La Biennale de Montréal a fait l’annonce à Montréal et à New York des artistes faisant partie de son édition 2016 – Le Grand Balcon / (CA)

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Le Grand
Balcon 
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The Grand
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Du 19 octobre 2016
au 15 janvier 2017
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C’est avec un immense plaisir que La Biennale de Montréal annonce les artistes faisant partie de son édition 2016 (BNLMTL 2016), qui se tiendra du 19 octobre 2016 au 15 janvier 2017. Intitulée Le Grand Balcon, BNLMTL 2016 témoigne d’une approche matérialiste et sensualiste. Le projet nous invite à mettre en scène la recherche des plaisirs sensuels – à appeler le plaisir à jouer une fois de plus un rôle déterminant dans la vie quotidienne et la prise de décision politique. Le Grand Balcon mise sur le potentiel libérateur de l’art et nous invite à réexaminer l’(im)possibilité d’une émancipation par le plaisir – et son urgence. L’exposition nous exhorte à mobiliser les pleines capacités du cerveau et du corps et à affirmer le plaisir que nous devons prendre – une politique hédoniste – loin des gratifications faciles de la consommation et de l’indifférence du (simple) savoir.

Le Grand Balcon déploie une exposition présentée dans plusieurs lieux, des publications, et un feu roulant de performances, de concerts, de projections de films, de causeries, de visites guidées, de conférences, de rencontres et d’expériences. Le Grand Balcon est conçu et mis sur pied par le commissaire Philippe Pirotte de concert avec un comité consultatif formé de Corey McCorkle, Aseman Sabet et Kitty Scott, et en étroite collaboration avec Sylvie Fortin, directrice générale et artistique de La Biennale de Montréal.

BNLMTL 2016 est une réalisation de La Biennale de Montréal en coproduction avec le Musée d’art contemporain de Montréal, et avec la participation de 14 autres partenaires locaux.

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NOUVELLES PRODUCTIONS ET COMMANDES D’ŒUVRES

Le Grand Balcon mettra à l’honneur un nombre sans précédent de nouvelles commandes et de coproductions internationales d’oeuvres réalisées par des artistes canadiens et internationaux. Le Grand Balcon présentera en primeur Hemlock Forest, le plus récent film de Moyra Davey, artiste canadienne vivant à New York. Dans ce projet, l’artiste revisite son oeuvre vidéo de 2011, Les Goddesses, poursuivant sonexploration de la maternité, de la perte, de l’épistolaire et de la représentation. En partie tourné à Montréal et mettant en vedettes les soeurs de l’artiste, Hemlock Forest est coproduit avec le Bergen Kunsthall en Norvège.

L’artiste allemande Anne Imhof présentera Angst, une nouvelle production audacieuse qui combine son intérêt pour la performance, le dessin, la sculpture et l’installation avec un élément en direct. Angst est un « opéra » en plusieurs actes, construit selon une chorégraphie de gestes énigmatiques, une composition musicale abstraite et des éléments sculpturaux. L’opéra qui forme la base d’Angst est coproduit par la Kunsthalle de Bâle et la National galerie-Staatliche Museen de Berlin et soutenu par les amis de la Nationalgalerie, en collaboration avec La Biennale de Montréal.

L’artiste montréalaise Celia Perrin Sidarous proposera une nouvelle installation photographique explorant les liens entre photographie (ou film) et formes sculpturales et architecturales. Suivant une logique immédiatement interne et associative, son travail mobilise une forme de regard réfléchie, tout en suggérant des récits latents.

Le Grand Balcon présentera aussi de nouvelles productions des artistes montréalais Valérie Blass, Michael Blum, Walter Scott et Myriam Jacob- Allard. Une anthologie des écrits de l’artiste cairote Hassan Khan sera publiée. D’ambitieux projets sonores de l’artiste new yorkaise Marina Rosenfeld et du Camerounais Em’kal Eyongakpa seront aussi présentés.

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LISTE PRÉLIMINAIRE DES ARTISTES 

La liste complète sera annoncée en septembre 2016.

