« Rebranding Floes » group show / Galerie Jérôme Pauchant (FR)

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Dorian Gaudin, still from Prime Time

© Dorian Gaudin. Courtesy Nathalie Karg Gallery, New York & Galerie Jérôme Pauchant, Paris.

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Rebranding
Floes 
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4 juin – 23 Juillet 2016
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Vernissage
04.06.16 
16h – 21h
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Dans un futur distant où le temps est devenu circulaire, une machine produit des artefacts. Les scientifiques qui ont construit ce mécanisme ont envisagé un dispositif qui puisse recréer les océans. Mais l’expérience échoua.

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Incapable de reproduire la mer, ce nouvel instrument en garde le seul mouvement et grâce à des bras mécaniques, il rythme le temps et produit des formes autonomes, des échos d’éléments d’un quotidien disparu.

La plupart de ces formes s’expriment uniquement à travers des bulles. Chacune de ces bulles présente un environnement familier : au centre, la maquette d’une machine en action produit des artefacts. Ils déclinent les différentes possibilités du monde s’il n’était pas devenu tel que nous le voyons.

La galerie Jérôme Pauchant présente Rebranding Floes , une exposition collective qui réunit les œuvres, pour la plupart inédites, de six artistes d’horizons divers.

S’appuyant notamment sur la puissance du récit et sur la science-fiction, cette exposition (dont le titre en français signifie « repenser la banquise ») propose un déplacement du regard, un changement de perspective sur les transformations possibles d’un monde en danger.

Les œuvres présentées dialoguent dans l’espace et fonctionnent comme des reflets d’éléments de notre quotidien qui semblent avoir « déjà vécu », confrontent l’éphémérité des œuvres à celle de notre environnement. La galerie nous offre ainsi un nouveau paysage où les frontières entre le dedans et le dehors, le luxe et la nécessité, le passé lointain et les lois de l’évolution, sont perturbées.

Élément central de l’exposition, Aging Beauty de Dorian Gaudin nous plonge dans une temporalité suspendue. L’artiste s’intéresse à la manière dont l’expérience visuelle peut s’étendre aux machines pour créer des nouvelles formes en quête de fonction. Entre élément de décor et ruine romantique, ce mécanisme rend perceptible le bruit du temps qui passe et questionne notre rapport à la contemplation. A l’opposé, les Phylactères de Justin Meekel cristallisent un instant et le transforment en objet. Résultat d’une recherche autour de l’abstraction du langage, ces « œuvres-bulle » rendent tangible le moment précis où la forme et le sens se fusionnent.

L’espace de la galerie devient ainsi un lieu activé par la recherche de syntaxes et de langues inédites, gageant que les possibilités futures d’existence seront conditionnées par des modes alternatifs d’expression et de représentation.

Le dessin se substitue à la parole dans les titres des assemblages de Mathieu Haberard. Ses sculptures nous laissent entrevoir un agglomérat d’objets et de références dont chacun peut s’approprier afin de créer sa propre narration. Les toiles de Robert Janitz deviennent le point de rencontre entre geste, trace et références autobiographiques : des membranes de mémoire où la négation de l’image devient source de création d’un nouveau langage à décoder. Nous retrouvons l’idée d’effacement et de propagation dans le travail de Brendan Anton Jaks, qui imagine des œuvres à la limite entre fossiles industriels et maquettes d’anticipation d’un futur dystopique. Son travail résonne avec les sculptures d’Hadrien Gérenton nourries, à leur tour, d’interrogations métaphysiques teintées d’humour. L’artiste imagine un totem à échelle humaine qui rappelle à l’homme sa dimension et des plantes apprivoisées qui semblent être prêtes à se déplacer dans l’espace, à la recherche d’oxygène.

Jouant sur la complexité et les relations entre présentation et représentation, échec et fonctionnalité, original et copie, ces artistes questionnent nos manières d’habiter l’environnement, pour le repenser.

