Abraham Poincheval & Laurent Tixador – Total Symbiose / FRAC Poitou-Charentes | Angoulême (FR)

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Abraham Poincheval
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& Laurent Tixador
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Total Symbiose
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2001, collection FRAC Corse
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 3-25 juillet 2015
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Entre 2001 et 2009, Abraham Poincheval et Laurent Tixador ont vécu des expériences dont le seul énoncé des intentions suffisait à capter l’attention : faire le tour de la France à vélo en suivant un cercle parfait (2006), relier à pied les 750 km entre Nantes et Metz en s’aidant uniquement d’une boussole pour se diriger en ligne droite (2002), passer une nuit en compagnie de centaines de moustiques (2008), vivre 10 jours en autonomie au sommet d’un building (2006), vivre 15 jours enfermés chacun dans une cellule isolée en sous-sol d’un espace d’exposition (2008), …

Inutile d’en voir les vidéos et autres témoignages ensuite exposés pour envisager le caractère absurde de ces expéditions. Répondraient-elles à l’actuel goût pour l’extrême, cette envie chez les individus de s’éprouver ? Correspondraient-elles à un désir de retrouver des méthodes de survie oubliées ? «Pour nous l’aventure, c’est de quitter le milieu de l’art contemporain. On va le plus loin possible de la galerie, hors des lois du marché et du milieu de l’art, et, en même temps, on ne s’est jamais aventuré très loin, il s’agit juste de faire un pas de côté.» (échange avec Paul Ardenne (2006)

On ne peut pas dire qu’ils sont avares en énergie et investissement pour le faire, ce pas de côté. Toujours conscients de leur décalage vis-à-vis du projet, de leurs inaptitudes certaines, ils se jettent totalement dans l’aventure, aussi éprouvante soit-elle. Toutes les conditions sont réunies pour des résultats un peu décevants, voire ratés, mais toujours au travers d’un engagement total, à tel point qu’on peut parler de «défaite réussie». (Ramon Tio Bellido)

Total Symbiose (2001) est la première de leur aventure. Le principe était de passer 8 jours en complète autarcie sur l’île du Frioul, réserve naturelle située en face de Marseille. L’ambition étant de vivre selon les conditions des premiers hommes, mais en possédant uniquement des connaissances théoriques de la vie du chasseur-cueilleur. La conclusion ne se fait pas longtemps attendre, il s’agit d’une véritable démonstration de leur vulnérabilité d’hommes modernes et citadins : cohabitation difficile avec les rats, peau qui rougit de jour en jour, chasse infructueuse (remercions les moules et figues de barbarie d’être aussi conciliantes). Au-delà de la survie, ils réinterprètent un semblant de pratiques culturelles et cultuelles (aux origines obscures) : fabrication d’un étui pénien et d’un collier d’os, peintures rupestres version 20ème siècle (logos M&M’s et Quick), danse tribale évoquant le théâtre No avec un contre-jour qui ajoute à la dramaturgie.

«Pas très monumental tout ça, au mieux, juste mémorable. C’est très exactement à leur image et à leurs ambitions : faire dans le décalé, dans une sorte d’absurde, dont les finalités ne peuvent qu’interroger la marge étroite entre le lard et le cochon. Que les artistes se coltinent la nature, ce n’est pas forcément très nouveau ; qu’ils parodient ou reproduisent les gestes des explorateurs, c’est assez fréquent aussi ; mais qu’ils s’évertuent à n’en livrer que des résultats ratés et des faillites évidentes, c’est heureusement finement et ironiquement calculé pour que ça ne laisse ni indifférent, ni interloqué. Voici quelques siècles, on aurait pu nommer ça des « vanités », soit ce regard introspectif qui nous renvoie sainement à notre relative condition humaine qui n’est avide, paraît-il, que de sublime … Non, pas tout à fait, et ainsi exposé, c’est convaincant et c’est tant mieux !» (Ramon Tio Bellido)

Abraham Poincheval, né en 1972 à Alençon, vit à Marseille Laurent Tixador né en 1965 à Colmar, vit à Nantes.

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Fonds Régional d’Art Contemporain
Poitou-Charentes
63 bd Besson Bey
16 000 Angoulême
05 45 92 87 01
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