Katinka Lampe – Slash / Galerie Les filles du calvaire (FR)

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Katinka Lampe / 6065155, 2015
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Katinka Lampe
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Slash
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Du 18/03/2016 au 30/04/2016
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Katinka Lampe, artiste néerlandaise, poursuit une carrière jalonnée de nombreuses expositions et ensembles picturaux qui associent une surprenante contemporanéité, de par son style et ses sujets, à une filiation avec l’histoire de la peinture et le genre du portrait – dont la scène hollandaise contemporaine englobe plusieurs de ses dignes représentants tant en peinture qu’en photographie.

 

En 2014, elle a présenté une exceptionnelle exposition au célèbre Musée Van Loon d’Amsterdam. Celui-ci abrite un ensemble historique de portraits familiaux courant sur plusieurs siècles dont les descendants qui, en sont toujours les propriétaires et les mécènes, sont très actifs dans le champ de l’art contemporain auquel ils dédient des expositions temporaires. Ils ont souhaité cette fois-ci aller plus loin en prolongeant la collection de portraits par un grand ensemble commandé à Katinka Lampe. Elle s’y est consacrée pendant plus de deux ans. Lors de l’exposition, l’artiste a intégralement re-scénographié le musée en mettant en miroir ses portraits avec ceux de la collection, exposés dans les pièces d’habitation de cette grande demeure bourgeoise du XVIIème – muséographiées avec leur mobilier et leur décor d’époque XVIIIème. Cette exposition a suscité plus de 35 000 visites et un succès retentissant trouvant une véritable résonnance tant auprès des amateurs d’art ancien que d’art contemporain. Pour autant, les portraits de Katinka Lampe de la famille van Loon sont résolument contemporains puisqu’ils représentent principalement, comme souvent dans son art, des jeunes personnes accoutrées avec habits et accessoires, tenant plus du fantasme et de la mascarade que du hiératisme protestant des portraits anciens.

La nouvelle exposition à la galerie Les filles du calvaire et son solo show, présenté en écho au Grand Palais, pour ART Paris, Katinka Lampe va à nouveau bousculer l’art du portrait en créant deux nouveaux corpus. Le solo show est présenté telle une série et s’inspire aussi bien de portraits classiques que d’images de mode ou cinématographiques. L’ensemble est conçu comme une scène de théâtre d’où surgissent des icônes maniéristes, dont les accessoires (masques, collants ou voiles) font le lien avec la vie quotidienne contemporaine. L’atmosphère qui s’en dégage est teintée de réminiscences surréalistes tandis que certains décalages stylistiques ne sont pas sans rappeler le fantasque d’une certain culture chic et rock anglo-saxonne à l’image de l’ambiguïté punk d’Alexander Mc Queen.

Pour la galerie, l’accrochage, différent, est plus solennel car il se désire comme un espace de silence et de contemplation en regard de cette période troublée. La peintre nous livre ainsi une galerie de portraits, extrêmement raffinés tant dans la ciselure du trait, que dans les tonalités des corps, subtiles et minimales, qui résonnent avec des fonds contrastés. Ces tableaux à la densité élégante rappellent ainsi, tel un hommage néo-gothique, la profondeur de l’art et de la culture flamande et hollandaise de l’artiste. De cette manière sobre et empathique, cette néerlandaise souhaite évoquer le silence et procurer au spectateur une infime quiétude visuelle et un apaisement spirituel. Et à travers ce remarquable corpus, l’artiste explore un espace-temps qui permet à sa peinture de rejoindre celle de l’Histoire… Pour un instant seulement.

Christine Ollier

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Galerie Les filles du calvaire

‏ 17 rue des Filles-du-Calvaire

75003 Paris

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