13e Biennale d’art contemporain de Lyon – La vie moderne (FR)

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« Landscape of energy », qui illustre l’affiche de la Biennale.
Photo Yuan Goang-Ming
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13e Biennale d’art contemporain
de Lyon  

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La vie moderne
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Du 10 septembre 2015
au 3 janvier 2016

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« La Biennale d’art contemporain de Lyon, intitulée La vie moderne, réunira des artistes explorant le caractère contradictoire et contingent du projet moderne tel qu’il s’est développé dans différentes régions du monde, aussi bien sur le plan de l’esthétique et de la philosophie que sur celui des formations sociales, de la subjectivité et de la technologie. Les oeuvres exposées refléteront les mutations permanentes tout comme les changements récents auxquels sont soumis nos scénarios de « vie quotidienne » ainsi que nos manières de voir et de penser.

Dans ce titre, La vie moderne, il y a (inévitablement) une dimension ironique, qui tient en grande partie au fait que le mot « moderne » est de nos jours quelque peu anachronique. La notion de « monde moderne » est désormais devenue une sorte de curiosité, une relique historique d’un autre siècle. Ce mot, en effet – ou le concept même de « moderne » –, a été si largement et minutieusement déconstruit, critiqué, dénigré et galvaudé qu’il n’est plus aujourd’hui qu’une caricature de lui-même.

Pourtant, il est impossible de s’en débarrasser, comme de le laisser en paix. Il y a toujours quelqu’un pour venir rectifier le « moderne ». Ainsi nous retrouvons-nous aujourd’hui confrontés à une espèce de modernisme zombie : à chaque fois que nous pensons l’avoir définitivement achevé, il revient à la charge sous une autre forme et avec un tout autre objectif. (Là où le post-moderne a connu une fin atroce, il me semble que le moderne subsiste pour sa part dans un état proche de la demi-vie). Dans le langage courant, évidemment, le mot « moderne » est utilisé pour « nouveau ». Mais il porte en lui l’ombre d’autres significations, qui naissent à mesure de la connaissance que nous avons de son histoire longue et complexe, et des différentes traditions modernes – en art, architecture, politique, musique pop et bien d’autres domaines. Ainsi, dire d’une chose qu’elle est « moderne », c’est la doter d’une aura d’incertitude. Je pense qu’il s’agit là d’une évolution positive, car le « moderne » au sens classique du XXe siècle a souvent cherché à dissimuler son caractère contradictoire, et notamment ses liens problématiques et profonds qui l’unissent avec le non-moderne. (Il n’y a qu’à voir comment l’architecture moderne de Le Corbusier est née, en partie, de sa rencontre avec l’architecture en stuc des villages d’Algérie.) Ce que nous considérions à une époque comme « moderne » était, en même temps, étroitement lié à l’histoire et aux cultures des territoires colonisés d’Afrique, des réfugiés des pays périphériques en Europe, etc.

Le « moderne », en d’autres termes, n’a jamais été conçu dans une éprouvette. Pas plus qu’il n’est une idée statique. Par conséquent ce que j’espère, c’est qu’aujourd’hui une discussion autour de « moderne » nous éclairera sur la façon dont il continue de s’étendre et de se développer, d’acquérir de l’épaisseur et de se charger de nuances, d’évoluer en s’adaptant à des contextes toujours nouveaux.

Pour finir, la seule dimension historique cruciale du « moderne » qui perdure actuellement est certainement, d’après moi, sa capacité à mettre en doute – non pas de s’embourber dans une mise en cause personnelle ou de recourir par défaut à un scepticisme universel systématique, mais bien de contester sans cesse le nouveau « normal », c’est-à-dire de reconsidérer et d’étudier les relations que nous entretenons les uns avec les autres, avec nos images, avec le monde qui nous entoure et les avancées technologiques, notamment. »

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Ralph Rugoff, septembre 2014

 

Ralph Rugoff est directeur de la Hayward Gallery à London. En poste depuis 2006, il y a assuré le commissariat de nombreuses expositions dont : Psycho Buildings: Artists Take On Architecture, The Painting of Modern Life, Invisible: Art About the Unseen, 1957-2012, et The Alternative Guide to the Universe, ainsi que des expositions monographiques sur Ed Ruscha, George Condo, Jeremy Deller et Tracey Emin.

Entre 2000 et 2006, il a été directeur du Wattis Institute for Contemporary Art à San Francisco, où il a monté une douzaine d’expositions dont Baja to Vancouver, le premier panorama d’artistes habitant le long de la Côte Ouest de l’Amérique du Nord, mais aussi des projets individuels d’artistes tels que Mike Kelley, Roni Horn, Thomas Hirschhorn, Ann Veronica Janssens, Mike Nelson…

Auparavant il a travaillé comme commissaire et critique indépendant, en montant des expositions à la Serpentine Gallery de Londres (The Greenhouse Effect, 2000) ou encore au Hammer Museum de Los Angeles (Scene of the Crime, 1996). Sa première exposition, Just Pathetic (1990-91) figure, selon le magazine Artforum, parmi les expositions les plus influentes de la décennie.

Côté écriture, Ralph Rugoff a contribué à des catalogues et livres au sujet d’artistes comme David Hammons, Paul McCarthy, Luc Tuymans, Michel Blazy, Jean-Luc Mylayne, ainsi que le cinéaste Jean Painlevé. Par ailleurs, il est l’auteur de Circus Americanus, un recueil d’essais sur la culture visuelle populaire et l’architecture. En 2005, il a remporté l’inaugural Ordway Prize for Criticism and Curating décerné par la Penny McCall Foundation aux États-Unis.

Il a été conseiller auprès de la Biennale de Sydney en 2002, et de la Triennale de Turin en 2005. Plus récemment, il a siégé en 2013 au jury du Turner Prize, et en 2010 au comité de sélection du British Council au titre de la Biennale de Venise.

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Musée d’art contemporain de Lyon
Cité Internationale
81 quai Charles de Gaulle
69006 Lyon
France
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École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon
8bis, quai St Vincent
69001 Lyon
t: 04.72.00.11.71
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 LOGO . LE VADROUILLEUR URBAIN no 3
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