux expérimentaux (la Factory, Kenneth Anger ») et aux classiques (Sunset Boulevard, Qu’est-il arrivé à Baby Jane? »), ils ont fini, à force de références, d’images collectées, par créer un style éclaboussant. Hustler White avec ses poupées gonflables vivantes, ses compositions de nus harnachés, ses colifichets, ses breloques trash et les cheveux teints de son héros énamouré passera peut-être pour un film de ghetto. Un film en tout cas qui semble vouloir, par les seules armes de la frivolité combative, tenir le sida en respect et hors champs. Alors non, Hustler White n’appartient à aucun ghetto, c’est, au plus près de son horizon rêveur (la vie est un long porno tranquille) une épatante utopie. Texte de Didier Péron pour Libération, 3 septembre 1997

Beer and Wine 4 euros // Champagne 7 euros

 

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Galerie Le Braque
11 rue de Braque
75003 Paris
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