Le lynx ne connaît pas de frontières / Fondation d’entreprise Ricard (FR)

 Ângela Ferreira, Mount Mabu, 2013. Vue de l’exposition Le lynx ne connaît pas de frontières.
Photo : Aurélien Mole / Fondation d’entreprise Ricard.
 .
.
.
.
.
.
.
Le lynx ne connaît
.
.
pas de frontières
 .
.
.
.
.
.
.
.Jusqu’au
.
09.05.15
 .
.
.
.
Une proposition de Joana Neves
 .
.
.
.
.

.

.

.

.

Fernando Calhau, Joana Escoval, Otelo Fabião, Ângela Ferreira, André Figueiredo, Carla Filipe, Igor Jesus, Musa paradisiaca, Oficina Arara et Diogo Pimentão

.

Avec cette exposition, la Fondation d’entreprise Ricard propose un regard contemporain sur la scène artistique portugaise.

.

Rosi Braidotti entame son livre “The Posthuman” avec cette remarque : “aucun de nous ne peut affirmer, avec un certain degré de certitude, que nous avons toujours été humains, ou que nous ne sommes que cela”[1]. Braidotti réévalue un humanisme eurocentriste et masculin, à présent désuet, et propose de parler de territoires et de déterritorialisations, du désir en tant que construction plutôt que manque. Porter un regard sur une scène, qui est, somme toute, la mienne, est avant tout l’occasion de tourner le regard de cette scène vers un autre territoire. C’est elle qui regarde et non pas moi qui l’évalue ou choisis ses meilleurs représentants – elle est trop vaste et variée pour cela. J’ai préféré construire un dialogue à partir de plusieurs singularités pour le public parisien, auquel j’appartiens également.

.

Le Portugal a une temporalité très particulière, telle que l’a décrite le philosophe portugais José Gil (2005). Il s’y est effectué, selon lui, un “saut sans médiation du prémoderne au post-moderne” en raison, entre autres, de la dictature de Salazar (1932 – 1974), qui a opéré un hiatus dans le développement du pays. Ainsi, ce pays européen a assimilé à distance certains grands mouvements culturels du XXe siècle ; n’oublions cependant pas qu’il a, en retour, construit sa propre vision dans son contexte, avec son langage.

.

Fernando Calhau, Joana Escoval, Otelo Fabião, Ângela Ferreira, André Figueiredo, Carla Filipe, Igor Jesus, Musa paradisiaca, Oficina Arara, Diogo Pimentão sont les artistes de différentes générations avec lesquels un dialogue s’instaure autour de ce désir d’universalisme pour lequel l’abstraction et le modernisme apportent une solution idéale ; de filiation (la famille que nous avons et celle que nous constituons) et de l’idiosyncrasie en tant que désir constructif.

.

Le titre de l’exposition vient lui-même d’une conversation avec un duo d’artistes portugais, Francisco Queimadela et Mariana Caló, à propos de l’installation vidéo Efeito Orla (2013), dont la prémisse était de partir à la recherche de témoignages des dernières apparitions du lynx dans la chaîne de montagnes de la Malcata au Portugal. Cet animal mythique est non seulement absent dans le film mais aussi dans la région : il est en voie de disparition. Je ne sais pas si Braidotti pensait aux animaux lorsqu’elle a écrit la première phrase de son dernier livre, mais il y a certainement une dialectique qui s’établit entre ces deux espèces, l’homme et le lynx, qui ont à un moment donné subi les conséquences d’appartenir, chacun à leur façon, et ensemble, au territoire circonscrit par les frontières portugaises.

.

Joana Neves, novembre 2014.

.

[1] “Not all of us can say, with any degree of certainty, that we have always been human, or that we are only that”;* Rosi Braidotti, The Posthuman, Cambridge, 2013.

.

L’exposition bénéficie du soutien de la Fondation Calouste Gulbenkian.

.

.

.

.

 

.

.

.

.

The lynx knows no boundaries

.

From Tuesday, March 24, 2015 to Saturday, May 9, 2015.

.

Curated by Joana Neves.

.

.

.

.

.

 .
.
.
.
.
.

Fernando Calhau, Joana Escoval, Otelo Fabião, Ângela Ferreira, André Figueiredo, Carla Filipe, Igor Jesus, Musa paradisiaca, Oficina Arara and Diogo Pimentão

.

Rosi Braidotti opens her book The Posthuman with this observation: “None of us can say, with any degree of certainty, that we have always been humans, or that that is all we are.”1 Braidotti re-appraises a Eurocentric and male humanism, currently out-of-date, and suggests talking in terms of territories and de-territorializations, and about desire as a construction rather than something missing. Casting an eye over a scene which is, when all is said and done, mine, offers above all an opportunity to turn one’s way of looking at this scene towards another territory. It is the scene which is looking and not I who am appraising it or choosing its best representatives—it is too vast and varied for that. I have preferred to construct a dialogue based on several specific factors for the Paris public, which I am also part of.

.

Portugal has a very particular time-frame, as has been described by the Portuguese philosopher José Gil (2005). In it, according to him, the country has made a “leap without any go-between from the premodern to the postmodern”, because, among other things, of the Salazar dictatorship (1932-1974), which created a hiatus in the country’s development. As a result, this European country has, at a distance, assimilated certain major 20th century cultural movements. Let us not forget, however, that, in return, it has built its own vision in its context, with its own language. Fernando Calhau, Joana Escoval, OteloFabião, Ângela Ferreira, André Figueiredo, Carla Filipe, Igor Jesus, Musa paradisiaca, Oficina Arara, and Diogo Pimentão are artists of different generations with whom a dialogue is being ushered in around this desire for universalism for which abstraction and modernism offer an ideal solution; tradition (the family we have and the one we form) and idiosyncrasy as constructive desire. The exhibition’s title itself comes from a conversation with a duo of Portuguese artists, Francisco Queimadela and Mariana Caló, about the video installation titled Efeito Orla (2013), whose premise was to set out in search of testimony about the last appearances of the lynx in the Malcata mountain range in Portugal. This mythical creature is not only absent in the film, but also in the region: it is in the process of disappearing. I don’t know if Braidotti was thinking about animals when she wrote the first sentence of her latest book, but there is undoubtedly a dialectic that is established between these two species, man and lynx, which, at a given moment, have suffered the consequences of belonging, each in their own way, and together, to the territory bounded by Portugal’s borders.

.

[1] “Not all of us can say, with any degree of certainty, that we have always been human, or that we are only that”; Rosi Braidotti, The Posthuman, Cambridge, 2013.

.

Calouste Gulbenkian Foundation supports this exhibition.

.

.

.

.

.

Fondation d’entreprise Ricard
12, rue Boissy d’Anglas
75008 – Paris, France
Tel. : 01 53 30 88 00
Fax. : 01 40 06 90 78
.
.

 

LOGO .  LE VADROUILLEUR URBAIN no 3.
.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.