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Haig Aivazian (Liban); Njideka Akunyili Crosby (Nigéria/États-Unis); Knut Åsdam (Norvège); Eric Baudelaire (France); Thomas Bayrle (Allemagne); Nadia Belerique (Canada); Valérie Blass (Canada); Michael Blum (Israël/Allemagne/ France/ Canada); Shannon Bool (Canada/ Allemagne); Dineo Seshee Bopape (Afrique du sud); Elaine Cameron-Weir (Canada/ États-Unis); Chris Curreri (Canada); Moyra Davey (Canada/États-Unis); Nicole Eisenman (États-Unis); Em’kal Eyongakpa (Cameroun/Pays-Bas); Liao Guohe (Chine); Judith Hopf (Allemagne); Anne Imhof (Allemagne); Luis Jacob (Pérou/Canada); Myriam Jacob-Allard (Canada); Brian Jungen (Canada); Hassan Khan (Égypte); Meiro Koizumi (Japon); Zac Langdon-Pole (Nouvelle-Zélande/ Allemagne); Tanya Lukin Linklater (ÉtatsUnis/Canada); Kerry James Marshall (États-Unis); Corey McCorkle (États-Unis); Nathalie Melikian (Canada/Suède); Joe Namy (États-Unis/Liban); Shahryar Nashat (Suisse/Allemagne); Camille Norment (États-Unis/Norvège); Celia Perrin Sidarous (Canada); PURE FICTION (Allemagne); Lucy Raven (États-Unis); Marina Rosenfeld (États-Unis); Ben Schumacher (Canada/ États-Unis); Walter Scott (Canada); Benjamin Seror (France/Belgique); Frances Stark (États-Unis); Luke Willis Thompson (Nouvelle-Zélande/Royaume- Uni); David Gheron Tretiakoff (France/ Belgique); Luc Tuymans (Belgique); Jacob Wren (Canada); Haegue Yang (Allemagne/ Corée du sud); Xu Zhen (Chine)

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LE GRAND BALCON: UNE BIENNALE D’EXPÉRIMENTATION

« Nous sommes enchantés et honorés d’avoir le privilège de travailler avec les formidables artistes sélectionnés par le commissaire Philippe Pirotte, dont l’énergie, la générosité, l’engagement et l’audace ont donné au projet une direction originale passionnante», déclare Sylvie Fortin. « Cet événement international à caractère expérimental et évolutif constitue une tribune d’intérêt pour les artistes, car il souscrit à leur vision et à leurs projets tout en les connectant à une communauté montréalaise reconnue pour son engagement et sa curiosité. Nous sommes très fiers d’offrir à notre public grandissant un projet mémorable, où la diversité de la pratique artistique contemporaine s’exprime pleinement. »

« La conception de cette Biennale, au cours de la dernière année, a été un projet enlevant, tout comme l’opportunité qui m’a été offerte de voyager à travers le Canada pour mieux connaître les enjeux des artistes et ceux de leurs communautés à Montréal, Toronto, Winnipeg et Vancouver, » affirme Pirotte. « Le projet est toujours résolument en développement, tel qu’une Biennale devrait l’être. Avec un si grand nombre de nouvelles productions d’artistes oeuvrant dans des contextes si diversifiés, de Montréal au Caire, en passant par Chicago et Beyrouth, Le Grand Balcon sera effectivement en développement jusqu’à l’ouverture officielle. C’est fantastique de travailler avec un organisme dévoué à une telle expérimentation, et de bénéficier des connaissances et de la générosité de collègues à Montréal et à travers le monde. »

