Michel Onfray : Faut-il brûler l’art contemporain ? / Le comptoir

 

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Poulain de l’écurie du grand bourgeois Emmanuel Perrotin, fils-à-papa détenteur d’une galerie éponyme à rayonnement international et symptomatique de la sottise de l’art contemporain (interrelations entre grand capital financier, institutions étatiques, critique orthodoxe et provoc sans contenu et artistes vides d’intérêt : Xavier Veilhan, Sophie Calle, Takashi Murakami, Claude Rutault, Wim Delvoye), Maurizio Cattelan est l’auteur de nombreuses œuvres « provoc » de cet acabit. Un apport capital au débat social, à la démocratie ; un art qui aide à penser le monde.

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Michel Onfray:

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Faut-il brûler l’art contemporain ?

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Rebelle officiel et chouchou de la journaille, voici Michel Onfray. L’homme n’a, certes, pas que de mauvais aspects : son inclination de nietzschéen revendiqué à renverser les idoles est plutôt sympathique alors que la proverbiale « liberté d’expression » se résume souvent à l’expression « libre » des mêmes sottises et lieux communs que le voisin. Mais enfin, on le rangera parfois volontiers parmi ces penseurs médiatiques qui, à la façon de Pangloss de l’ère des mass merdias, s’échinent à faire savoir à qui-mieux-mieux leur avis sur tout… quand la sagesse ordonnerait de se taire. Exemple avec le double CD de sa niçoise conférence « Faut-il brûler l’art contemporain ? ».

 

Entre ici, cher public, et passe sous le fronton spinozien que grave solennellement Michel Onfray, juché en surplomb de toi : « Ni rire, ni pleurer, mais comprendre ». Et écoute bien. Ici, il ne sera pas question de « tomber dans le binaire » et les écueils : d’un côté les vestales de la « religion de l’art contemporain » et de l’autre, les « réactionnaires ». Non, car Michel Onfray est au-delà de cet imbécile clivage, qu’il a su dégager en vertu de sa haute pénétration d’esprit.

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S’affronter à des nains

Écoute, public, écoute : « il n’y a pas grand monde dans le spectre intellectuel, philosophique français pour défendre l’art contemporain ». Et Onfray d’égrener son chapelet de noms : Comte-Sponville, Bernard-Henri Lévy, Luc Ferry et Finkielkraut – dont aucun n’est pris au sérieux dans le monde de l’art… Ou l’art de se créer de dérisoires adversaires comme un boxeur se proposerait d’affronter des nains. N’importe si leur magistère en matière d’art n’est à peu près étendu qu’au lectorat qui se délecte par ailleurs du Figaro ou du Point – c’est dire…

 

Il ne serait pourtant pas idiot d’exposer les arguments de ces opposants à l’art contemporain pour les contester. Et, à plus forte raison, ceux d’un Régis Debray, d’un Jean Clair ou du « dernier Baudrillard », qu’il se contente de balayer d’un revers de phrase et sans plus d’examen, pour labelliser tout cela « réactionnaire », comme on jetterait indifféremment ses croûtes de pain dans la poubelle.* Mais enfin, passons sur cela. Passons aussi sur l’absence de définition de l’objet « art contemporain » (la « datation » ne fait pas l’unanimité chez les historiens de l’art, mais nous voyons grosso modo de quoi il s’agit). Passons encore sur cet oubli d’importance : la simple possibilité d’une critique radicale (et, par exemple, de gauche ou socialiste ou anarchiste) de l’art contemporain qui n’appelle aucune nostalgie d’un prétendu ordre ancien, seulement l’exigence d’une nourriture pour habiter et combattre le présent(éisme), contempler le passé, envisager l’avenir. Passons sur toute absence de référence à des théoriciens importants de l’histoire de l’art moderne ou contemporain. Passons, passons.

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Du crépuscule des idoles au plein-jour des imposteurs

Pour commencer, Michel Onfray donne d’abord un long résumé de l’histoire de l’art (qui s’étire sur tout le premier disque), s’attardant à raison sur ce passionnant, jubilatoire et trop méconnu épisode des Arts incohérents (les curieux et amateurs du dadaïsme iront lire à grand profit ce site consacré à ce mouvement précurseur de gais persifleurs). Puis d’expédier les raisons du succès de l’art contemporain après Duchamp, éclairant à la lumière de son nietzschéen flambeau le mystère de cet éminent Sphinx du XXe siècle. Pourquoi pas ? Comme l’écrit Alain Boton (lisez donc cet excellentissime article), « à chacun son Duchamp ».

 

Ben Vautier : c’est à peu près toujours aussi médiocre et sot depuis bientôt 50 ans, mais enfin, au moins cela fait-il rire – ce dont beaucoup de cons, tant, pour rien, payés comptant, ne sauraient se vanter.

 

Il finit par aboutir à un vague exposé de l’art contemporain, dont ne surnage en fait pas grand-chose – et il est certain que 1h30 de conférence ne permet pas de venir à bout d’un si vaste sujet. Clémence rengainée, évaluons le contenu de cette conférence. Que nous dit Michel Onfray sur l’art contemporain ? Quelle lumière celui qui s’est fait profession d’allumer des feux de joie au crépuscule des idoles peut-il apporter ? Va-t-il frapper les statues des idoles inquestionnées et des princes de sottise de la modernité et de l’art contemporain, de préférence « avec un marteau ? » Que nenni.

 

Que nous dit-il, donc ? D’abord – et cela est juste – qu’on ne peut critiquer que ce que l’on connaît. Mais, que répond-il justement à cet homme du public qui estime qu’« on prend les gens pour des cons » et qui exprime un rejet de connaisseur (il fait référence à Hans Hartung, Bernar Venet, Piero Manzoni, Ben, la FIAC) ? Que répond-il à la légitime interrogation de cet homme qui souligne qu’il n’y a parfois plus rien à quoi se raccrocher dans l’art moderne (ce que Jean-Philippe Domecq nomme une « réserve d’effets » intrinsèque à l’œuvre, c’est-à-dire indépendante des amphigouris théoriques) ? Et bien, tout comme les catéchumènes et évangélistes du milieu de l’art et des musées (étudiants, théoriciens, journalistes, impayables médiateurs caquetant avec morgue la doxa bien apprise, etc.), Onfray répond – à côté de la plaque – puis fait comprendre que son interlocuteur est un béotien : « vous pouvez dire j’aime, j’aime pas, ça me plaît ou ça me plaît pas – il faut avoir de bonnes raisons ». Et toc ! Ou encore : « avant le jugement de goût, il faut une pédagogie et une éducation au jugement de goût ». Et re-toc !

 

Cela ne manque d’ailleurs pas de saveur, alors qu’il dénonce lui-même les « subversifs officiels » (qu’il ne nomme pas) et le chantage au « vous n’y connaissez rien » : « je pense qu’il y a un discours aujourd’hui élitiste, hyper-élitiste, hyper-aristocratique, très anti-démocratique, de quelques-uns qui veulent conserver l’art contemporain pour eux, qui ne veulent pas partager, qui ne veulent pas dire que l’intérêt dans la production d’une œuvre, c’est qu’elle puisse circuler, faire sens, aider, secouer, ébranler les gens, et qu’on puisse, à partir de telle ou telle œuvre d’art, réfléchir, s’interroger ».

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Suite de l’article (ici)

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