« Quand on veut, on pneu » – Marcel Duchamp / Billet d’humeur de Nicole Esterolle

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Quand on veut, on pneu

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Marcel Duchamp

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Bien-pensance, bien – parlance, bien – finance et bien foutance… de gueule
 

Les ayatollahs de la bien-pensance artistiquement et politiquement correct sont aussi des champions de la bien-parlance, et, comme « la pensée se fait dans la bouche » disait le poète Tristan Tzara, je vous livre ici quelques morceaux choisis de cette bien – parlance qui permet de mesurer l’état de délâbrement de la bien – pensance qui en résulte..

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Ces extraits sont tirés de divers textes de présentation, par son directeur, de quelques récentes Biennales d’Art Contemporain telles que « Une terrible beauté est née » en 2013, ou « ce fabuleux monde moderne » en 2015.

 

« D’efficaces narrativités promptes à l’échange massifié par l’entremise des médias globalisés, qui perforent utilement, ici et là, pour un temps, l’horizontalité du monde. La boucle se boucle, car le global n’a évidemment pas d’extériorité… » ( J’ai un ami poète qui a appris ça par cœur, pour le déclamer à haute voix, tellement il trouve ça pétillant dans la bouche)

 

« L’art d’ici qui nous sied travaille les discontinuités, opère sur tous les champs simultanément au risque de n’appartenir à aucun, il est une manière de faire autant qu’un esthétique … .Changer les paradigmes du dedans et du dehors en déterritorialisant l’un et l’autre, à l’intérieur du global indépassable… Des enjeux majeurs d’une pratique artistique globalisée, dans laquelle s’échangent, s’affrontent, se superposent, et se retournent les signifiants….

 

« La plasticité des faits d’histoire, comme celle des œuvres quelles qu’elles soient, et qu’elles s’espacent dans le temps ou non, délimite un cadre, une configuration et des périphéries, qu’il est vain d’énoncer a priori. (…) Mais à cette histoire, il faut bien un début, car avant d’être un qui (playlist), l’exposition est un comment. Qu’est-ce qu’un début ? s’interrogeait Louis Althusser avant d’étrangler son épouse (…) Comme l’histoire générale, mais pour un temps seulement, l’exposition doit pouvoir tracer sans trahir les propriétés combinatoires d’une morphologie définitivement conjoncturelle, sans passé ni avenir, au présent. Et contenir en prélude (ce qui interdit au « savoir constitué », comme à la « certitude des choses », à la « pensée readymade », à la « structure » et au « fondement »), d’imposer un type, fut-il « idéal (Weber), un modèle, (un telos), et contenir, ce qu’à défaut de mots nous empruntons à Carlos Ginsburg, « des éléments impondérables » : le flair, le coup d’oeil, l’intuition. »

 

« On peut résumer l’histoire de l’extraordinaire succès des biennales de l’âge global en la ramenant à celle de l’anthropologie à la même période : la lutte désespérée contre le Grand Partage pour défaire le lointain et le proche, pour revendiquer une symétrie ou au moins un exotisme réciproque, pour concilier l’universalisme critique et le relativisme intégral, tout cela sur le terrain de l’arrivée massive, sur le marché de l’imaginaire, des « modernités vernaculaires » venues de loin pour contester notre « entre soi ». C’est tout simplement l’art d’aujourd’hui à l’âge des flux, des réseaux et des icônes « post-numériques »…

 

En illustration : à la BAC Lyon : l’image d’une œuvre conforme à la bien-foutance officielle française.

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Biographie de Nicole Esterolle

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Nicole Esterolle. Artiste, critique d’art, galeriste ? peu de gens connaissent l’identité réelle de la personne connue ou non, qui se cache sous ce pseudonyme…
mais ses chroniques irrévérencieuses font fureur sur le web depuis trois ans.

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Schtroumpf Emergent

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