« On se fait tous fourrer » Alexandre Chartrand / Galerie Point rouge

 
ON SE FAIT TOUS FOURRER
 Alexandre Chartrand
 
 
 
Du 2 au 13 mai 2012

 

 
 
 
Vernissage
mercredi
2.05.12
17h
 
 
 
 
 
Redevances minières dérisoires, Monarchie constitutionnelle, Ottawa abandonnant Kyoto, ou encore Huffington Post/AOL sont quelques unes des œuvres de la nouvelle série du peintre Alexandre Chartrand. On se fait tous fourrer présente des gros plans de visages dont l’expression faciale renvoie directement au titre de la série. Le graphite et la pastelle grasse tracent les lignes, la peinture aérosol y est dégoulinante, les couleurs sont criantes. Point besoin d’élaborer sur la représentation des visages, la peinture de Chartrand frappe. Le sujet quant à lui se présente de façon plus subtil. Un peu comme les chapitres d’un livre, chaque œuvre est accompagnée d’un titre propre exprimant chacun une idée, une revendication, une raison pour laquelle on se fait tous fourrer.
 
 
 
Pour Chartrand, le rapport entre le titre et l’œuvre fait parti intégrante de la démarche et s’inscrit dans la poursuite de l’exploration surréaliste de René Magritte. Le peintre belge a exploré un tel rapport au tournant des années trente avec, entre autres, La Trahison des images où la représentation d’une pipe est accompagnée de l’inscription Ceci n’est pas une pipe. Magritte a également écrit à ce sujet dans un ouvrage intitulé Les mots et les images.
 
 
 
« Les titres des tableaux ne sont pas des explications et les tableaux ne sont pas des illustrations des titres. La relation entre le titre et le tableau est poétique, c’est-à-dire que cette relation ne retient des objets que certaines de leurs caractéristiques habituellement ignorées par la conscience, mais parfois pressenties à l’occasion d’événements extraordinaires que la raison n’est point encore parvenue à élucider. »
 
 
 
Chartrand cherche toutefois à amener cette relation entre la toile et son titre à un autre niveau, en profitant du court texte associé à une œuvre pour introduire l’image dans le monde qui l’entoure, dans l’actualité, par une prise de position affirmée. L’image attire notre regard alors que son titre nous parle. Que nous dit-il exactement ? Quelque chose comme : « Vous êtes pas écœurés de vous faire fourrer, bande de caves ? »
 
 
 
Avec leurs expressions orgasmiques, la majorités des représentations semblent apprécier ce que leurs titres dénoncent. Il s’agit là du centre du propos du peintre d’origine franco-ontarienne : provoquer le spectateur en le confrontant aux faits.
 
 
 
 
« Si on n’aimait pas se faire fourrer, on n’en serait peut-être pas là. C’est ce que j’essaie de nous mettre en pleine face, plus ou moins brutalement. En continuant à cautionner l’ordre actuelle des choses, nous acceptons tacitement de nous faire fourrer. Et à constater ce qu’on est prêt à faire pour changer (plus souvent qu’autrement, rien), ça ne peut être que parce qu’on aime ça… Heureusement, le printemps québécois semble se pointer le bout du nez ! »
 
 
 
Il s’agit d’une troisième exposition solo en autant d’années pour Chartrand. Après Totalitarisme économique (2010) et Hommage à Godin (2011), le peintre consolide sa démarche en l’inscrivant en ligne droite avec la première, où les titres dénonçant les frasques économiques accompagnaient d’alléchants portraits colorés. On se fait tous fourrer s’attaque maintenant en bloc à toute une gamme de sujets : déficit démocratique, environnement, banques, corruption… En espérant nous faire réaliser qu’il serait temps de se prendre en main en faisant du Québec une république laïque, verte et ouverte sur le monde. Soyons idéalistes, exigeons le possible !
 
 
 
Le premier film n’est pas encore complété lorsque Chartrand entame la production du long métrage documentaire Lemoyne (Vidéographe distribution). Cette biographie du peintre montréalais Serge Lemoyne est projetée en première lors de l’édition 2005 du Festival du film sur l’art de Montréal puis programmée au Cinéma Beaubien et dans les grands musées d’art du Québec avant d’être acquise par la chaîne Bravo!
 
 
 
Chartrand vient de compléter l’écriture d’un deuxième long métrage fiction, cette fois avec l’aide de Téléfilm Canada et de la Sodec. L’Immersion d’Étienne Dersonne, une co-production Québec-Catalogne, entre bientôt en phase de pré-production.
 
 
 
 

Galerie Point rouge
2471 Notre-Dame Ouest
Montréal Qc
H3J 1N6
 
 
514-586-0554
 
 
 
 

Oeuvre: Alexandre Chartrand, « À faire bander Stephen Harper » / Giving Stephen Harper a Hard-on

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