A propos de l’ADIAF , club des collectionneurs de l’inepte officiel par Nicole Esterolle

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A propos de l’ADIAF, 

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de l’inepte officiel

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La chronique de
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Billet d’humeur
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Trois cents des plus prestigieux collectionneurs français d’art contemporain (richissimes chefs d’entreprises pour la plupart, dont les époux Guerlain) se sont donc cooptés autour de Gilles Fuchs (ex PDG de Nina Ricci) pour faire rayonner l’art français sur la scène artistique internationale… Pour ce faire, L’ADIAF ( 1) (Association pour la Diffusion Internationale de l’Art Français), décerne chaque année son « prix Marcel Duchamp » (2) de 35000 €, au jeune plasticien qu’elle juge le plus méritant…

 

Bon, pourquoi pas ? Tout cela part en effet d’un bon sentiment…Mais la question qui se pose avec cette ADIAF, c’est de savoir pourquoi elle choisit si obstinément , depuis 15 ans, et comme vous le voyez vous-mêmes par ce lien, http://www.adiaf.com/artistes/ ,les artistes les plus calamiteux, les plus formatés au « processuel discursif » délirant, les plus représentatifs des effets tératogènes résultant de cette endogamie qui règne dans l’appareil bureaucratico-financier de l’art contemporain…

 

Bref, la question est : pourquoi, au nom de quelle ahurissante logique structurelle, l’élite des collectionneurs choisit –elle ce qu’il y a de plus caricaturalement taré consanguin et de moins artistique sur la place française ? Comme si, à l’inverse de ses intentions déclarées, il s’agissait pour cette association de faire rayonner la partie la plus étroite, misérabiliste, grotesque et ridicule de l’art français, pour mieux ignorer et disqualifier une large création indépendante actuelle qui n’a jamais été aussi fabuleusement abondante, riche et diversifiée…(6) Il y a là une aberration, dont il faudra, un jour, que les historiens et sociologues de l’art s’occupent, dès qu’ils auront retrouvé un peu de liberté de parole. Et c’est sans doute parce que l’ADIAF est le symptôme le plus éloquent de cette grave maladie dégénérative dont souffre les mécanismes de légitimation de la création française, que l’excellente sociologue Nathalie Heinich entame son livre « Le paradigme de l’art contemporain » par le chapitre intitulé « les coulisses d’un grand prix », qui décrit le rituel de fonctionnement de cette association, et dont voici quelques extraits significatifs:

« Dans la petite salle du Centre Pompidou, la veille de la remise du prix, ont pris place une cinquantaine de personnes, d’une moyenne d’âge assez élevée. Au premier rang sont assis les sept membres du jury : le Directeur du Musée National d’Art Moderne, qui préside le Jury ; le président de l’ADIAF ; une représentante de la famille Duchamp ; le directeur d’un musée japonais ; la directrice d’un centre d’art suisse ; un collectionneur belge et une collectionneuse londonienne.(…) Pour effectuer son choix, le jury se fait aider par des experts : chacun des quatre artistes présélectionnés désigne un rapporteur critique d’art, historien d’art, commissaire d’expo qui plaidera sa cause (…) Arrive le dernier rapporteur, un quinquagénaire bien connu dans le milieu, responsable d’une importante institution parisienne. Il parle devant les images des différentes œuvres de l’artiste ainsi que de l’installation proposée pour le Prix Duchamp : de modestes objets du quotidien arrangés et agencés dans l’espace. Il cite les propos d’artiste racontant l’origine des objets, et fait part de son « intérêt passionné » pour ce travail, fait de « regards et de gestes simple », conférant une « poésie profonde » à notre quotidien en même temps qu’une « vision mythique », sachant restituer une beauté aux objets déchus » tels un simple cintre en bois, des canettes de soda, une table de travail accrochée comme un tableau, une fermeture éclair, des « colombins qui ont été nickelés, des céramiques étranglées qui incitent à « se serrer la ceinture ». Sont convoqués Francis Ponge, Mario Manzoni, Charles Fourier. Il est question aussi du hasard, de la rencontre entre art conceptuel et pop’art. Le discours fait intervenir de nombreuses figures interprétatives : la « symbolique d’un destin collectif que la société impose », le « comme si », la « question du vide », la « fin du partage et de l’utopie », le « c’est de nous qu’il est question », d’un processus continu, d’une vision globale, de cohérence, de détermination, d’ambition, d’édification….bref de « tout simplement, une œuvre », conclut l’expert-rapporteur. »

