La chronique de Nicole Esterolle n° 54 / Grande débandade dans l’art financier contemporain

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 La chronique de

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Nicole Esterolle

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Grande débandade dans l’art financier contemporain

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Au sommaire de ce  n° 54:

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Des infos frétillantes d’actualité, à lire posément …L’ensemble des textes et documents joints ou liés représentant environ 2 heures de lecture, pour une information rafraîchissante et des éléments de réflexion que vous ne trouverez pas dans vos médias habituels, pour redonner un sens humain au terme « art »

 

1- Grande débandade dans l’art contemporain

2- Au salon du têtard émergent sur la scène internationale

3- Une critique d’art passe-partout

4- A Lyon, un Buren sublime de 300 m2 est porté disparu…

5- Buren-Happy Droopy….

6- La chute d’un « pied- nickelé » de l’AC : Nicolas Bourriaud  en instance d’être viré de l’École des Beaux-Arts de Paris

7- À l’ex-prison d’ Avignon, l’ art des ultra-riches a trouvé l’ écrin d’ultra – misère sociale qui le met bien en valeur.

8- De la musique contemporaine…

9- Il faut sauver l’artiste Audin !

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1- Grande débandade dans l’art contemporain

Le grand marché international de l’art contemporain est actuellement soumis à de terribles tremblements et bouleversements tectoniques, provoquant glissements de terrains, pertubations diverses dans les voies de circulation, brouillages des repères et des codes signalétiques, effondrement des places fortes, etc…Bref c’est la grande débandade dans l’art financier planétaire : un grand sauve-qui-peut que ses acteurs eux–mêmes ne peuvent ni comprendre ni maîtriser et dont ils sont – par quelque divine justice– les premières victimes.

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* Lambert

Il y a d’abord, pour illustrer cette pagaille, ces deux infos concomitantes que vous avez eues comme moi:

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– qu’à l’ex-prison d’ Avignon, l’ art des ultra-riches de la collection Lambert avait  trouvé pour l’été l’ écrin d’ultra – misère sociale qui le mettait bien en valeur. ( voir plus loin)

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– Que le même Lambert, suite à grosses difficultés financières, avait mis la clef sous la porte de ses trois galeries de Paris, Londres  et New York, pour ne se consacrer qu’à sa collection Avignonnaise et à l’éditions de beaux livres d’art…. « Ce n’est pas une décision politique, mais l’effet du temps, le constat que le monde de l’art est différent de celui que j’ai aimé. Je veux faire autre chose de plus humaniste, moins axé sur l’argent et l’obsession des prix», Ben voyons !…dit l’humaniste Lambert qui, bien sûr, considère qu’il n’y est pour rien dans cette débandaison…

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La cessation d’activité de l’énorme, prestigieux et international Lambert, une de nos rares fiertés françaises avec ses amis Buren et Toroni, sonne donc « comme un coup de tonnerre » dans les milieu des affairistes de l’art contemporain français et chez la valetaille des  critiques d’art à leur solde.

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On peut voir  dans l’ écroulement de ce « phare » privé  de l’art institutionnel  français, comme le signe précurseur du chaos en question, mais on peut voir aussi dans le séjour en prison de la collection Lambert, (cadeau à la ville d’Avignon estimé à 100 millions d’euros, mais qui ne vaudra plus un clou dans quelques années, lorsque les bulles artistico-financières qui la composent auront éclaté) comme la preuve de cette déliquescence tant éthique qu’esthétique… sans même parler de la révocation pour présomption harcèlement moral et sexuel, du directeur de l’école des beaux Arts, qui était pourtant l’un des plus forcenés  chantres des vertus pédagogiques de cette « fabuleuse » collection .

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* Templon

Autre info significative : celle de l’exposition Yan Fabre (l’artiste comportemental belge qui jette des chats en l’air )  organisée opportunément par Templon, à Kiev, pour mieux parachever le foutoir ukrainien sans doute,  au bénéfice des victimes civiles des affrontements et des oligarques mafieux des alentours… Sans parler de cette invraisemblable séquence vidéo-télé, où l’on voit Templon avec ses poulains Gilbert & Georges parler de et avec  leur égérie, la belle Zaïa, mondialement connue pour les soins sexuels qu’elle à fournis à quelques footballeurs français de haut niveau … Sainte alliance du football, du sexe, du pognon et de l’art contemporain… Ne manque plus que le goupillon de l’ecclésiastique  qui a béni et préfacé la nouvelle édition du best seller «  La vie sexuelle de Catherine M. » …

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* Filippetti

On apprend qu’ Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication, a nommé Kathryn Weir directrice du département du développement culturel du Centre national d’art et de culture-Georges Pompidou, en remplacement de Bernard Blistène, nommé directeur du département du musée national d’art

moderne-Centre de création industrielle .  Kathryn Weir était directrice du département d’art international de la Queensland Art Gallery/Gallery of Modern Art de Brisbane. Elle entend bien renforcer l’ouverture des  programmations du Centre Pompidou aux scènes artistiques internationales… Autrement dit l’État français persiste et signe dans la stratégie qu’il même depuis trente ans de mise à disposition du dispositif public pour la valorisation de  produits artistico-financiers internationaux… « contemporains » bien évidemment.

Et c’est ainsi que l’institutionalité, l’État, le Ministère et Fillipetti , pris au piège des puissances financières qu’ils continuent de servir  obstinément, vont livrer le Centre Pompidou à une exposition Jeff Koons, alors que celui-ci est de plus en plus artistiquement discrédité à mesure que sa cote chez les spéculateurs incultes et ivrognes augmente.