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UNE CONSTELLATION

Fort du succès de l’édition 2014 de La Biennale de Montréal, Le Grand Balcon réaffirme ses ambitions et intensifie les efforts de collaboration. « Le partenariat novateur entre La Biennale de Montréal et le Musée d’art contemporain de Montréal, une collaboration entre deux institutions montréalaises de premier plan initiée en 2013, constitue une base solide pour concevoir un événement d’importance internationale qui reflète l’évolution, la diversité et le dynamisme de la communauté artistique montréalaise, » souligne Fortin. « Grâce à cette association fructueuse et au précieux apport d’autres partenaires locaux, La Biennale de Montréal peut espérer accroître la notoriété de Montréal et de ses communautés artistiques tout en contribuant activement à la redéfinition pressante du rôle des biennales d’art contemporain, qui deviennent à nouveau critiques et expérimentales. En bout de ligne, tout repose sur la vision artistique et sur notre capacité d’imaginer et de donner de nouvelles formes aux relations entre artistes, contexte et publics. »

Selon le directeur général et conservateur en chef du Musée d’art contemporain de Montréal (MAC), John Zeppetelli, « Il est stimulant d’assister à l’élaboration d’un projet de commissariat comme Le Grand Balcon et je suis extrêmement impressionné par la direction artistique de Philippe Pirotte et par la portée et la diversité des choix qui sont annoncés aujourd’hui. Le MAC est d’ailleurs très heureux d’oeuvrer en partenariat avec l’équipe de la Biennale et je suis convaincu qu’ensemble nous proposerons aux Montréalais et aux visiteurs un véritable instantané de l’art le plus actuel qui se fait en ce moment. Avec Le Grand Balcon, je suis persuadé que BNLMTL se positionnera sur l’échiquier international parmi les grandes biennales du monde. »

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LE GRAND BALCON EN CHIFFRES

75 jours 45+ artistes et collectifs (liste préliminaire)

16 artistes canadiens (incluant 8 du Québec)

35 nouvelles productions

23 pays (Afrique du sud, Allemagne, Belgique, Cameroun, Canada, Chine, Corée du sud, Égypte, États-Unis, France, Iran, Israël, Japon, Liban, Nigéria, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Pérou, Royaume-Uni, Suède, Suisse et Turquie)

15+ sites et collaborations locales

10 co-productions internationales 4 publications

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PROGRAMME DE LA SEMAINE D’OUVERTURE

Journées d’ouverture : 18 – 21 octobre

Pré-ouverture / médias et aux professionnels : 18 octobre

Vernissage public : 19 octobre

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Le Grand Balcon : Introduction

Le Grand Balcon s’inspire librement de la pièce Le Balcon, de Jean Genet, qui fait de cette plateforme un espace de contestation entre la révolution et la contrerévolution, la réalité et l’illusion. Figure récurrente de l’écriture de Genet, le balcon est un lieu de gestes pervers où la représentation même peut être perversement troublée.

Pour Genet (et pour de nombreux autres artistes, dont Shakespeare) le balcon est aussi un topos de la galanterie amoureuse : un cadre privilégié mais ambigu qui rapproche les tourtereaux tout en les tenant à distance. C’est un dispositif du désir et un espace théâtral qui articule la relation complexe entre le dedans et le dehors, le haut et le bas. Le balcon est également assujetti à un régime particulier de visibilité, où une personne peut se mettre en scène de façon dramatique et afficher à la fois pouvoir et vulnérabilité.

Dans la pièce de Genet, le Grand Balcon est un lupanar. C’est aussi un microcosme férocement ironique de la classe dirigeante assiégée par les forces révolutionnaires aux abois. À son tour, l’exposition Le Grand Balcon adopte l’intérêt de Genet pour la métathéâtralité et les jeux de rôles en déployant des expériences parallèlement à des « objets » qui refusent souvent de se révéler comme des vérités. En tant qu’exposition, Le Grand Balcon vise à générer des expériences qui ouvrent un espace mental permettant de repenser certaines de nos questions les plus pressantes – nos pratiques écologiques désastreuses, la dématérialisation croissante de l’économie et l’évolution vers une communauté prophétique mondiale autodestructrice.

