Edition 2015 – Sécurité : Que reste-t-il de nos espaces de liberté ? / Art Souterrain

 Photo: Érick Duhagon

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Édition 2015

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Du 28 février

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au 15 mars

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Sécurité : Que reste-t-il de nos espaces de liberté ?

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Le thème de l’édition 2015 «La sécurité dans notre société, qu’advient-il de nos espaces de liberté ?» soulève des interrogations sur le rapport aux nombreux dispositifs de sécurité mis en place dans la société pour assurer la protection des citoyens.

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A l’ère de l’essor des moyens de transport et des télécommunications, nous obtenons de nouvelles formes de liberté : le libre mouvement, l’accès direct à l’information et la diffusion immédiate de nos idées à travers le monde. Pourtant, cette liberté apparente est doublée d’un autre phénomène, la surveillance, censée assurer sécurité et confort quotidien.

 

Une partie des dispositifs de sécurité est visible et connue de tous. Citons entre autres les milliers de caméras qui nous observent et les zones d’inspection filtrage dans les aéroports. L’autre partie de ce réseau est, en revanche, bien plus élaborée et complexe : la surveillance électronique, invisible et efficace.

 

A chacun de nos déplacements, à chaque utilisation de notre cellulaire ou de notre carte de crédit, voire même lors de la consultation d’une page internet, nous générons une trace électronique repérable. Les nouvelles technologies nous identifient et permettent aux organisations publiques et privées de récolter des données personnelles afin de décrypter nos mouvements, nos activités, nos centres d’intérêts et ainsi d’établir notre «profil». Ces renseignements peuvent ensuite être utilisés par les entreprises à des fins publicitaires, pour des démarches marketing, mais aussi, par les gouvernements et les agences de renseignement dans le cadre d’enquêtes judiciaires.

 

L’ensemble de ces diverses mesures préventives, destinées à éviter un incident et à anticiper nos actions, entraîne un risque de freiner notre spontanéité et d’entraver notre liberté d’expression. Finalement, est-il vraiment possible de trouver un équilibre entre notre besoin de sécurité et notre liberté ? Peut-on être protégé sans pour autant être limité dans nos actions et dans l’expression de nos opinions ?

 

Ces interrogations, liées à notre mode de vie actuel, intéressent depuis longtemps les intellectuels. Au XVIIe siècle, le poète français Jean de la Fontaine pointe du doigt l’équilibre précaire entre sécurité et liberté en affirmant que « L’adversaire d’une vraie liberté est un désir excessif de sécurité. » C’est aussi l’idée de Jean-Jacques Rousseau, développée dans Du contrat social au XVIIIe siècle, qui apparente la sécurité à l’esclavage : « On vit tranquille aussi dans les cachots, en est-ce assez pour s’y trouver bien ? Les grecs enfermés dans l’antre du Cyclope y vivaient tranquilles, en attendant que leur tour vint d’être dévorés. »

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SECURITY IN OUR SOCIETY: WHAT REMAINS OF OUR PERSONAL FREEDOMS?

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The 2015 edition’s theme, “security in our society: what remains of our personal freedoms” raises questions about the various security measures implemented in our society in the aim of protecting its citizens.

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In an era of unprecedented development in telecommunications and transportation means, we’ve come to know new forms of freedom: freedom of travel, direct access to information as well as numerous ways of sharing our thoughts and ideas around the world. However, this freedom seems inextricable from another phenomenon that is meant to ensure our safety and daily comforts: surveillance.

 

Certain means of surveillance are visible and generally known, for example, the innumerable cameras that watch over us in airports and other public spaces. There is however another network of complex security measures: invisible and efficient electronic surveillance.

 

With every exercise of our freedom, every use of our cellular phones and credit cards, even browsing the Internet, we render ourselves traceable. New technologies make it simple for public and private organisations to locate and recognize us, allowing them to collect our personal information. These organisations can follow our every move, our activities and interests, making it easy to profile each individual more efficiently than ever before. Corporations can then use our personal information for advertising and marketing purposes, just as easily as governments and agencies can for judicial purposes.

The combination of various measures that aim to prevent unwanted incidents and to anticipate our activities and choices can also act as inhibitors of our spontaneity and a hindrance to our freedom of speech. Is it possible to find a balance between our needs of safety and freedom? Can we be made safe without having our liberty encroached upon?

 

These societal questions so closely linked to our modern lifestyles have been of interest to intellectuals for quite some time. In the 17th century, the French poet Jean de la Fontaine highlighted the precarious balance between security and liberty when he stated that “the enemy of true freedom is the excessive desire for security.” It was also the idea of Jean-Jacques Rousseau, expanded on in his “Social contract » in the 18th century which likens security to a form of slavery. “The Greeks imprisoned in the cave of the Cyclops lived there very tranquilly, while they were awaiting their turn to be devoured.”

 

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LOGO .  LE VADROUILLEUR URBAIN no 3.
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