Tim Eitel – I Tomorrow, 2 seconds later / Galerie Philippe Jousse / Entreprise (FR)

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Tim Eitel 
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I Tomorrow, 
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2 seconds later
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 Jusqu’au
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  31.10.15
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La galerie Jousse Entreprise a le plaisir de vous présenter, pour la première fois en France, une exposition personnelle de Tim Eitel. (L’exposition sera exceptionnellement fermée du 1 er au 8 octobre)

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Né en 1971 à Leonberg, près de Stuttgart, ce peintre allemand, protagoniste de l’école de Leipzig, a marqué de manière significative sa génération et continue d’influencer largement les artistes qui lui succèdent. La singularité de sa peinture lui a valu de recevoir de prestigieux prix et de participer à de nombreuses expositions dans le monde entier. Il vit et travaille actuellement entre Berlin et Paris.

Dans son ouvrage intitulé Logique de la sensation, Gilles Deleuze réfute l’idée commune de la page blanche préalable à tout procédé créateur, si problématique et problématisée. Au contraire, il met en évidence la masse d’images déjà là sur la toile avant même que l’artiste n’ait ébauché quoi que ce soit, et qu’il nomme « clichés ». Ainsi distingue-t-il le travail du peintre qui « aurait plutôt à vider, désencombrer, nettoyer » la toile de tout ce qu’il a dans la tête et autour de lui.

C’est précisément de cette manière que l’artiste allemand Tim Eitel envisage son travail : « une peinture est finie quand il ne reste rien à enlever », dit-il. Procédant par recouvrement il élimine les éléments bruyants et superflus pour composer et ne garder que l’essentiel. Des banalités des villes, des évidences des environnements, des images qui le marquent, il saisit des clichés photographiques et en tire ses sujets. A travers sa recherche de symboles pertinents pour questionner le regardeur, sa peinture se nourrit d’une attention particulière à la vie qui l’entoure, qu’il habite et qui l’habite. Ainsi crée-t-il des situations picturales où les scènes figuratives résonnent avec un traitement minimal des plans, où le réalisme des figures est opposé à des surfaces qui composent l’espace pictural.

Il serait alors question, semble-t-il, de prendre conscience, devant ces tableaux, de leur réalité matérielle, du temps qui séjourne en eux autant qu’il séjourne en celui qui se tient juste devant, contemplatif, identifiant des attitudes, des gestes, des situations, des images, des souvenirs.

En outre, ces toiles sont emplies de réflexion métaphysique autant que de questionnements sociaux. Elles posent dans un premier temps, par le biais des personnages représentés, la question des individualités et des types qui composent le paysage de la société dans laquelle Tim Eitel évolue. Tout se passe comme s’il adressait au spectateur une question sur la nature du regard qu’il porte sur son environnement immédiat, et notamment urbain, ainsi que sur son rapport à autrui et à l’image. D’autre part, ce que ce peintre issu de l’école de Leipzig semble produire avec ses images, c’est une ouverture. S’il produit des images photographiques, ce n’est que pour noter, documenter et retenir ces moments particuliers et inattendus qui surprennent et bouleversent parfois celui qui se promène sans rien chercher vraiment, mais qui reste disposé à être surpris, disponible pour trouver. Dès lors, les tableaux sont comme des citations libres de ces singularités. Ces dernières sont prétextes à l’ouverture d’un espace pictural, imaginaire – c’est-à-dire en image – qui a sa propre épaisseur, son propre lieu et sa propre réalité.

Il s’agit de rendre ambiguë la surface sur laquelle repose l’espace pictural et qui le sépare de l’espace du regardeur. Mais le tableau est un objet et l’impression de continuité que produisent les échelles n’est que visuelle. Ainsi Tim Eitel joue-t-il des dimensions de ses tableaux et de leur exposition, rendant énigmatique cette sensation de continuité et de familiarité avec les situations présentées, de même que la place du spectateur face à ces images et aux figures représentées.

Il s’agit aussi d’inviter ce dernier à contempler et à se fondre par la pensée dans cet autre espace, à prendre le temps de se taire pour regarder ces tableaux silencieux qui semblent en suspens, au seuil d’une chute, d’un réveil ou d’une arrivée. Ainsi fonctionnent ces portraits de sans-abris assoupis semblant si proches, si vrais et pourtant déjà loin dans leurs pensées ; ces personnages de dos qui ignorent leur propre espace autant que celui du visiteur ; ou encore ces objets qui suggèrent une narration autant qu’un simple espace clos.

( Texte de Mathis Berchery, juin 2015 )

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Galerie Philippe Jousse / Entreprise
Art contemporain
6 Rue Saint-Claude
75003 Paris
T: 01 53 82 10 18
Mardi-Samedi: 11H-19H

 

 

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LOGO . LE VADROUILLEUR URBAIN no 3