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* Raysse (la Tatie Danielle de l’AC)

Avant cette expo Koons et selon cette même politique ministérielle de disqualification de la création française, il y aura eu la rétrospective Martial Raysse…Le plus consternant  des peintres français…complétement délabré dans la facture et pourri dans l’esprit… Un « actif artistico-financier toxique » si affligeant que même les critiques les moins regardants et les plus inféodés au système ont honte de commenter positivement.

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« En toute humilité, si la France veut un grand peintre en ce début du XXIe siècle, c’est moi, ce n’est pas Buren. Il n’y a personne d’autre », dit pourtant l’ex- flamboyant playboy des années 60, aujourd’hui manifestement gâteux, l’« anti Bernard Buffet » qui voulait « chanter le soleil et l’optimisme des bains de mer », champion du pop-art français niçois mâtiné nouveau réalisme, « Icône de la révolution sexuelle et artistique », «  hygiéniste de la vision » et dont les œuvres de cette époque, « qui refusent le vieux, le dégradé, le périssable et l’obsolète. .. », se vendent aujourd’hui des millions de dollars… Touché cependant , en mai 1968, par une sorte de grâce ésotérico-écolo-mystique, qui lui fait «  récuser les jeux biaisés du marché de l’art »,  renier son passé de pop-artiste flambeur pour devenir une sorte d’apôtre illuminé de la décroissance, de la lutte contre la société de consommation et chantre d’un un art équitable avec son ami Pinault.

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Il achète alors, en 1979, une vieille bergerie dans les collines dans le Périgord noir, pour y mener une vie ascétique. Avec peu d’argent, sans télé, sans électricité ni eau courante, il jardine, médite, fait son pain, mange les œufs de ses poules et puis ses poules. « Solitaire et sauvage, il s’y emploie  à réinventer une nouvelle vision du monde. » écrit quelque part un de ses hagiographes… mais surtout il entreprend d’apprendre à peindre avec la touchante application d’un peintre du dimanche (ou des jours fériés). Alors, bien sûr, ses picturalités maladroites, font-elles, comme le dit le même hagiographe « l’objet d’un rejet et d’une profonde incompréhension », de la part des critiques d’art qui l’avaient encensé et qui se sentent trahis… l’objet d’apitoiement et de consternation de la part de ses collectionneurs  qui voient dans ce « ressourcement du côté du bouddhisme zen chinois des pères du désert et du soufisme périgourdin »  un risque de forte dépréciation financière des œuvres qu’ils possèdent par devers eux.

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N’empêche, le  récent  retour en grâce de notre Tatie Danielle de l’Art contemporain français, ne l’empêche pas de toujours dénigrer vigoureusement la quasi – totalité de la  création plastique actuelle : « Ce n’est que de la rhétorique. » dit-il, et il n’y a guère que Lucian Freud qui échappe à son courroux anti-intello. Quant aux autres artistes de la galerie Kamel Mennour  où il expose en parallèle avec le Centre Pompidou (une heureuse coïncidence), il a bien prévenu le galeriste  qu’il les considérait comme tous très mauvais et indignes de lui…
Une expo Raysse donc , qui comme celle de Koons, s’inscrit en parfaite cohérence dans le grand n’importe quoi ministériel et dans le grand sauve qui peut de l’art contemporain.

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* Picasso

Nous apprenons par ailleurs que Laurent Lebon, qui s’était signalé par la grande exposition du Vide qu’il avait organisée au même centre Pompidou, par les expositions Koons et  Murakami au Château de Versailles…autant de faits d’armes qui lui avaient valu la direction de l’annexe du Centre Pompidou à Metz, où il avait là-aussi fait le vide de visiteurs…vient d’être nommé par Madame Fillipetti, selon cette même cohérence dans le grand tourbillon du n’importe quoi, à la direction du Musée Picasso…et en remplacement de Madame Baldassari, virée pour présumée cruauté mentale envers le menu personnel de l’établissement…la grosse  débandade vous dis-je !

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* Art press

Et puis nous assistons à l’étonnant coming -out  d’Art Press, l’organe officiel de la contemporanéité artistique nationale, avec son brusque et inattendu intérêt pour l’art brut et pour Richard Texier, alors que ce magazine  avait de tous temps conchié ces types d’expression trop « populistes ». .. Il paraîtrait, pour expliquer ce virage,  que Catherine M. aurait lâché la direction d’Art Press pour se consacrer à la peinture à l’huile…

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* Les chinois

On dit que les chinois, qui, eux, au contraire des institutionnels français,  vénèrent la France, son art et sa culture, achètent à tour de bras et pas cher des artistes peintres français de bonne facture mais peu connus, qu’ils vont revendre 10 fois plus dans des galeries chinoises…Un phénomène inattendu qui risque de perturber encore les mécanismes du marché mondial…Gros bazar vous dis-je !

