Un flagrant déni de la réalité toxique des FRAC Par Nicole Esterolle

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Un flagrant déni
de la réalité toxique
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Par Nicole Esterolle
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Voici un texte de Bernard de Faubournet de Montferrant, particulièrement poussif et laborieux, mais que le Monde a cru bon de publier récemment, pour vanter les mérites des FRACs et les soutenir en ce moment de profonde crise existentielle pour eux….
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Mr de Montferrant (photo jointe), ex- ambassadeur de France en Allemagne, est président du FRAC – Aquitaine et président de cette association des directeurs de FRAC, appelée « Plateform »… un réseau de plus parmi l’Inextricable enchevêtrement des autres réseaux constituant l’appareil « art contemporain » en France… un lobby de plus pour soutenir le moral d’une corporation en perte de repères et de légitimité, « au bord de la crise de nerfs », qui en a en effet de moins en moins de moral, ainsi que d’énergie pour défendre l’indéfendable ineptie globale que sont les FRACs et nier leur malfaisance d’ordre structurel envers l’art et 95% des artistes.(Je vous joins aussi la photo d’une des acquisitions 2015 du FRAC Aquitaine œuvre de Katinka Bock, déjà lauréate du Prix du Pastis Ricard)

Ce texte d’une ignorance distinguée autant que d’une pétillante niaiserie de classe internationale, publié par le bien-pensant journal Le Monde est l’expression de cette bien-jactance du politiquement correct en vigueur dans l’appareil étatique de type totalitaire pour l’administration et l’éradication de l’art de ce pays…C’est un modèle du genre dans l’enfilage de tous les poncifs du déni des réalités, dont sont coutumiers dans d’autres domaines aussi, le Monde, Libé, l’Obs et le indéckotuptibles (Le Monde a refusé de publier le droit de réponse à Mr Montferrant que lui avait envoyé Aude de Kerros…c’est dire le degré « d’ouverture » de ce journal)

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Je vous livre ici ce texte de Mr de Montferrant… assorti de mes commentaires en italique.

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« Peut-on comprendre le monde dans lequel nous vivons sans s’intéresser à l’art et aux artistes d’aujourd’hui ? (mais, cher Monsieur, vous ne comprendrez rien au monde si vous ne vous intéressez qu’à l’art des FRACs , parce que celui-ci n’est pas représentatif des artistes d’aujourd’hui, mais qu’il est seulement le symptôme d’une pourriture passagère des systèmes de reconnaissance français, de la même nature que celle qui existait en Russie soviétique) A la veille des élections régionales, la question mérite d’être posée.( A cause bien sûr du risque apporté par ces élections, de réactivation de cette « bête immonde » qui, comme chacun sait, n’aime pas l’art contemporain et va détruire les FRACs de toutes les régions où elle sera majoritaire en élus)

Jusqu’ici, toutes les régions, chacune avec leur propre sensibilité, et malgré les alternances politiques, ont considéré qu’il était essentiel de rendre accessible au plus grand nombre, non seulement les grandes œuvres du passé mais aussi la création d’aujourd’hui (« la création d’aujourd’hui », c’est-à-dire celle reconnue par ses « inspecteurs » comme conforme au label « contemporain » officiel). Elles ont mis les Fonds régionaux d’art contemporain (FRAC) au cœur de cette volonté de démocratisation et de soutien aux créateurs.(autrement dit : cette volonté d’imposer l’idéologie esthétique des classes supérieures aux classes exploitées…et volonté de soutenir les créateurs conformes à cette norme officielle).

L’Etat de son côté, dans la loi pour la liberté de la création, veut consolider leur position dans le paysage français en créant pour eux un label (le label « contemporain » résultant du détournement ou du hold-up sémantique du mot). Car les FRAC assurent une mission de service public. Ils ont constitué en trente ans des collections reconnues dans le monde entier (le monde entier s’en fout, quand il ne trouve pas ça ridicule et prétentieux ou même dénonce les méfaits de ce dirigisme d’Etat), qu’ils mettent à disposition des publics les plus variés : écoles, services sociaux, entreprises, hôpitaux, associations de toutes nature et bien sur musées en région.(Oui, on y emmène de force le « public captif » constitué par les enfants des écoles et des collèges, les vieillards des maisons de retraite, les gens emprisonnés, etc…quant aux musées il ont déjà leur réserves pleines de choses aussi ineptes et contondantes que celles des FRACs)

Le regroupement des régions ne change pas cette mission (oui, mais le problème à résoudre est que cela va faire 22 FRACs pour 14 régions…!).

