ENTRE EUX ET MOI – 13 CRÉATIONS EN HOMMAGE Á CATHERINE PUTMAN / Galerie Catherine Putman (FR)

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Georges Rousse « Arles », 1986 – 2015, aquarelle et encre, 42 x 56 cm

© Georges Rousse- Courtesy l’artiste et galerie Catherine Putman

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ENTRE EUX ET MOI 
 

 

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13 CRÉATIONS
EN HOMMAGE Á CATHERINE PUTMAN
A L’OCCASION DES 10 ANS
DE L’OUVERTURE DE LA GALERIE.
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UNE PROPOSITION DE
VINCENT HUGUET & MARTIN KIEFER
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Du 14 novembre 2015
au 16 janvier 2016
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Vernissage
13.11.15
19 à 20 heures
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PIERRE ALECHINSKY, GENEVIÈVE ASSE, GEORG BASELITZ,
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PIERRE BURAGLIO, TONY CRAGG, ALAIN CLÉMENT,
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URS LÜTHI, AGATHE MAY, BERNARD MONINOT,
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SOPHIE RISTELHUEBER, GEORGES ROUSSE,
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GÉRARD TRAQUANDI, CLAUDE VIALLAT
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Longtemps, les amateurs d’estampes contemporaines qui souhaitaient acquérir les œuvres éditées par Catherine Putman devaient se rendre dans les foires auxquelles elle participait inlassablement, ou vaincre leur timidité et prendre rendez-vous avec elle dans son grand appartement de la rue de Talleyrand. En septembre 2005, elle décide de franchir un pas en ouvrant au 40 rue Quincampoix une galerie dédiée exclusivement aux « œuvres sur papier », élargissant ainsi son activité au dessin contemporain et à la photographie.
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Pour fêter les dix ans de cette ouverture , la galerie présente une exposition à la fois rétrospec tive et au présent, en dévoilant treize œuvres uniques créées spécialement pour cet anniver – saire par des artistes qui ont tous travaillé avec Catherine Putman et continuent de le faire aujourd’hui avec Éléonore Chatin, son ancienne collaboratrice. « Entre eux et moi » : c’est ainsi que Catherine évoquait la relation particulière qu’elle entretenait avec les artistes, différente avec chacun d’entre eux, avec un « niveau d’intervention variable », comme elle le recon – naissait humblement, mais toujours avec le désir de les entrainer dans ce monde des possibles qu’est l’estampe, de les inciter à réaliser des œuvres à part entière. Exigeante, convaincue que la gravure était un art en soi et non une simple technique de reproduction, Catherine privilégiait des petits tirages, au sein desquels le choix des supports et le goût des « variations » a souvent dissous la frontière entre le multiple et l’œuvre unique. Vincent Huguet et Martin Kiefer, commissaires de l’exposition , ont voulu tenter un portrait de cette galeriste charismatique en demandant à ses artistes de réaliser ou choisir une œuvre en souvenir d’elle ou en écho à leur relation, à leur façon de travailler ensemble. Présentées parmi des œuvres du fonds de la galerie avec lesquelles elles entrent en résonance, ces créations ne sont pas seulement des hommages tendres, malicieux ou pudiques : elles révèlent la permanence d’un esprit resté bien vivant au 40 rue Quincampoix.