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* Nos vœux…

… seraient que ce délitement des réseaux spéculatifs mondiaux et la déliquescence de l’appareil institutionnel français qui l’accompagne automatiquement , permettent l’avènement d’un autre rapport global à l’art, la réhabilitation des « valeurs » et critères éternels, le retour du droit pour chacun au respect de la  création française, nationale , régionale, locale , sans être taxé de nationalisme franchouillard, de provincialisme, de ringardisme, de populisme, etc… Qu’un ministre de la Culture ose mettre les pieds dans le plat et amorcer une rupture avec cet internationalisme idiot… Qu’un Manuel Valls, dont le papa est artiste peintre, et qui pour cela connaît bien la situation,  mais a d’autres chats à fouetter, trouve le temps  s’en préoccuper…

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2 – Au salon du têtard émergent sur la scène internationale

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Un têtard -émergent –sur- la –scène- artistique -internationale est un jeune plasticien, frais émoulu ou post-diplômé le plus souvent, d’une école des Beaux-arts, et qui, dument formaté,  commence à montrer ses œuvres dans les circuits d’expositions  institutionnels installés pour cela, comme le Salon de Montrouge.
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Le têtard émergent, c’est un peu comme ces jeunes talibans-étudiants en théologie sortant des écoles coraniques, parfaitement analphabètes mais redoutablement armés pour défendre et promouvoir leur ignorance. Le têtard émergent ne sait pas dessiner, ni peindre, il bricole tout juste des installations improbables avec scotch, parpaings et bouts de ficelle. Il est parfaitement inculte en histoire de l’art, hors celle qui concerne ses référents Duchamp, Buren, Millet, Koons, Lambert, Rutault,  etc.,  il est puissamment armé en arguments rhétoriques d’une extrême sophistication conceptuelle lui permettant de justifier, ses bricolages et de fusiller les mécréants qui doutent de leur pertinence et de leur performativité. Questionneur sociétal infatigable, il est un vrai révolutionnaire et un courageux combattant pour une société meilleure. Il est une pure intellectualité, et c’est pour cela que j’ai changé son ancienne appellation « schtroumpf émergent » en « têtard émergent », qui me semble mieux adaptée en ne faisant pas référence aux sympathiques petites chaussettes bleues de Peyo.
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Il est un cortex sur pattes, qui convoque, interpelle et interroge tout ce qui passe à sa portée, dont voici la liste officielle : les conditions d’apparition de la peinture dans l’espace social, la valeur, l’évaluation esthétique  , sociale et psychologique des expériences éprouvées, le notions d’infiltration ou d’exfiltration de l’art contemporain dans des lieux ou des contextes donnés,  les notions de traversée, de contamination, d’interaction ou d’illusion,  la représentation et de sa mise en scène, l’espace urbain ou de celui d’un centre d’art, les mutations des structures de pouvoir , la perception du lieu, les relations entre les individus, les rapports de force, de rapprochement et d’interaction des uns avec les autres et avec les belles-mères, la métamorphose de la perception commune de l’espace, les espaces de narration issus du théâtre et de l’exposition artistique, les matériaux de notre monde contemporain, les questions sociopolitiques, comme la mondialisation, la culture médiatique, la consommation ou la propriété, les systèmes qui organisent notre lecture du monde, l’aspect tangible et aléatoire de notre position dans le monde, notre condition en tant qu’être physique, social et psychologique, la mécanique du vivant, le corps,  les mutations dues aux technologies du vivant, le vivant et le construit, le réel et le virtuel, le pérenne et le temporaire, la conception du projet urbain, les mégas récits du progrès liés au modernisme, notre existence contemporaine individuelle, les objets issus de notre quotidien, l’espace d’exposition, le temps et l’espace, les questions sociales et culturelles, la position de l’artiste dans l’interface de l’individuel et du collectif, les notions de territoire et de déplacement, les matières et images industrielles, le goût et l’autorité, notre degré de conditionnement par l’espace urbain, la « nature » et la « culture » , la perception de l’espace dans lequel nous nous trouvons, les modalités de la création des objets d’art l’espace urbain, les champs artistiques diversifiés qui s’articulent autour des notions d’apparition, d’identité et d’altérité, les économies variables, de langage, de genre, d’espace, de géographie, de classe, se réunissent pour résolument former le médium même – le langage – au sein duquel nous les performons. etc.
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Il fallait donc que la France se dotât d’un lieu d’émergence de ce questionnement sociétal fondamental, d’un
lieu de découverte et de reconnaissance qui fasse aussi « accélérateur de carrière », pour ces milliers de jeunes performateurs sortis chaque année de nos école des Beaux-Arts…et c’est le Salon de Montrouge qu’a été  investi de cette fonction
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Alors, la ville y a mis le paquet financièrement, avec la DRAC, le Conseil Général, le Ministère et des sponsors de toutes sortes. On a créé un « Collège critique » réunissant une quinzaine d’éminents acteurs du réseau, journalistes, historiens, critiques, collectionneurs, galeristes et commissaires d’exposition, tous issus de l’appareil art contemporain institutionnel et des réseaux grands marchands, dont voici la composition pour l’année 2014 :
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 montrouge college-critique2014-17

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Gaël Charbau, critique d’art et commissaire d’exposition, directeur des Editions Particules. Christian Berst, Directeur de la Christian Berst, Paris, Augustin Besnier, Critique d’art, Daniel Bosser, Collectionneur et ancien Président des Amis du Palais de Tokyo , Sandra Cattini, Critique d’art et inspectrice à la Direction générale de la création artiqtique ; Yann Chevallier, Directeur artistique du Confort Moderne, Poitiers, Elisabeth Couturier, Critique d’art et journaliste, Philippe Cyroulnik, Critique d’art et directeur du 19, Crac de Montbéliard, Marianne Derrien, Critique d’art, Christophe Donner, Écrivain, Dorith Galuz, Collectionneuse, Alexis Jakubowicz, Critique d’art et commissaire d’exposition, Bernard Marcadé, Critique d’art, Anne Martin-Fugier, Écrivain et collectionneuse , Lætitia Paviani, Critique d’art , Céline Piettre, Critique d’art et journaliste, Michel Poitevin, Collectionneur et administrateur de l’ADIAF, Paris, Alexandre Quoi, Historien d’art, Olga Rozenblum, Productrice, red shoes, et co-fondatrice du Treize, Paris, Eric Suchère, Écrivain et enseignant, École Supérieure d’Art et Design de Saint-Étienne, Camille Viéville, Historienne d’art, Mathilde Villeneuve, Critique d’art et directrice des Laboratoires d’Aubervilliers…