La sociologue, en face de cela, se trouve dans la même position que le psychiatre à l’écoute de la bouffée délirante d’un patient dont il cherche les causes et la nature de la pathologie….et voici la description clinique qu’elle en fait : « On est donc dans une logique de l’initiation par l’appartenance aux cercles réservés, au plus près du centre occupé par l’artiste et ses satellites, et des lieux où l’on peut assister, voire participer aux rituels, tels cette remise de prix. »… Endogamie et consanguinité vous disais-je ! …« importance des discours (description , récit, interprétation), rôle primordial des spécialistes en position d’intermédiaires entre les œuvres et le public, nécessité de la présence de l’artiste pour l’accès à l’œuvre, diversification des matériaux, disparition de la peinture encadrée et de la sculpture sur socle, prégnance de la valeur de singularité, jeu avec les frontières, crédit accordé à toute forme de mise à distance, effacement du critère de beauté, internationalisation des échanges, raccourcissement des délais de reconnaissance, lien étroits entre acteurs du marché privé (galeristes, collectionneurs) et acteurs des institutions publiques (conservateurs de musées, commissaires, directeurs de centres d’art)….Tels sont quelques- uns des points saillants que révèle ce petit épisode »* Neutralité « axiologique » oblige, la sociologue s’en tient donc là, froidement, à cette seule description des faits…Elle se bien garde de tout jugement et d’aller plus loin dans l’explication de ces faits… Ce qui ne sera pas mon cas au sujet de ces deux images que je vous joins ….La première prise au cours de la remise du Prix Duchamp, (en ouverture d’article)où l’on peut voir réunis de gauche à droite , le critique d’art Ami Barak (3), l’artiste lauréate, Bernard Blistène (4), directeur du MNAM et commissaire de l’expo Jeff Koons (5) ; le financial-galerist Kamel Mennour…puis cette seconde d’une autre remise de prix Duchamp où l’on voit Alfred Pacquement, ex -directeur du MNAM et président du jury ; Gilles Fuchs, collectionneur-président de l’ADIAF; le jeune lauréat ; Aurélie Filipetti, ministre de la Culture ; Alain Seban, Directeur du Centre Pompidou… Deux images qui illustrent bien ce que dit Nathalie Heinich au sujet des « lien étroits entre acteurs du marché privé (galeristes, collectionneurs) et acteurs des institutions publiques (conservateurs de musées, commissaires, directeurs de centres d’art)»…Car au lieu de « liens étroits » je parlerais plutôt de conflits d’intérêts éhontés, d’association de malfaisants, de détournements de biens publics juridiquement condamnables, de collusion patente et scandaleuse, du cynisme et de l’impudence insupportables des différents acteurs (critiques d’art, spéculateurs, fonctionnaires, galeristes) de cette monstrueuse « hybridation de tous les totalitarismes » comme le dit Aude de Kerros(6), pour une opération de lancement sur le marché de nouvelles petites bulles spéculatives, aussi creuses que poétiquement inodores, mais dont la valorisation sur le marché de l’inepte, pourrait être financièrement bénéfique à nos généreux collectionneurs de l’ADIAF.

Et ce que l’on peut , dès lors, comprendre, c’est que cette alliance des pouvoirs financiers, médiatiques, et culturo-bureaucratiques a d’abord pour but d’obtenir une désartification ou déshumanisation de l’art, un vidage de tout son contenu sensible et poétique comme on le voit chez ces jeunes lauréats…. Bref, d’opérer un retournement total des valeurs , absolument nécessaire pour faire de l’art dit alors « contemporain », le vecteur le plus efficace possible en termes de médiatisation, d’ obscénisation, de spéculation financière et intellectuelle, de signes d’appartenance aux castes supérieures… et comme caution ou alibi à cette incapacité foncière qu’ont les agents de ce détournement à sentir, aimer , respecter et comprendre l’art … une insensibilité à l’art qui leur permet sans doute de mieux supporter les souffrances criminelles qu’ils lui infligent (7)…

Mais Dieu soit loué, face à cet appareil diaboliquement destructeur, il existe une création indépendante qui n’a jamais été aussi vivante, riche et diverse qu’aujourd’hui (8), une création saine positive et lumineuse, qui constitue le vrai rempart contre retour de la « bête immonde », quand l’ADIAF est des exemples les plus flagrants de l’alliance objective avec celle celle-ci (9)

1 – « Fondée en 1994, l’association pour la diffusion internationale de l’art français (ADIAF) regroupe 350 collectionneurs d’art contemporain engagés intensément dans l’aventure de la création. Animée par des collectionneurs privés, soutenue par des mécènes et travaillant en partenariat étroit avec les institutions publiques, l’ADIAF s’est donnée comme mission de contribuer au rayonnement international de la scène artistique française et de sensibiliser un large public à la vitalité et l’importance de la création contemporaine. » nous dit –on sur le site ADIAF…

Outre les 35000 € qu’il reçoit, le jeune têtard émergent lauréat se verra exposé au Centre Pompidou, à la FIAC, dans quantité de lieux muséaux publics du grand circuit de l’art officiel et / ou international acoquinés à l’ADIAF ; acheté par les FRAC , etc. afin de lui assurer d’emblée une énorme visibilité et, par là, une valorisation financière la plus rapide que possible, étant donné la faible durabilité artistique du produit.

2 – Dans ce projet ADIAF de fabrication d’un art vide de sens pour la mise sur le marché de nouveaux titres financiers esthétiquement neutres, la référence à Marcel Duchamp était bien entendu inévitable… Un prix Pablo Picasso ou Georges Braque n’aurait bien entendu aucun sens.