En ouvrant un nouvel espace en 2005 à l’ombre du Centre Pompidou, après avoir officié pendant des décennies dans des appartements feutrés de la rive gauche, en y programmant des expositions, Catherine Putman réalise alors une petite révolution dans sa vie d’éditrice, qui se concrétise au moment de l’arrivée à ses côtés d’Éléonore Chatin, pour la seconder dans cette nouvelle ère. Après avoir gravi le petit escalier de bois à l’odeur d’église qui mène au premier étage, les visiteurs retrouvent non seulement les artistes « historiques » qui avaient été pro – mus par Jacques Putman dès la fin des années 1960—Bram van Velde, Pierre Alechinsky, Max Ernst, Jean Messagier, Jean Tinguely etc—, mais aussi ceux que Catherine avait elle-même commencé à éditer à partir des années 1980-90—Jean-Pierre Pincemin, Pierre Buraglio, Alain Clément, etc— puis après la mort de Jacques (1994) : Georg Baselitz, Geneviève Asse, Claude Viallat, Sophie Ristelhueber, Balthasar Burkhard, Georges Rousse, Sovann Kim, Bertrand Lavier, Gérard Traquandi et d’autres. Imposant un nouveau rythme, la galerie permet aussi à Catherine d’élargir considérablement le cercle presque familial de ses artistes et de pousser plus loin l’exploration des techniques qui la passionnait, d’ouvrir les portes de « cette cuisine qu’est l’estampe » comme elle le disait elle-même.

Le papier, voilà le dénominateur commun qu’elle met à l’honneur, au moment même où se tient à Paris le premier Salon du dessin contemporain, signe du début d’un intérêt croissant pour ce support qui ne s’est pas démenti depuis et aurait même tendance à devenir presque un genre à part entière. Quinze expositions se sont ainsi succédé, notamment Tony Cragg, Urs Lüthi, Agathe May, Champion Métadier, Bernard Moninot, Georges Noël, attirant un public qui lui aussi s’est renouvelé, tandis que Catherine et Éléonore continuaient à multiplier les collaborations avec des musées et institutions présentant leurs artistes.

En janvier 2009, la plus arlésienne des Parisiennes et plus parisienne des Arlésiennes —seul Christian Lacroix, qui l’avait bien connue sur les bancs de l’école, aurait pu lui disputer ce titre— s’en allait sans prévenir, d’un coup, stupéfiant de tristesse sa famille, ses nombreux amis et un monde de l’art qui respectait profondément l’éditrice devenue galeriste et aimait sans doute plus encore cette femme dont la personnalité ne pouvait pas laisser insensible. Cela aurait pu sonner la fin d’une histoire exceptionnelle, le glas de plus de trois décennies d’un travail tout à fait à part avec les artistes, si l’édition n’était affaire de famille chez les Putman, et de même que Catherine avait continué après la mort de Jacques, Nicolas, leur fils, a alors demandé à sa fidèle collabora – trice de reprendre le flambeau à son tour.

Depuis six ans, Éléonore Chatin fait vivre un fonds qu’elle connaît intimement—où se côtoient Max Ernst, Henri Michaux, Jean Tinguely, Tony Cragg ou Antonio Saura— et l’enrichit de nou – velles éditions, notamment avec les artistes qui forment encore l’ADN de la galerie. Éléonore Chatin a su aussi continuer l’ouverture amorcée par Catherine Putman vers le dessin contempo – rain et imprimer sa marque, en lançant de nouvelles collaborations, en nouant à son tour une relation avec des artistes comme Carmen Perrin, Alvaro Oyarzun, Bénédicte Henderick, Imi Knoebel, Frédéric Poincelet ou encore Éloïse van der Heyden. L’heure n’est plus à l’utopie des années 1960, quand Jacques Putman lançait les « Suites Prisunic », vendant des lithographies originales à 100 francs dans les grands magasins (1967-71), mais peut-être que dans le contexte d’un marché de l’art en ébullition, l’estampe retrouve aujourd’hui une place à part. Non seulement elle de – meure accessible économiquement, mais elle affirme aussi sa singularité, comme la nouvelle face au roman ou la musique de chambre à côté de la symphonie. Plus encore, le développement de techniques liées au numérique élargit le champ des techniques traditionnelles. C’est cette conviction de la particularité de l’estampe contemporaine et le goût des œuvres sur papier, que défend aujourd’hui Éléonore Chatin.

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Vincent Huguet et Martin Kiefer

commissaires de l’exposition.

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Galerie Catherine Putman
40 rue Quincampoix
75004 Paris I
1er étage
T. +33 (0)1 45 55 23 06
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