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Que du beau monde donc trié sur le volet, pour trier environ 3000 dossiers de candidature correspondant à la fournée annuelle de jeunes têtards diplômés avec félicitations du jury, et pour en extraire la quintessence, soit  une centaine d’exposants, avec parmi eux les  futurs stars du marché international…Heureux élus  bénéficiant déjà, grâce à Montrouge, d’une aide concrète à travers une bourse à la production, d’un « accompagnement critique », de la perspective d’ une exposition au Palais de Tokyo (Partenaire fidèle et emblématique de leur  souci de professionnalisation), de l’inscription dans les réseaux des FRACs, des structures de monstration subventionnées, de la Fondation Pastis Ricard (L’abus…consommer avec modération), etc.

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Cette vocation du Salon de Montrouge de détecteur des futurs « produits artistico-financiers internationaux », s’est affirmée, en 2009, avec la nomination de Stéphane Corréard à sa direction, en remplacement d’ Alain Lamaignère , qui avait su jusqu’alors conserver à ce  Salon la diversité, la prospectivité et l’indépendance vis à vis des injonctions institutionnelles et grand-marchandes, qu’avait su lui insuffler à son origine, sa créatrice Nicole Gignoux.

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Ce  virage esthético-idéologique s’est amorcé en 2009 avec l’arrivée, en tant qu’invité d’honneur de l’artiste Label-Rojoux, par ailleurs professeur de foutage de gueule à la Villa Arson (École des Beaux-Arts de Nice).

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« Aujourd’hui, l’art est devenu avec le football et la télé-réalité l’une des seules possibilités d’ascension sociale rapide », … Bien sûr, le marché a toujours raison : à long terme, parce qu’il s’aligne sur l’histoire de l’art, et à court terme, parce qu’il n’y a plus personne pour le contredire! »… « Les artistes qui sont aujourd’hui plébiscités par le marché seront-ils au firmament de l’histoire de l’art dans un siècle ? Non, à coup sûr, … Il y a eu des artistes portés aux nues de leur vivant, et de l’argent trop vite gagné qui ne demande qu’à être épongé : les deux sont faits pour se rencontrer. » …Voici, quelques platitudes moralisantes , qui ne manquent pas de vergogne de la part d’un Stéphane Corréard qui est par ailleurs, expert pour la maison de ventes Cornette de Saint-Cyr et en plus collaborateur du journal Art Magazine pour sa rubrique de conseil aux spéculateurs, intitulée «  délit d’initié » et présentée comme suit : « Dans un marché de l’art totalement dérégulé, le délit d’initié, loin d’être une infraction, guide les acquisitions des plus importants collectionneurs. À cette fin, ceux-ci rémunèrent des conseillers, les « artadvisors ». Leur métier ? Deviner avant tout le monde qui seront les futures stars pour les acheter, dès aujourd’hui, à des prix avantageux. Chaque mois, Arts Magazine lève un coin du voile, décortique la mécanique artistico-financière, et vous fait profiter des conseils d’achat de son duo de spécialistes, un critique d’art et un analyste financier, Stéphane Corréard et Étienne Gatt »…On croit rêver ! Car, plus que de délit d’initié, on pourrait parler en ce cas  de mélange des genres voire de conflit d’intérêts flagrant puisque celui qui «  devine avant tout le monde qui seront les futures stars pour les acheter, dès aujourd’hui, à des prix avantageux » est le même qui les fabrique au Salon de Montrouge…et,  dans le même temps regrette, qu’il n’existe plus d’autre instance de légitimation valide que celle du grand marché … que les musées désargentés soient contraints,  à l’instar du centre Pompidou de ne plus montrer que  les chouchous des gros collectionneurs…  que  la critique d’art ait perdu de son crédit au profit des courbes de  Artnet ou d’Artprice… Que les artistes eux-mêmes songent parfois plus à faire carrière qu’à faire œuvre… à l’instar des têtards de Montrouge…

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Alors, au point où l’on en est de ce double langage, de cette salade rhétorique, de ce cynisme,  ou de cette incohérence, on ne s’étonne pas de la présence de la Galerie Christian Berst adoubée par l’appareil en récompense de s’être spécialisée dans la titrisation boursière  des œuvres de l’art brut qui en avaient été préservées jusque là….On ne s’étonne pas de voir l’excellent Muzo avec cette toile (doc 01) représentant  un jury des Beaux-Arts « marcher sur des œufs » pour ne pas heurter la doxa d’Etat…On ne s’étonne pas de voir un merveilleux dessin de l’excellent Quentin Spohn (doc 02) qui n’a rien à faire ici, sauf pour servir d’ alibi à l’inanité du reste…On ne s’étonne pas non plus de ce comble du cynisme ou du foutage de gueule pervers, qui consiste à inviter « l’artiste en tant qu’escroc » nommé Eskrocar, qui s’est justement spécialisé dans la dénonciation de l’escroquerie, de l’imposture et du foutage de gueule caractérisant l’art tel que l’ont appris et le conçoivent la majorité des têtards émergents de Montrouge : http://www.eskrokar.com