Les FRAC vont utiliser cette occasion pour engager un renouveau de leur action. Ils vont proposer un plan triennal pour intensifier encore la diffusion de leurs collections qui sont déjà les plus montrées de France, pour développer leur travail en réseau – entre eux mais aussi avec tous les autres acteurs dans les régions -, pour s’engager dans le monde digital et pour enfin donner un nouvel élan à la médiation et à l’éducation artistique qui est leur domaine d’excellence. ( autrement dit, pour à la fois compenser l’absence d’objet de l’ « action » et parachever la fuite du public, on va épaissir le réseautage en tous sens et dans tous les circuits institutionnels et « digitaux »…et cela nous rappellera les plans quinquennaux des plus belles années du soviétisme).

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En 2016, ils organiseront une grande journée nationale des FRAC, pour faire connaître encore mieux leurs actions…

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(Au secours !… on a déjà les journées nationales de la chips, du fromage, des immeubles en fête, des gauchers, des bénévoles, des épileptiques, de l’herpès, du boudin blanc…alors non, pitié, on sature, épargnez-nous cette journée supplémentaire de l’installation de parpaings, de bouts de bois, de chaises écrasées et de tas de charbon !)

Pour réussir demain, il faudra préserver la diversité de ces institutions afin qu’elles restent proches de leurs publics et de leurs partenaires les plus divers (diversité dans l’absolue similitude et proximité avec un public aussi lointain qu’ inexistant). La diminution du nombre des régions n’entraîne pas la diminution du nombre des lycées.( Là, je ne comprends pas bien l’argument…car autant que je sache, les lycées ne sont pas dits « régionaux ») Si l’on veut continuer à irriguer tous les territoires, la même règle vaut pour les FRAC. (Ah bon ! mais peut-on imaginer qu’il y ait des FRACs dissidents ou désobéissants, qui n’irriguent pas comme il faut ?)

Cela exige naturellement que dans les nouvelles régions ils coopèrent pour faire plus ensemble qu’ils ne faisaient séparément.( soutien, connivence, solidarité, l’union fait la force devant l’adversité et face au hordes d’immondes réactionnaires qui nous menacent…)

Il faut enfin que les FRAC restent des structures légères, donc réactives et peu coûteuses. Rappelons qu’ aujourd’hui, en moyenne, leurs budgets sont d’un million d’euros et leurs équipes de dix personnes.( Un million …Certes, cela fait de l’emploi pour 10 personnes, mais calculons à combien d’euros revient le visiteur ?)

Comment rendre cette politique culturelle plus vivante encore ? Comment faire en sorte que les publics se l’approprient davantage ? ( C’est bien ce que je disais : la question est celle du non public se non-appropriant des non-œuvres de non-artistes) La réponse est dans le débat (un débat dès lors vertigineusement illimité, de par son absence d’objet).

La culture est faite pour susciter la réflexion, l’esprit critique, la remise en cause (OK, Bernard, mais il faut voir comment vous traitez ceux qui osent réfléchir et critiquer l’art d’Etat)

Au moment où le populisme semble avoir trouvé un beau matin son nouveau mouton noir avec les FRAC, osons débattre de leur action et de l’art contemporain ( et nous voici arrivés au moment de cet inévitable débat-procès en réactionnariat et en prolétarisme visant les ennemis des FRACs… menacés comme des barbares par une récente loi pour la « liberté d’expression »…garantissant la liberté de pression d’un art d’Etat pour mieux interdire la visibilité et l’expression de 95% des artistes libres)

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Premier débat : l’inaliénabilité des collections.