 

Texte/text: Martina SABBADINI

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Dorian GAUDIN
Hadrien GERENTON
Matthieu HABERARD
Brendan Anton JAKS
Robert JANITZ 
Justin MEEKEL
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Dorian GAUDIN (1986-FR)

Dorian Gaudin, artiste basé à New-York, réalise principalement des installations, des sculptures, et des oeuvres vidéos. L’artiste produit des machines d’apparence artisanales invraisemblables, voire ubuesques, comme « Aging Beauty », n’ayant aucune autre fonction que de produire un paysage par le mouvement d’une dizaine de rondins de bois entraînés par un mécanisme simple. Initialement conçue pour l’exposition de groupe C’est la vie ? commissariée par Neil Beloufa à Occidental Temporary, Ivry en 2015, cette oeuvre est réactivée à la galerie pour l’exposition Rebranding Floes. Kate Sutton définit ainsi son travail : « A la fois sculpteur et ingénieur amateur, Gaudin fabrique des machines qui sont finalement des espaces de résistance et de lâcher-prise, puisqu’elles sont des solutions esthétiques aux problèmes mécaniques qu’il met lui-même en place. (…) Ses engins sont conçus pour fonctionner même si la logique de leur fonction ultime n’en est pas moins obscure. »

Les oeuvres de Dorian Gaudin ont été présentées chez C.L.E.A.R.I.N.G, Bruxelles et New York ; au Centre d’Arts DUMBO à Brooklyn, New-York; au Palais de Tokyo à Paris ainsi qu’à Zurich dans le cadre de Manifesta 11 (Palais de Tokyo Hors Les Murs à partir du 11 juin 2016). Sa première exposition personnelle a eu lieu à la Galerie Nathalie Karg (New York) en février-mars 2016.

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Hadrien GERENT ON (1987-FR )

Créer des objets est une façon de générer de nouvelles situations en mettant en place des codifications fantasmées. Des assemblages plus ou moins empiriques emmènent les sculptures vers quelque chose qui s’aparente à un objet bizarre, où les frontières entre présentation et représentation, original et copie, réel et virtuel sont floutées. Les formes qu’Hadrien Gérenton imagine sont autant de manières de fantasmer et de divaguer autour de l’histoire (des formes, des idées…) L’artiste essaye de mettre à profit la notion d’échec contenue dans les objets qu’il cite et manipule vers une nouvelle forme dans l’idée qu’ils seraient figés entre deux états. Il s’agit d’une forme de contradiction qui permet une accelération et une décéleration des choses dans le même temps, un moyen de décaler les balises de ce qu’on admet comme défini et d’en redessiner les contours.

Diplômé de L’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris en 2014 (Ateliers Claude Closky et Michel Francois), actuellement en résidence à De Ateliers, Amsterdam, Hadrien Gérenton a exposé son travail au Salon de Montrouge 2016, à la Friche belle de Mai (Marseille), à l’Espace culturel Louis Vuitton (Paris) ainsi qu’au Palais des Beaux-Arts (Paris) et au Carré Sainte- Anne (Montpellier).

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Matthieu HABERARD (1991-FR )

Le travail de Matthieu Haberard puise dans le registre des grossistes, des halles pour produire de curieux étalages à cheval entre la sculpture et l’objet utilitaire. L’hétérogénéité de l’assemblage des pièces forme un agglomérat d’objets laissés en jachère, ou jusqu’alors destitués de leur fonction, qui reprennent vie dans l’expérience de la désillusion. L’ambiguïté s’installe pourtant… En eaux troubles, les objets deviennent les avatars d’étals marchands dont les grillages forment les ligaments des jarres derrière lesquelles se trouve un univers éclaté. Les objets se dissolvent, corrompus dans leurs formes et opèrent une étrange spéculation. Dans un conglomérat de données, des figures hybrides sont recouvertes de matières visqueuses séchées et ne conservent que les fibres nerveuses d’une réalité en décomposition. S’inspirant de la narration poétique des temps pris en pitié par la nature, Haberard porte un regard sur l’étendue d’un monde post-industriel. (Marianne Robin)

Matthieu Haberard a participé à diverses expositions de groupe en 2015 dont DOC , Le Doc, Paris, commissariat Jo-ey Tang, C’est la vie ? , Occidental Temporary, Ivry, commissariat Neil Beloufa, B: we can extend the size of your title, De La Charge, Bruxelles, commissariat Michel François, ainsi que dans l’exposition Beau Lauss chez Last Resort Gallery, Copenhague en 2016.

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Brendan Anton JAKS (1983 -USA )

Brendan Anton Jaks est un jeune artiste américain qui vit et travaille à Amsterdam et s’intéresse principalement la sculpture, les assemblages et les installations. Son oeuvre explore la complexité de la formation de l’identité de chacun, alors que les subcultures vernaculaires, de plus en plus homogènes, se propagent librement à travers les différents réseaux sociaux à l’ère du numérique.

