Quand le questionnement sociétal est plus qualifiant que le propos plastique par Nicole Esterolle

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Sarah Lucas /Germaine Richier
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Quand le questionnement sociétal est plus qualifiant que le propos plastique

par Nicole Esterolle

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Voici deux « sculptures » qu’une soixantaine d’années séparent : la première de Germaine Richier remarquée à la Biennale de Venise en 1952 ; la seconde de Sarah Lucas qui fit un tabac à cette même biennale en 2014…On mesure, à la vue de ces deux œuvres, à quel point, en un demi siècle, les critères esthétiques ont pu être pulvérisés…C’est le moins que l’on puisse se permettre de dire si l’on veut éviter toute évaluation sauvage dans l’ordre de la « progression de l’art » ou de sa régression…
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Ce qu’il est permis de pointer cependant, c’est que si le propos de Germaine Richier est essentiellement et exclusivement plastique, celui de Sarah Lucas est porteur d’un lourd questionnement sociétal préalable et extérieur à l’œuvre même, un « message » qui lui fournit l’emballage discursif et la justification éthique qui lui fait esthétiquement défaut et la crédibilise… car ce qui intéresse Madame Lucas, c’est, dit-elle « la manière dont la sexualité est utilisée autour de nous en permanence, quand-est-ce que c’est acceptable, et quand-est-ce que ça ne l’est pas »… Eh bien oui : « qu’est-ce qui est sexuellement acceptable et qu’est-ce qui ne l’est pas ? » se demande aussi Catherine Millet…Ce qui évite de se poser la vaste question de savoir ce qui est artistiquement acceptable ou non et de faire en sorte, qu’en la matière, toutes les déclinaisons possibles du non-sens, de la cruauté, de la perversité, de la dérision, du cynisme et de l’arrogance, tels qu’ils émanent des installations de Madame Lucas, soit permises et mises à disposition des « puissants » collectionneurs internationaux de ce monde à la dérive.

Aussi, admettons donc tout simplement et une fois pour toutes, que nous avons changé de paradigme et que nous sommes bien comme le nomme Natahalie Heinich, dans ce « paradigme de l’art contemporain » où tout critère d’ordre esthétique est devenu disqualifiant, car inopérant en termes de « visibilité », d’efficacité médiatique, d’affirmation de la puissance sociale et de rentabilité financière…et en plus, c’est même pas drôle!

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Biographie de Nicole Esterolle

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Nicole Esterolle. Artiste, critique d’art, galeriste ? peu de gens connaissent l’identité réelle de la personne connue ou non, qui se cache sous ce pseudonyme… mais ses chroniques irrévérencieuses font fureur sur le web depuis trois ans.

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