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3 – Une critique d’art passe-partout

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Chers artistes en voie d’émergence, je viens de vous écrire le texte ci-dessous, modèle, standard et passe-partout, qui marche dans tous les cas de figures et  pour toutes les « démarches »  artistiques formatées à l’institutionnel  et au contemporain international. Vous donc pouvez l’utiliser vous-même pour présenter votre « process » dans un dossier de demande de subvention, de candidature pour Montrouge … ou pour frimer auprès de vos amis ou parents

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Cette exposition de XXX n’est pas une structure signifiante, ni une organisation réfléchie, ni une inspiration spontanée, ni une orchestration, ni une petite musique. Elle est avant tout, dans un pur esprit Deleuzien, « un agencement d’énonciations ». Elle déploie ainsi, dans l’intégralité des espaces, une série de nouvelles productions mises en relation avec des œuvres existantes. Elle est à appréhender comme un agencement d’expériences, d’intuitions et répertorierait dans un même temps un ensemble de parcelles, une géographie, parfois mutique, parfois animée, de la mémoire ou des mémoires de l’artiste tel un jeu de réminiscences. XXX nous conduit ainsi dans un monde régi par la science, le politique, par des réalités historiques, ou par l’imaginaire collectif, qui à travers des dispositifs vibratoires entre-eux et sur eux-mêmes, seraient autant de pistes pour qu’est-ce-tionner ou évaluer notre rapport au monde. L’espace ou les temporalités entre les œuvres, sont pour l’artiste des engrenages spiralés aussi importants que les oeuvres elles-mêmes. Par une po-éthique combinant intentions et regards, entre voir et montrer, il ne s’agit pas de trancher, mais plutôt de faire coexister pour que des affects surgissent aux interstices.  C’est surtout autour du statut de l’image et du concept de temps que ses démarches déploient une riche panoplie d’objets visuels. Les sciences et la philosophie sont là en toile de fond pour aiguiser les recherches et les centres d’intérêt de XXX qui vit entre Paris , New York et …Romorantin (si vous habitez cette ville) 

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4 – Un Buren de 300 mètres carrés

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« Une sublime pièce de Daniel Buren de 300 m2 » : ce n’est pas moi qui ai inventé ça pour vous faire rire, c’est notre Djak culturel national dans l’interview qu’il a accordé au Monde du 28-06-14 – dans le cadre d’un vaste dossier étouffe – chrétien intitulé « la gauche a-t-elle abandonné la culture ? » – et dont je vous joins la copie (doc n° 08) pour bien prouver que je n’invente rien

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La ville de Lyon, selon lui, « regorge de ce type d’œuvres » grand format, pour lesquelles  il serait bien que la France se dotât d’un très grand Musée bien sûr, pour affirmer sa grandeur internationale, et pour montrer que dans notre pays  « les idées ne manquent pas si l’on veut mobiliser les talents, les énergie et les enthousiasmes »…(toujours frétillante de la glotte, la vieille saucisse botoxée)

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Le problème cependant, est qu’à Lyon, où Buren est pourtant très connu pour avoir ravagé la Place de l’Hôtel de ville, personne ne semble au courant de l’existence de cette « sublime » pièce de 300 m2…

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Si vous vous savez quoi que ce soit sur le sujet, n’hésitez pas, chers amis,  à m’en informer… Merci !

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5 – Buren : « You know what ? I’m happy ! »

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« Ce n’est pas Philippe IV qui a fait Velasquez, ce n’est pas la IV e République qui a fait Georges Braque, mais c’est bien la Ve République qui a fait Daniel Buren » Marie Sallantin

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« Je vous joins ( doc 06) le dossier de presse  de l’expo Buren au Musée des Strasbourg, intitulée « Comme un jeu d’enfant-Travaux in-situ » et qui durera jusqu’au 4 janvier 2015… soit six mois

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Je vous joins aussi ( doc N°05) cette image de notre  travailleur in-situ national,  qui, à chaque fois que je la regarde, me réjouit au plus profond de moi, comme quand je revois le Droopy  du fameux  « You know what ? I’m happy ! »

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Même regard un peu abattu et semi-souriant de notre infatigable outilleur visuel dans sa petite veste à col Mao-kampuchéa démocratique…et visiblement satisfait de lui, pour la centaine de jolis petits monochromes de diverses couleurs que l’on voit en arrière –plan  et qu’il a fait réaliser pour orner l’escalier du magnifique Hôtel particulier où il vient d’ œuvrer in-situ comme d’habitude.

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Content de lui, quand il lit, dans le dossier de presse de Strasbourg, la même sempiternelle formule consacrée à son sujet : « considéré comme l’un des artistes les plus importants de la scène contemporaine, Daniel Buren est l’auteur d’une œuvre plastique et théorique considérable »…

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Content de lui donc, comme Droopy de ses exploits, d’avoir réussi cette prouesse inouïe d’ être « Le plus important plasticien  français de renommée internationale » qu’il est devenu, à partir d’une proposition  plastique et théorique d’une pauvreté intrinsèque quasi absolue.