3 – Ami Barak est un pur produit de l’appareil art contemporain. A la fois ayatollah et apparatchik, il a été critique d’art à forte inextricabilité langagière, professeur, curator de quantité d’expositions, directeur d’un FRAC…Il vient d’être nommé directeur artistique du Salon de Montrouge, le salon « propulseur de carrière » de jeunes schtroumpfs émergents nominables par l’ADIAF au Prix Duchamp . Il remplace à ce poste Stéphane Corréard, viré pour cause de conflits d’intérêts, car ce dernier ne pouvait être à la fois fabricant de produits financiers à Montrouge et conseiller en placements artistico-financiers par ailleurs….Une exclusion surprenante, dans la mesure où tous les protagonistes cette « imposture de l’AC » sont plus ou moins accusables du même type de conflit d’intérêts et d’acoquinements douteux…

4 – Bernard Blistène : autre produit emblématique de l’appareil, nommé par défaut et faute de mieux à la direction du MNAM

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5 – L’expo Koons au Centre Pompidou été curatorisée par le même Blistène, qui a accepté que l’agence de com de Koons vérouille toute la communication au dépens de celle du Centre Pompidou : une censure dont personne n’a parlé bien évidemment…Personne n’a parlé non plus de l’escouade de représentants de l’ADIAF comme garde rapprochée de Koons, pour la participation de celui-ci à un colloque au Collège de France (participation autorisée par son agence de com)

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6 – « l’imposture de l’art contemporain-une utopie financière » par Aude de Kerros récemment paru Chez Eyrolles. Formidable analyse, extrêmement documentée sur la compromission de l’AC avec les réseaux du pouvoir et de la haute finance…à lire absolument.

7 – Lire cet article terrifiant sur le rôle de ces collectionneurs de type ADIAF

http://www.lesechos.fr/24/10/2013/LesEchos/21550-056-ECH_ces-collectionneurs-tout-puissants-qui-regnent-sur-l-art-contemporain.htm

8 – Indépendamment de ces petites bulles creuses sélectionnées par l’ADIAF pour faire rayonner l’art français dans le monde, il existe une création bien vivante , étonnante de liberté, d’inventivité et de diversité qui nous rassure face aux dégâts causés par l’arrogance des collectionneurs du type ADIAF, qui n’osent même plus regarder en face les œuvres vivantes et non formatées telles que celles que je vous joins ci-dessous, pour le plaisir ,cueillies parmi les milliers de merveilles que l’on peut découvrir en se promenant sur internet, hors des circuits de l’art contemporain internationalisé et financiarisé…

En se promenant aussi sur le site qui vient d’être mis en ligne, qui désignent 450 galeries prospectives françaises…»

www.galeries-prospectives.com

prospectives : c’est-à-dire, découvreuses, amoureuses de l’art et des artistes, courageuses, généreuses , curieuses, sympas, non-arrogantes, non obsédées par les cotes sur Artprice…Bref des galeries qui sont l’honneur et l’avenir de l’art français à l’inverse de celles acoquinées avec les collectionneurs de l’ADIAF.

9 – De l’alliance objective entre l’ADIAF et Marine le Pen

Quand les pompiers incendiaires crient « Au feu le fachos reviennent ! »… alors que ce sont eux, objectivement, qui contribuent à leur retour…

Sur le premier lien que je vous joins, vous y verrez Marine Le Pen faire un appel du pied ou du genou aux artistes….Les propositions qu’elle leur fait sont effectivement inappropriées pour ne pas dire stupides. Sur le second lien, vous verrez la levée de bouclier, en forme de lettre ouverte pétition à la dite Marine, et la liste des artistes signataires… Tous , à quelques rares exceptions, gibier de FRAC, schtroumpfs de notoriété internationale comme il se doit, bénéficiaires des aides publiques et du prix Marcel Duchamp, produits du système bureaucratico-financier dominant, agents multicartes de cet appareil totalitaire qui ose se dire le garant de la liberté de la création en excluant 95% des artistes non conformes au « processuel discursif » subventionné professorisé, fonctionnarisé et financiarisé…

http://www.lemonde.fr/culture/article/2015/11/25/marine-le-pen-aux-artistes-vous-comptez-a-mes-yeux_4817388_3246.html

https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=847547192058266&id=847546098725042

Sans oublier la contribution des incontournables Indrékrotuptibles, suppôt de la bien-pensance intégriste politiquement correct et de l’artistiquement processuel discursif :

http://www.lesinrocks.com/2015/11/30/actualite/le-fn-et-culture-la-hache-de-guerre-deterree-11790880/

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Biographie de Nicole Esterolle

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Nicole Esterolle. Artiste, critique d’art, galeriste ? peu de gens connaissent l’identité réelle de la personne connue ou non, qui se cache sous ce pseudonyme… mais ses chroniques irrévérencieuses font fureur sur le web depuis trois ans.

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Schtroumpf Emergent

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