Jaks a étudié les Beaux-Arts à la Gerrit Rietveld Academie et vient de terminer une résidence à De Ateliers, Amsterdam. Parmi ses expositions récentes, on note Untitled (Two Takes on a Crisis) au De Appel Arts Centre, Amsterdam, Potlach chez De Ateliers, Amsterdam, The Beauty Commission au Stedelijk Museum, Amsterdam et Who Controls the Smoke Controls the Mirrors à la Gallery Fons Welters, Amsterdam.

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Robert JANITZ (1962-DE)

Dans le travail de Robert Janitz, les surfaces sont des membranes de mémoire et de symbolique. L’artiste fabrique sa peinture en utilisant de la cire, de la farine et diverses huiles, lui permettant de l’utiliser principalement sur de larges toiles pour créer des volumes et les étendre à une vaste masse sculpturale. Les épais coups de pinceau, les palettes de couleurs restreintes et les formes simples offrent une impression d’espace ouvert immersif dont le sujet est la peinture même et, de manière plus importante, leur simple picturalité. Les brossés sont des mouvements qui n’existent pas en tant que figure ou objet, ils sont strictement le geste de leur propre mouvement. Nous sommes appelés à prendre conscience de la surface considérée comme transparente, là où les gestes de peinture obscurcissent le plan de l’image dans le but de le révéler. Les titres des tableaux établissent des points de départ situationnels, qui se détachent encore de la narration de l’image propre. Janitz utilise les mots comme des formes, qui font référence à une forme intermédiaire, des pensées aux situations, des liens à l’inspiration.

Robert Janitz est né en 1962 en Allemagne et a vécu et travaillé de nombreuses années à Paris avant de s’installer à New York. Son travail a été montré lors d’expositions monographiques au niveau international, notamment chez Team Gallery, New York et Meyer Riegger, Berlin/Karlsruhe qui le représentent ainsi que chez C.L.E.A.R.I.N.G, Bruxelles/New York ou encore au centre d’art Domaine de Kerguehennec. Robert Janitz a également participé à de nombreuses expositions collectives, notamment chez Gallery Lisson à Londres, Halsey McKay et 303 Gallery à New York, ou encore au Centro Cultural Borges, Buenos Aires.

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Justin MEEKEL (1986-FR)

La forme apparaît spontanément, sans vraiment être choisie en amont, et son achèvement n’est pas le but du travail de Justin Meekel. Il assume d’ailleurs bien souvent ne pas en avoir la paternité directe, ce sont des formes qui viennent d’ailleurs. L’artiste intègre des pratiques issues de l’art populaire, du folklore ou plus largement de la société, détournées de leurs fonctions initiales : l’ordonnance de son médecin ( Testament ), un clip de rap ( Validée ), des dessinateurs de rue ( Guess who ), le Staten Island Ferry ( Dompanach ) et tente de leur attribuer une nouvelle destination poétique.

La série Phylactère est le fruit d’une recherche formelle autour de l’abstraction du langage, à savoir le moment précis où la forme et le sens se perdent l’un l’autre. Pour ce projet, Justin Meekel a collaboré avec plusieurs faiseurs de bulles professionnels et a créé un répertoire de formes abstraites. En reprenant ici la fonction originelle du phylactère (ancètre de la bulle de BD signifiant à l’origine « ce qui sert à garder ») il produit des espaces de paroles, tout en les laissant vides, vierges de sens. Il tente par là de donner la parole au réel, d’établir un dialogue abstrait avec lui. Les bulles parlent de leur environnement, du lieu où elles sont formées et deviennent ainsi des amulettes chargées d’histoires. Prêtes à éclater.

Diplômé aux Beaux-Arts de Cergy en 2010, Meekel a exposé notamment à Triangle (Marseille), au CAPC (Bordeaux), à la Salle de Bain (Lyon), à Mains d’Oeuvres (Saint Ouen) et à Treize (Paris). Il est l’un des fondateurs du DOC (Paris).

 

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Galerie Jérôme Pauchant
61 rue Notre Dame de Nazareth
75003 – Paris
+ 33(0)1 83 56 56 49

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Tuesday – Saturday / 11am – 7 pm

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