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Mais il n’empêche que pour franchir les portes ouvertes et pénétrer dans  la béance théorique et plastique de l’œuvre burénienne, il faut avoir des mots – clefs, des mots de passe en quelque sorte, des Césames- ouvre-toi…Et la direction du Musée de Strasbourg a pris soin de nous les fournir dans le dossier de presse joint, en extrayant du colossal sac de chamalots  verbeux des « Écrits » de Buren, pesant ouvrage en deux volumes de 600 pages chacun, les citations qui semblaient les plus lourdes.. Et parmi celles-ci, je vous en ai choisi d’archi-lourdes d’absence de sens , que je vous livre ici …

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Alors imaginez ces formules ultra-creuses de Buren, ces boulettes de papier mâché d’une  furieuse insignifiance, d’une crétinerie aussi docte qu’abyssale, dites à haute voix avec l’intonation d’un Droopy prophétique énonçant des citations de Lao Tseu.

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La couleur

You know what ? : « je pense que la couleur, c’est de la pensée pure ; qu’il est impossible de la transcrire ni en musique, ni en parole, ni en philosophie, ni en rien ; que c’est  brut ; que c’est d’une complexité extraordinaire ; que cela  relève de l’indicible ; que cela  n’exprime rien ; que c’est un pur moment de beauté immatérielle et sensible… » » So, I’m happy !  (Propos recueillis par Jérôme Sans )

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L’artiste et le Musée

You know what ? : « Le musée me permet une expérimentation que je dois pousser le plus loin possible, avec beaucoup d’exigence et qui relève en quelque sorte du service public. Cette recherche est fondamentale, tout comme la recherche en mathématiques ou en sciences »… So, I’m happy ! (propos recueillis par Olivier Vadrot)

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Beauté

You know what ? : « Je tiens pour acquis et ose affirmer que, si la beauté n’est plus la finalité de l’art depuis longtemps, elle existe plus que jamais et s’exprime dans chacune des meilleures productions de ce siècle … La beauté d’une oeuvre a plus à voir avec son concept qu’avec son « esthétique » ou le résultat formel. » » So, I’m happy !  (Propos recueillis par Anne Baldassari)

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Écrits

You know what ? : « L’artiste n’étant pas obligatoirement un idiot ou un analphabète, pourquoi n’écrirait-il pas aussi ? En ce qui me concerne, il existe quelques raisons à cette activité « littéraire », raisons parmi lesquelles on peut distinguer : la nécessité, l’urgence, la réflexion, la commande et/ou le plaisir. Chacun de mes textes est le résultat de l’une ou plusieurs de ces cinq raisons. » So, I’m happy !  (Propos recueillis par Jérôme Sans )

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L‘outil visuel

You know what ? : « Mes bandes colorées n’ont aucune signification en tant que telles. Ces sont simplement des instruments très ductiles pour voir. Elles prennent un sens lorsqu’elles sont utilisées. » So, I’m happy !

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Point de vue

You know what ? : « S’intéresser au point de vue revient implicitement à prendre en considération le regardeur, car il ne peut y avoir de point de vue sans personne. Concevoir un objet induit qu’il puisse être vu. Une oeuvre commence à « exister » lorsqu’une autre personne que celle qui la fabrique la regarde. » So, I’m happy !  ( propos recueillis pas Jérôme Sans )

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Travail in situ

You know what ? : « Employée pour accompagner mon travail depuis une dizaine d’années, cette locution ne veut pas dire seulement que le travail est situé ou en situation, mais que son apport au lieu est aussi contraignant que ce qu’il implique lui-même pour le lieu dans lequel il se trouve. Le mot travail étant extrêmement douteux, il est néanmoins à comprendre dans un sens actif : « un certain travail est effectué ici », et non dans le sens d’un résultat : « regardez le travail fait ». So, I’m happy !

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Travail situé

You know what ? : « Contrairement aux  travaux in situ , liés irrémédiablement aux lieux pour lesquels ils ont été conçus, les « travaux situés » peuvent circuler d’un endroit à un autre, à condition de suivre quelques règles fort simples. […] Un « travail situé » ne se revendique pas de l’invraisemblable orgueil de l’objet unique, autonome, que l’on nomme habituellement « œuvre d’art » So, I’m happy !

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Photo-souvenir

You know what ? : « La photo, par rapport à ceux et celles qui ont vu et expérimenté le travail-événement qu’elle illustre, sert d’aide-mémoire, donne la preuve de l’existence formelle passée – ou présente d’ailleurs – de la chose photographiée. » So, I’m happy !

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Fragment et fragmentation

You know what ? : « Il n’est pas nécessaire de devoir assimiler tout mon lexique, même si cette connaissance confère relief, profondeur à la perception de chaque pièce. Cette notion de fragment, de fragmentation est essentielle ; elle est peut-être la philosophie de mon travail. » So, I’m happy !

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Propos recueillis par Anne Baldassari

Ainsi, avec ces quelques extraits d’un océan de péremptoires platitudes et de pompeuses inepties, vous avez pu mesurer l’insondable vacuité du paradigme burénien… mais ce que j’aimerais vous faire remarquer aussi , c’est la typologie des recueilleurs de ces mots-clefs :

 

Anne Baldessari  qui vient de se faire virer de la direction du Musée Picasso pour cruauté mentale envers le menu personnel de l’établissement…remplacée toutefois dans la foulée par le pro-buréniste notoire Laurent Lebon, calamiteux gestionnaire de Pompidou-Metz… comme si Buren et Picasso avaient à se mélanger par l’intermédiaire de ces deux préposés à tout faire, dont ceci et son contraire. A noter aussi que Dame Baldassari est entrain de mettre en place un énorme pataquès juridique en réclamant la « propriété » de l’accrochage Picasso qu’elle avait prévu. « L’accrochage que l’ai conçu m’appartient en tant qu’œuvre de l’esprit », dit-elle…Une vraie chieuse, vous dis-je !