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Depuis trente ans certains nous disent : « vous avez des collections trop importantes, il faut les vendre ! » Depuis trente ans que d’arguments échangés avec forces rapports à l’appui ! La question a toujours été tranchée en faveur de la protection de ces collections , qui représentent pour chaque région un patrimoine considérable, ne serait-ce que par leur valorisation financière. ( En effet, la plupart des œuvres des FRACs n’ont même pas la valeur marchande nécessaire pour payer le coût de leur restauration, alors, à quoi bon les vendre et à qui ? Quant à celles qui ont encore quelque reste de « valorisation financière » sur le marché de l’inepte international, il est inéluctable qu’elles vont le perdre très vite comme se dégonflent les bulles spéculatives, et qu’elles n’ont jamais eu ni n’auront jamais aucune valeur patrimoniale… alors , la question de l’inaliénabilté du néant est aussi d’une vertigineuse absurdité)

Rappelons-nous, nos musées n’avaient acheté aucun impressionniste, ni aucun cubiste ou fauve… Ils s’en sont mordu les doigts (Ici nous atteignons un sommet dans la méta-crétinerie de haute lignée consanguine et endogamique…car il est évident que nos actuels musées se « mordront aussi les doigts de pieds » d’avoir acheté eux aussi nos actuels pompiers conceptualo-posturaux officiels, au lieu d’acheter la création d’aujourd’hui bien vivante, novatrice et vraiment contemporaine)

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Second débat : la nature de l’art contemporain.

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Depuis trente ans on nous dit « n’achetez-vous pas un art trop contemporain, trop ésotérique , trop éloigné des préoccupations du public ? » Mais quel art faudrait-il alors acheter ? Sous Louis XV on ne faisait pas du mobilier moyenâgeux ou des châteaux forts mais de l’art « contemporain », c’est-à-dire du Louis XV ! ( Vous voyez ici comme moi la malice de cet argument aussi croquignol qu’acrobatique et sternutatoire…pour justifier que les FRACs doivent acheter du post-duchampien début vingtième, faussement déclaré « contemporain », plutôt que la création vraiment actuelle)

Quant au public, il semble bien qu’il s’intéresse à l’art d’aujourd’hui, puisque en 2013, pour leur 30 ans, les FRAC ont eu près de 2 millions de visiteurs et en 2014,1,6 million. Beaucoup d’institutions et de musées aimeraient en accueillir autant. (sauf que l’art des FRACs n’est pas l’art d’aujourd’hui, puisque celui-ci en est absolument exclu…Sauf qu’on aimerait bien disposer de chiffres exacts pour le nombre de visiteurs dont on sait que 40% est fait du public captif évoqué plus haut)

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Troisième débat : le monde de l’art contemporain est clos.

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Depuis trente ans, on nous dit « les FRAC sont un système où quelques directeurs avec des galeries décident de façon opaque d’achats coûteux et font « la mode ». Depuis trente ans les FRAC ont apporté la preuve de leur transparence. Leurs comités d’achat sont totalement indépendants. Ils regroupent des directeurs de musées, des commissaires d’expositions, des collectionneurs ou encore des critiques d’arts et bien sûr des artistes eux-mêmes qui ont procédé à des acquisitions extrêmement judicieuses à des prix très raisonnables.( nous atteignons là encore un sommet dans le déni de réalité d’un cynisme et d’une impudence assez incroyables…car il est avéré maintenant que les FRACs , outils d’exclusion et de ringardisation de 95% de la création indépendante, sont partie intégrante d’un appareil ou entre-soi, autophagie, consanguinité, collusion, copinage, corruption, népotisme, poly-incompétence, tautologie, redondance, intertextualité, logolalie, schyzoïdie, endogamie, abus de biens publics et conflits d’intérêts s’épanouissent à tous les étages… car cette consanguinité est la seule façon d’expliquer la nature monstrueuse de la plupart des œuvres dénuées de toute émotion poétique, et les ahurissantes bouffées conceptualo-délirantes des discours qui les accompagnent.)