Les oeuvres choisies pour Le Grand Balcon dénotent une préférence pour des « images » d’une profonde résonance historique qui nous ancrent matériellement et sensoriellement dans le moment présent. L’exposition nous invite ainsi à réexaminer notre poursuite d’activités sensuelles : les plaisirs profondément ressentis. Peuton développer une politique hédoniste ? Un hédonisme éthique ? Un utilitarisme joyeux et une esthétique du matérialisme sensuel qui mobilisent les pleines capacités du cerveau et du corps face à l’indifférence du (simple) savoir ?

Le Grand Balcon enrôle aussi le fameux Marquis de Sade, qui ajoute le droit au plaisir au canon des droits de la personne. Son apologie du plaisir dévoile les paradoxes du principe bourgeois de l’égalité formelle, car elle met en évidence le fait que le fantasme rejette catégoriquement l’universalisation. Le fantasme est la façon suprêmement individuelle dont chacun structure sa relation « impossible » au concret.

Notre exposition vise quelque chose de plutôt radical : développer un espace indocile et récalcitrant qui donne forme à une esthétique de la résistance à la violence de la quantification et de la catégorisation, ainsi qu’à la violence de la dénomination et du contrôle. En recourant à une approche matérialiste et sensualiste, et en misant sur le potentiel libérateur de l’art, cette exposition nous invite à réexaminer l’(im)possibilité d’une émancipation par le plaisir – et son urgence. Elle nous exhorte à affirmer le plaisir que nous devons prendre – une politique hédoniste – loin des gratifications faciles de la consommation. Elle nous invite à mettre en scène la recherche des plaisirs sensuels et à appeler le plaisir à jouer une fois de plus un rôle déterminant dans la vie quotidienne et la prise de décision politique.

Selon la tradition de Genet et de Sade, Le Grand Balcon sera à la fois enjoué et fataliste dans sa présentation de pièces, de corridors et de balcons où les choses peuvent – de façon très créative, constructive, jouissive – se mettre à déraper.

-Philippe Pirotte, commissaire, Le Grand Balcon

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Philippe Pirotte Commissaire

Philippe Pirotte (né en 1972, en Belgique) est historien de l’art, commissaire, critique et directeur de la Staatliche Hochschule für Bildende Künste Städelschule et de Portikus, des lieux majeurs consacrés à l’art contemporain en Allemagne et au-delà de ses frontières. M. Pirotte a été l’un des directeurs fondateurs du centre d’art contemporain objectif_exhibitions à Anvers, en Belgique. De 2005 à 2011, il a été directeur de la Kunsthalle Bern, en Suisse, institution de réputation internationale où il a monté des expositions individuelles d’artistes comme Anne-Mie Van Kerckhoven, Owen Land, Oscar Tuazon, Jutta Koether, Allan Kaprow et Corey McCorkle. De 2004 à 2013, M. Pirotte a occupé le poste de conseiller principal de la Rijksakademie pour les arts plastiques à Amsterdam. En 2012, il est devenu conservateur principal adjoint du UC Berkeley Art Museum and Pacific Film Archive. Il a également agi comme conseiller à la direction de programmes du Sifang Art Museum à Nanjing et il est conseiller à la Kadist Art Foundation (Paris/San Francisco).

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Sylvie Fortin Directrice générale et artistique La Biennale de Montréal

Directrice générale et artistique de La Biennale de Montréal depuis septembre 2013, Sylvie Fortin oeuvre depuis 20 ans à titre de commissaire, critique, éditrice et gestionnaire d’organismes artistiques. À titre de rédactrice en chef (2004-2007) et directrice générale/rédactrice (2007-2012) de ART PAPERS, un bimensuel en art contemporain publié à Atlanta, elle a su transformer cette revue de publication régionale en une référence internationale. Elle a été conservatrice de l’art contemporain à l’Agnes Etherington Art Centre à l’Université Queen’s (2013), commissaire de Manif 5 – la Biennale de Québec (2010), conservatrice de l’art contemporain à la Galerie d’art d’Ottawa (1996-2001), coordonnatrice à la programmation à la Chambre Blanche, Québec (1991-1994), et collaboratrice à long terme d’OBORO, Montréal (1994- 2001). Ses textes sont régulièrement publiés dans divers catalogues, anthologies et revues.

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