Marc-Aurèle Fortin au Musée des beaux-arts de Sherbrooke cet été

 
 
 
Marc-Aurèle Fortin dans le jardin de Jean-Paul Pépin, à Sainte-Dorothée, île de Laval
 
 
 
 
 
 
 

Du 25 mai au 6 octobre 2013 : Marc-Aurèle Fortin. Paysages modernes du Québec traditionnel. Une exposition réalisée et mise en circulation par le Musée national des beaux-arts du Québec 

 

L’exposition Marc-Aurèle Fortin. Paysages modernes du Québec traditionnel comprend une trentaine de scènes rurales et de marines réalisées à l’huile ou à la gouache par Fortin entre les années 1910 et les années 1950. Ces œuvres sont regroupées, d’une part, selon leur sujet et, d’autre part, selon leur technique picturale, dans le but de révéler comment la pratique du peintre peut être associée à la tradition par ses choix thématiques, mais aussi, paradoxalement, à l’expression d’une certaine modernité par ses choix formels. Né en 1888, Marc-Aurèle Fortin est mort en 1970. Son contemporain René Richard l’a qualifié de « plus grand technicien et coloriste» de son temps. Ses arbres, surtout, confirment son côté novateur. «C’est ce rendu audacieux qui le rattache aux tendances picturales progressistes». Il y a en outre chez celui que la critique qualifiait de magicien un enchantement qui suggère la transcendance. Une présentation d’Hydro Québec.

 

Marc-Aurèle Fortin. Paysages modernes du Québec traditionnel

Marc-Aurèle Fortin a créé l’essentiel de son œuvre entre 1910 et le début des années 1950. Le milieu de l’art québécois subit alors de nombreux bouleversements qui annoncent l’avènement de la peinture moderne et de l’abstraction. Ces transformations ne s’effectuent pas du jour au lendemain ni sans résistance. L’entre-deux-guerres peut être en effet considéré comme une période de transition au cours de laquelle les pratiques artistiques sont soumises à des influences parfois contradictoires. Plusieurs peintres s’ouvrent à la modernité tout en restant liés, sous certains aspects, à la tradition. Fortin compte parmi ceux-là. 

 

Au cours de sa carrière, Fortin s’est principalement consacré à la représentation des paysages du Québec avec un intérêt marqué pour ses caractéristiques traditionnelles, et cela, même dans ses scènes urbaines. En revanche, la facture audacieuse qu’il a donnée à ses tableaux le rattache aux tendances picturales progressistes. En révélant ce paradoxe entre les choix thématiques et stylistiques de Fortin, cette exposition, qui regroupe des huiles et des caséines du Québec rural, souhaite montrer comment ce peintre a pu être associé à la fois à la tradition et à la modernité.

 

La campagne québécoise : un thème conservateur

Comme plusieurs artistes de l’époque, Fortin prône la création d’une peinture « nationale ». Chez les peintres canadiens-français, cette idée se traduit par la représentation de la campagne québécoise et des mœurs rurales. À leurs yeux, en effet, c’est dans le terroir et les coutumes que s’incarne leur identité particulière, héritée du Régime français. En adhérant au nationalisme et en peignant d’innombrables variantes du paysage rural québécois, où les arbres, les maisons, les bateaux sinon le village en entier investissent l’espace, Fortin choisit la voie de la tradition. Au début du XXe siècle, la thématique du paysage avait certes permis aux artistes de délaisser des sujets plus académiques et d’expérimenter des esthétiques plus modernes, comme l’impressionnisme. Par contre, à partir des années 1920 et encore plus dans les années 1930 et 1940, ce répertoire avait à ce point été exploité qu’il en était assimilé à un nouvel académisme. Les défenseurs d’un art plus moderne réclamaient des sujets plus contemporains ou universels. Faisant fi de ces reproches, Fortin a continué de mettre en valeur dans la majorité de ses œuvres un mode de vie ancestral, très éloigné des progrès technologiques et des transformations que vivait alors le Québec.

 

Une facture moderne

Malgré des choix thématiques souvent conventionnels, Fortin est perçu comme un moderne par plusieurs critiques de son époque, qui ont reconnu dans ses œuvres un style personnel et audacieux. Dans l’entre-deux-guerres au Québec, une pratique artistique était jugée moderne quand l’interprétation subjective de l’artiste avait préséance sur la représentation illusionniste de la réalité. D’ailleurs, pour la plupart des critiques canadiens-français, l’art ne devait pas être qu’une copie fidèle de la nature. Ils adhéraient plutôt à la célèbre formule d’Émile Zola : « l’art, c’est la nature vue à travers un tempérament ». Fortin était donc considéré comme ayant beaucoup de tempérament. Que ce soit dans ses paysages des années 1920 ou du début des années 1930, dans ses tableaux aux fonds noirs ou gris, ou encore dans ses caséines, il utilisait des couleurs vives et contrastées, schématisait les formes, se souciait peu des règles de la perspective tridimensionnelle et créait des effets décoratifs même s’ils nuisaient au rendu mimétique du réel. Il est vrai qu’avec l’émergence des pratiques abstraites, dans les années 1940, la peinture essentiellement figurative de Fortin ne sera plus réputée avant-gardiste. On continuera néanmoins à reconnaître son caractère novateur, mais dans le contexte d’une époque passée.

 

 

 

 

 
Musée des beaux-arts de Sherbrooke
241, rue Dufferin
Sherbrooke (Québec)
J1H 4M3
819.821.2115
 
 
 

Horaire estival de l’accueil : du 24 juin au 2 septembre 2013 : tous les jours, de 10h à 17h.

 

 

Le Musée des beaux-arts de Sherbrooke, soutenu financièrement par le ministère de la Culture et des Communications  et par la Ville de Sherbrooke, accueille les visiteurs du mardi au dimanche, de 12 h à 17 h. Il est situé au centre‑ville, au 241 rue Dufferin. Coûts d’entrée : 10 $, adulte; 8 $, aîné; 7 $, étudiant; forfaits familiaux disponibles. Visite commentée en anglais ou visite de groupes : en tout temps, sur réservation.