Car ils achètent les œuvres en moyenne moins de trois ans après leur production et pour beaucoup d’artistes, être acheté par un FRAC a été un premier pas dans leur carrière. Comment d’ailleurs 23 comités différents, renouvelés régulièrement, qui ont acheté à près de 5 000 artistes depuis trente ans pourraient-ils faire le marché alors que leurs budgets d’achat individuels sont en moyenne de moins de 130 000 euros par an ? C’est une goutte d’eau sur dans le marché de l’art ! Mais à l’étranger on nous l’envie ! ( Non, certes, ils ne font pas le marché, mais leurs quelques gouttes d’esthétique toxique suffisent à entretenir un climat délétère, à occulter la flore artistique naturelle, à exclure la quasi-totalité des artistes libres, à disqualifier les galeries prospectives, etc… et à ridiculiser la France sur le plan international…quand elle est incapable malgré l’argent qu’elle dépense pour ça, de placer un seul de ses artistes d’Etat dans le top 100 des stars du financial–art).

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Quatrième débat : le public est toujours le même.

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C’est à mon sens la question la plus importante car il est vrai que malgré leurs énormes efforts, tous les musées et en premier lieu le Centre Pompidou, rencontrent une grande difficulté à élargir leur public au-delà des classes privilégiées, déjà introduites à la culture.

Mais quelles institutions plus que les FRAC font l’effort d’apporter des œuvres majeures de notre temps au plus près de nouveaux publics ? On l’a vu leurs résultats en termes de nombre de personnes atteintes est loin d’être négligeable. Mais c’est un effort jamais terminé. Toutes ces questions se posent. Discutons donc pour continuer à améliorer le travail et la réflexion des FRAC avec l’Etat et les régions qui les financent conjointement mais aussi avec tous leurs partenaires. Car ils sont un ferment du lien social dont nous avons tant besoin, et qui donne à l’étranger l’image d’une France ouverte et créative.

(nous parvenons ici au « bouquet final » de ce très chaotique exercice de déni des réalités, de torsion du sens, d’empilage de contre-vérités et d’erreurs d’analyses, Etc….car en fait de « œuvres majeures », on ne voit guère de choses échappant à la même et répétitive typologie du terrifiant bâton de chaise processualo-discursif et conceptualo-postural en diable… car en fait de nouveau public on ne voit guère que les mêmes contemporainolâtres locaux, employés de DRAC et artistes locaux reconnus par cette dernière, post-diplômés de Beaux-Arts en recherche de contacts pour leur future carrière, dans des vernissages comme cérémonies autocongratulatoires et auto-célébratoire de l’entre-soi de caste, après avoir reçu le rituel carton portant les invitations conjointes du Président de Région, du Maire, du Préfet et du Président du FRAC ( tous absents cependant pour autres chats à fouetter par ailleurs)… Une cinquantaine de personnes au maximum, dont on peut mesurer le nombre exact en comptant les gobelets plastiques usagés répandus autour des cadavres de vieux cubis vidés du méchant pinard du coin qu’ils contenaient…Alors de grâce, ne parlons pas ici « ferment du lien social dont nous avons tant besoin » quand nous avons affaire à de l’arrogance de caste particulièrement destructice de lien social….Alors , ne parlons pas de « donner à l’étranger l’image d’une France ouverte et créative », quand nous avons affaire au seul symptôme de la maladie dégénérative produite par la reproduction et la multiplication consanguine des œuvres et des discours dans cet entre-soi coupé des réalités extérieures à son délire interne.)

Je conseille donc à son Excellence Mr Bernard de Faubournet de Montferrant, de lire en urgence les livres de Nathalie Heinich, Jean-Philipee Domecq, Aude de Kerros, Christine Sourgins, et d’autres …pour mieux comprendre le fonctionnement de l’usine à gaz qu’il dirige.

 

 

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Biographie de Nicole Esterolle

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Nicole Esterolle. Artiste, critique d’art, galeriste ? peu de gens connaissent l’identité réelle de la personne connue ou non, qui se cache sous ce pseudonyme…
mais ses chroniques irrévérencieuses font fureur sur le web depuis trois ans.

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Schtroumpf Emergent

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