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Jérôme Sans, flamboyant curator à tout curater  lui aussi, de multiples opérations internationales d’art contemporain…Comparse de Nicolas Bouriaud pour Palais de Tokyo de 2002 à 2006, puis guide spirituel d’un grand maffieux ukrainien collectionneur d’AC, puis maître à penser de 2008 à 2012du milliardaire Guy Ullens pour sa fondation UCCA ramasse-pognon à Pékin… puis Global Cultural Curator de 2006 à 2013 pour Meridien Hotels & Resorts…puis  Directeur artistique de l’un des plus grands programme de réaménagement urbain en Europe « Rives de Saône-River Movie » à Lyon, ou il a pu placer ses meilleurs amis du réseau  financial artists.

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Olivier Vadrot , l’homme  à tout faire, polyvalent, omnivore, pluri-rateliers, multi-casquettes : artiste, professeur, conférencier, performeur, curator, critique d’art, galeriste, etc…

Trois personnages donc, qui ont dû, comme tant d’autres apparatchiks ou sbires interchangeables de l’AC en début de carrière, aller recueillir la logorrhée et cirer les pompes de l’homme –clef du système, pour être mieux adoubés par celui-ci

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6 – La chute d’un « pied- nickelé » de l’AC : Nicolas Bourriaud  en instance d’être viré de l’École des Beaux-Arts de Paris

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Nicolas Bourriaud, c’est le fringant curator international que l’on connaissait, initiateur avec son homologue Jérôme Sans (voir plus haut), du fameux Palais de Tokyo notre fierté nationale en matière d’art contemporain de pointe. C’est aussi l’auteur d’un livre qui fait référence dans le milieu de l’AC , intitulé Esthétique relationnelle publié aux éditions Presse du Réel  en 1998. Ouvrage qui avait pour but de théoriser les pratiques contemporaines prenant  pour point de départ théorique et/ou pratique la sphère des rapports humains. Par exemple : Maurizio Cattelan nourrit des rats avec du fromage « Bel paese » et les vend comme multiples. Tirananija organise un dîner chez un collectionneur, et lui laisse le matériel nécessaire à la préparation d’une soupe thaï, Philippe Parreno invite des gens à pratiquer leurs hobbies favoris le jour du premier mai, sur une chaîne de montage d’usine, Vanessa Beekroft habille et coiffe d’une perruque identique une vingtaine de femmes que le visiteurs ne perçoit que de l’embrasure de la porte. Jes Brinch installe sur une place de Copenhague un autobus renversé. Christine Hill se fait engager comme caissière dans un supermarché, et anime dans une galerie un cours hebdomadaire de gymnastique, Pierre Huyghe  convoque des gens pour un casting, expose la photographie d’ouvriers en plein de travail à quelques mètres de leur chantier, etc… Autrement dit : l’art contemporain est envisagé comme lien social certes, mais à l’usage exclusif d’une sorte de caste et comme signe fédérateur et d’appartenance à cette catégorie  …supérieure bien sûr.

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Quoi qu’il en soit, l’ « Esthétique relationnelle » n’a pas bien fonctionné à l’ENSBA de Paris, puisque Bourriaud s’est mis à dos la plupart des élèves, des profs de l’établissement et du menu personnel , qui lui reprochent  : « de préférer courir les biennales dans le monde plutôt que d’assumer le fonctionnement quotidien de l’ENSBA…De communiquer difficilement en changeant sans cesse d’avis ( un comble pour un esthéticien du relationnel)…De considérer l’école comme «centre d’art» plutôt que lieu ayant mission fondamentale de formation des artistes…d’utiliser pour l’école un vocabulaire entrepreneurial inféodé aux normes du marché international…d’y avoir organisé un « week-end festif » pour 35 galeries choisies internationalistes et d’avoir ainsi transformé l’établissement public en marché pour intérêts privés…d’avoir mis à disposition les locaux pour la promotion de la marque de fringues Raph Lauren… d’avoir vanté les mérites de la cuisine moléculaire toxique avec l’exposition «  Cookbook », etc, etc.

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Enfin bref !… tout ceci semble montrer que cette génération de « pieds nickelés » de l’AC, curatorisés et fonctionnarisés à tout faire,  y compris diriger des  écoles d’art, n’est plus crédible et est en bout de course…et que ça commence à craquer de partout : voir ce qui s’est passé en Avignon, ce qui se passe aussi à Bordeaux, etc…

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Grande débandade, comme je vous le disais plus haut : Nous entrons peut-être dans le  nouveau paradigme d’un art  enfin « post-contemporain »…

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Plus d’infos sur la question :

http://www.liberation.fr/culture/2014/06/15/remous-en-perspective-aux-beaux-arts_1041948

http://www.franceculture.fr/emission-revue-de-presse-culturelle-d-antoine-guillot-aux-beaux-arts-de-paris-le-malaise-derriere-le

http://www.lesinrocks.com/2014/06/10/actualite/crise-les-ecoles-dart-11509132/

http://www.lemonde.fr/culture/article/2014/05/28/aux-beaux-arts-de-paris-le-conflit-avec-le-directeur-s-envenime_4427506_3246.html

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Esth%C3%A9tique_relationnelle

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7 – À l’ex-prison d’ Avignon, l’ art des ultra-riches a trouvé l’ écrin d’ultra – misère sociale qui le met bien en valeur. 

