JESÚS RAFAEL SOTO – Chronochrome / GALERIE PERROTIN (Paris – New York)

“Doble progresión azul y negra”, 1975. Peinture sur métal. 305 x 333 x 343 cm

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JESÚS RAFAEL SOTO 
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« Chronochrome »
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 Jan 10 – Feb 28, 2015
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 PARIS
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76 rue de Turenne, 75003, Paris
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10 janvier – 28 février 2015
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.Vernissage :..
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Samedi 10 janvier, 16h-21h
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 NEW YORK

909 Madison Avenue, New York, NY 10021

15 janvier – 21 février 2015

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Vernissage :

Jeudi 15 janvier, 16h-20h

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La Galerie Perrotin présente « Chronochrome », une double exposition de Jesús Rafael Soto (1923-2005), occupant simultanément les espaces de Paris et New York. Organisée en collaboration avec l’Estate de l’artiste, l’exposition dont le commissariat a été confié à Matthieu Poirier comporte une soixantaine d’œuvres réalisées entre 1957 et 2003 en provenance de collections privées et de musées. En 2012, la Grey Art Gallery à New York présente « Soto : Paris and Beyond, 1950-1970 », une grande exposition réunissant une cinquantaine d’œuvres de l’artiste et en 2013, le Musée National d’Art Moderne-Centre Georges Pompidou consacre une exposition à Soto autour d’une vingtaine d’œuvres-clés données en dation. En 2014 le Museum of Fine Arts à Houston et l’Art Institute à Chicago (2014-2015) présentent respectivement deux installations : le « Pénétrable Houston » et le « Pénétrable Chicago ». Les œuvres de l’artiste occupèrent également une place importante dans les expositions « Dynamo. Un siècle de lumière et de mouvement dans l’art. 1913-2013 » (2013) aux Galeries Nationales du Grand Palais à Paris et « ZERO : Countdown to Tomorrow, 1950s–60s », récemment au Guggenheim Museum à New York, quarante années après la grande rétrospective de Soto en 1974 dans le bâtiment de Frank Lloyd Wright.

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Né au Venezuela en 1923, Jesús Rafael Soto reçoit sa formation à l’École des Beaux-Arts de Caracas et s’installe à Paris en 1950, où il résidera en alternance avec Caracas, jusqu’à sa disparition en 2005. Son œuvre se définit progressivement à partir de ses premières réalisations parisiennes, sous l’influence du néo-plasticisme de Piet Mondrian et des théories de Laszló Moholy-Nagy sur la lumière et la transparence exposées dans son ouvrage « Vision in Motion ». Sous le titre « Chronochrome », il s’agit dans la présente double exposition de qualifier l’exploration hautement vibratoire de la monochromie menée par Soto, chez qui la couleur pigmentaire délaisse, le plus souvent, le support stable du plan pour accéder au rang de pur phénomène, lequel se joue dans l’espace et le temps réels de la perception. À ce titre, à propos des premiers reliefs de plexiglas du début des années 1950, le critique d’art Jean Clay explique que Soto obtient, « par le jeu des rayures diversement inclinées, d’étonnants effets de pesanteur inégale, comme si chaque plaque correspondait à l’atmosphère d’une planète différente, comme si chaque série de rayures obéissait différemment aux lois de l’attraction universelle […] Un pas de côté et tout un jeu de lévitations divergentes se met en branle, créant la sensation JESÚS RAFAEL SOTO « Chronochrome » * troublante que des règles physiques contradictoires règnent simultanément sur le micro-espace que Soto a su prendre au piège. »

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Car il s’agit d’une expérience psycho-physiologique — et non pas imaginaire — de l’apesanteur qui est en jeu, au sein d’un univers traversé de forces qualifiées de « non-euclidiennes », autrement dit échappant à l’appréhension rationnelle. Dans le catalogue de l’exposition consacrée à l’artiste en 1969 par l’ARC / Musée d’art moderne de la Ville de Paris, puis par le Stedelijk Museum à Amsterdam, le même Jean Clay souligne la dimension hautement spirituelle de la « dématérialisation radicale » menée par l’artiste. Il cite ainsi Kasimir Malevitch, lequel s’en prenait, plus de cinquante auparavant, au cadre théorique qui, selon lui, gouvernait la pourtant très jeune peinture abstraite : « Alors, affirme donc le critique, se réalise [la] prophétie [de Malevitch] en 1919 : « Celui qui fait des constructions abstraites, et qui se fonde sur des rapports mutuels des couleurs au sein du tableau, celui-là est encore enfermé dans le monde de l’esthétique, au lieu de baigner dans la philosophie ». Il s’agit pour Soto d’échapper à cette logique de fermeture picturale : l’œuvre se doit d’être « ouverte », pour reprendre l’expression formulée par Umberto Eco à propos de l’art cinétique dès 1962. Jean Clay semble trouver l’incarnation ultime de cette logique dans les « Pénétrables » de Soto (dès 1967). Il présente ainsi cette « pluie » de fins tubes de plastique translucides ou colorés comme l’ultime développement de l’« espace ambivalent » qui se fait jour dans son œuvre depuis le début des années 1950.

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Les œuvres rassemblées aujourd’hui à la Galerie Perrotin à Paris et à New York peuvent s’avérer déroutantes, vertigineuses et insaisissables. L’œil, mais aussi parfois le corps, par exemple dans un « Pénétrable », se trouvent subtilement piégés par une perspective multiple, où aucun point de vue n’est privilégié. Ils errent sans fin dans des espaces atomisés, oscillant entre tableau et sculpture, objet et image. Pour le dire cette fois avec Henri Bergson, une œuvre de Soto, parce qu’elle envahit notre espace perceptif sans jamais se laisser saisir pleinement, est un objet que personne n’a jamais vu et ne verra jamais dans sa totalité. Que ce soit par le biais d’un relief mural, d’une sculpture ou encore d’un environnement, c’est à une expérience dynamique de l’immatérialité, renouvelée à chaque contemplation, que nous invite cet acteur majeur de l’histoire de l’abstraction radicale : celle d’une incomplétude, d’un continuum espace-temps dont le récit et le document failliront toujours à rendre compte. Car plus que tout autre tableau, relief ou sculpture de l’histoire de l’abstraction, l’art cinétique de Soto est irréductible à la photographie. À l’ère du tout-image, c’est peut-être là sa première qualité.

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Matthieu Poirier est docteur en histoire de l’art de l’Université Paris-Sorbonne, où il a enseigné. Ancien chercheur invité du Centre allemand d’histoire de l’art, il a récemment organisé ou co-organisé les expositions « Post-Op. Du perceptuel au pictural. 1957-2014 » (Galerie Perrotin, Paris, 2014), « Dynamo. Un siècle de lumière et de mouvement dans l’art. 1913-2013 » (Galeries Nationales du Grand Palais, 2013) et « Julio Le Parc » (Palais de Tokyo, 2013).

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À l’occasion de l’exposition, une monographie de 184 pages est également publiée avec un texte de Matthieu Poirier et une chronologie d’Arnauld Pierre.

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GALERIE PERROTIN
PARIS
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76 rue de Turenne – 75003 Paris
10 impasse Saint Claude – 75003 Paris
T: +33 1 42 16 79 79
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Tuesday – Saturday, 11am – 7pm
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 NEW YORK909 Madison Avenue,
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New York, NY 10021
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15 janvier – 21 février 2015

 

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LOGO .  LE VADROUILLEUR URBAIN no 3.
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