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04 prison "Holy War", de Deimantas Narkevicius

 

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C’est une loi bien connue : l’économie du luxe prospère quand le peuple s’appauvrit … Luxe et misère sociale s’accordent bien pour se faire valoir l’un l’autre…L’art contemporain comme produit de luxe et/ou financier, n’échappe donc pas à ce cynisme systémique… La cote de Maurizio Cattelan ( produit de luxe Pinault) a explosé après sa célèbre performance qui a consisté à réunir une centaine de richissimes collectionneurs internationaux pour un somptueux cocktail au milieu des montagnes d’ordures de la déchetterie de Palerme, et des milliers de miséreux qui en vivent…

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L’utilisation de l’ancienne prison Sainte Anne d’Avignon pour y exposer provisoirement la Collection Lambert, en attendant la réfection de l’Hôtel de Montfaucon, relève, je pense,  du même cynisme, de la même incongruité, de la même impudence et de la même abjection de fond… avec en plus une certaine stupidité institutionnelle de haut niveau,  spécifiquement  française.

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Le niveau d’abjection de cette confrontation entre l’ultra-richesse et  l’ultra-misère carcérale est tel, que même Philippe Agen du Monde, qui reste pourtant le plus souvent insensible à nombre de douloureuses monstruosités artistiques, dont il a charge de dire du bien, a trouvé cela insupportable. « Impossible de ne pas être saisi par la pensée de ce qui a pu se  passer dans ces couloirs, ces cellules, ces parloirs, ces courettes au-dessus desquelles des filets sont encore attachés, à moitié déchirés… Il y a encore les noms, les slogans, les dates, les imprécations écrites au crayon ou au feutre, les incisions dans le crépi…Ces signes visuels sont parfois plus intéressants que les œuvres placées à proximité. », écrit-il.

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Insupportable en effet :

– qu’Eric Mézil, le directeur de la collection Lambert, puisse avoir l’impudence d’évoquer, les séjours en prison de  Paul Verlaine et Jean Genet…Comment peut-on oser mêler ces poètes à cette obscène opération culturo-financière ?

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– et encore plus odieux d’évoquer les deux mois de prison effectués par l’artiste chinois Ai Wei Wei, quand cette petite incarcération a permis à cet artiste milliardaire, as de la communication, de décupler la cote de ses œuvres sur le marché international

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– cette façon d’utiliser la mémoire de Pier Paolo Pasolini et le titre de son texte « La Disparition des lucioles » qui voyait dans l’extinction de ces insectes lumineux l’un des signes des ravages de la modernité…

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– cette image d’une œuvre de Deimantas Narkevicius (docv n° 4) où l’on voit alignées une dizaine de paire de vieilles  galoches de prisonniers… à 20 mille euros la paire, compte-tenu du prix moyen d’une œuvre de la collection Lambert…Prix moyen selon la valorisation actuelle qui ne tiendra pas longtemps…fort heureusement.

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8 – De la musique contemporaine…

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Voilà plus d’un an, le pianiste Jérôme Ducros lançait un pavé dans la mare en dénonçant les limites des œuvres atonales. Depuis, le milieu s’est affolé et chacun aiguise ses couteaux. Dernières nouvelles du front.

En savoir plus sur :

http://www.lexpress.fr/culture/musique/polemique-ducros-la-musique-contemporaine-accords-et-a-cris_1503346.html#rcuZeOPx6klcPZtq.99

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Mais quel scandale! Après son exposé sur la musique contemporaine intitulé « L’atonalisme. Et après? », donné au Collège de France, le pianiste et compositeur Jérôme Ducros n’imaginait sans doute pas recevoir une telle volée de bois vert. Et pourtant. Sa critique souvent ironique de la musique contemporaine, dont il juge le langage problématique, a déclenché une nouvelle bataille d’Hernani. Et suscite, depuis plus d’un an, une avalanche de débats et d’invectives.

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En savoir plus sur :

http://www.lexpress.fr/culture/musique/polemique-ducros-la-musique-contemporaine-accords-et-a-cris_1503346.html#rcuZeOPx6klcPZtq.99

http://www.lexpress.fr/culture/musique/polemique-ducros-la-musique-contemporaine-accords-et-a-cris_1503346.html#Z2y2TTh7mHWcc7ep.01

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9 – Il faut  sauver l’artiste Audin !

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Pascal Audin peintre et sculpteur

 

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L’artiste brut-singulier Pascal Audin (doc 09) présenté par Daniel Mermet dans la vidéo dailymotion dont je vous ai joint le lien, http://www.dailymotion.com/video/xyzwdp_pascal-audin_creation va être viré de la maison qu’il loue près de Poitiers depuis une quinzaine d’années, comme Mermet s’est fait virer de France Inter…Il faut le sauver , car l’obligation pour cet artiste d’une grande fragilité psychologique de quitter son lieu, sera pour lui un choc terrible…

Contact : Madeleine  Bernardeau

bernardeau@wanadoo.fr

05 49 03 26 63

Ou bien vous téléphonez ou écrivez à la DRAC Poitou-Charentes qui a les moyens de l’aider (mais s’en fout complétement): drac.poitou-charentes@culture.gouv.fr

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Schtroumpf Emergent

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