L’ONF aux 15e Rencontres internationales du documentaire de Montréal
Pour la première fois cette année, l’ONF remettra à un cinéaste émergent le prix Magnus- Isacsson offert par l’ACIC/ONF, Cinéma Politica, Doc Québec et l’ARRQ, assorti, entre autres, d’une bourse de 10 000 $ en services techniques de l’ONF. Au cours de cette 15e édition, l’ONF présentera des films en semaine, avant 17 heures, une initiative donnant un accès gratuit aux projections pour les aînés et les étudiants.
La Fin du temps ouvre les RIDM
La Fin du temps, (The End of Time) (maximage│ Grimthorpe│ ONF│ SRF│ SRG SSR│ ARTE G.E.I.E.), est la dernière d’une trilogie d’œuvres de Peter Mettler (Picture of Light, 1994, et Gambling, Gods & LSD, 2002), lesquelles explorent les limites de l’expression cinématographique. Dans ce film, Mettler s’attaque au sujet impalpable du temps, cherchant une fois de plus à filmer ce qui ne peut l’être. Depuis un accélérateur de particules situé en Suisse jusqu’à une coulée de lave à Hawaï, de la désintégration d’un quartier pauvre de Détroit au rite funéraire hindou qui se déroule à proximité du lieu où Bouddha a atteint l’éveil, Peter Mettler ose rêver au film de l’avenir tout en nous plongeant dans les merveilles du quotidien.
La Fin du temps, qui a fait ses débuts sur la scène canadienne dans le programme Masters du Festival international du film de Toronto, sera présenté en première québécoise avec sous-titres français. Au Québec, le film est distribué par Métropole Films.
Compétition nationale longs métrages
Après Sur le Yangzi et China Heavyweight, Chasseurs de fruits (The Fruit Hunters) (EyeSteelFilm│ ONF) est le nouveau film du réputé cinéaste Yung Chang. Montré en première québécoise aux RIDM, Chasseurs de fruits est une fascinante odyssée cinématographique dans l’univers exotique des fruits et dans celui du commerce, qui changera non seulement notre façon de voir ce que nous mangeons, mais aussi notre façon de concevoir notre rapport à la nature.
En première mondiale, Le prix des mots (MC2 Communication Média│ONF) de Julien Fréchette relate l’escalade de procédures judicaires entourant les procès qui opposent les compagnies minières canadiennes Barrick Gold et Banro à l’auteur Alain Deneault, ses collaborateurs et les Éditions Écosociété, après la sortie du livre Noir Canada en 2008. Avec ce documentaire choc, le cinéaste Julien Fréchette signe un véritable suspense juridico-politique, qui s’étend sur des années d’intenses tensions psychologiques. À la suite du visionnage du film aux projections-débats, l’ONF et les RIDM invitent d’ailleurs le public à réfléchir et échanger sur la question au cœur de ce procès : « Les tribunaux protègent-ils la liberté d’expression? »
Le prix des mots marque une deuxième collaboration de l’ONF avec Julien Fréchette qui fait un pas de plus dans le monde du cinéma engagé avec cette deuxième sélection aux Rencontres (Le doigt dans l’œil, 2007). Le film sortira en salle à l’hiver 2013.
Avec son intrigue au présent sur fond d’histoire, Le chant des ondes – Sur la piste de Maurice Martenot (productions artifact│ONF) de Caroline Martel (Le fantôme de l’opératrice) poursuit le rêve inachevé du plus sensible des instruments électroniques de musique : les ondes Martenot. Le film s’inscrit dans la démarche de Caroline Martel qui conjugue recherches, théories et pratiques autour de la création documentaire depuis une douzaine d’années, avec comme sujets de prédilection le patrimoine audiovisuel et sonore, les histoires occultées, les archives et nos rapports aux technologies. Intégrant cinéma direct, archives inédites et un répertoire musical haut en couleur, ce film choral suit un cercle de passionnés, en France comme au Québec, qui cherchent à en interroger le mystère de l’instrument. Parmi eux, Jean-Louis Martenot, le fils de l’inventeur, Suzanne Binet-Audet, la « Jimi Hendrix » des Ondes, et Jonny Greenwood du groupe Radiohead.
Le chant des ondes – Sur la piste de Maurice Martenot sera présenté en première mondiale aux RIDM et sortira en salle à l’hiver 2013. Une soirée de performance animée par l’Ensemble d’Ondes de Montréal et des DJ et musiciens se tiendra à la Cinémathèque québécoise le 8 novembre prochain pour souligner la sortie du film.
Les poings de la fierté (Aviva communications) d’Hélène Choquette raconte le quotidien de Petit Tigre et de ses camarades dans un camp de boxe thaï à la frontière de la Birmanie. Dans cette région du monde, où les sports de combat sont depuis toujours une affaire d’honneur et d’argent, le film révèle comment la boxe est pour plusieurs jeunes exilés birmans et leur famille l’unique gage de survie.
Depuis 2001, Hélène Choquette se consacre à la réalisation de documentaires à caractère social et politique. Elle qui a travaillé au sein de l’ONF (PIB– L’indice humain de la crise économique canadienne, 2009-2010) signe la réalisation, le scénario et la recherche pour Les poings de la fierté, film pour lequel l’ONF a acquis les droits de distribution du film.
Compétition internationale moyens métrages
Dans Entre l’arbre et l’écorce (Let the Daylight into the Swamp) | ONF|, le cinéaste torontois d’origine montréalaise Jeffrey St.Jules reconstruit la dramatique histoire de ses grands-parents et le rude quotidien des camps de bûcherons frontaliers du nord de l’Ontario. Cette réflexion visuellement féconde sur une histoire familiale fragmentée amalgame le mythe et la réalité, la joie et le chagrin. C’est un retour en force pour le réalisateur de The Tragic Story of Nling, un court métrage novateur sélectionné pour un Génie, qui a été qualifié de futur film culte par indieWIRE et désigné meilleur court métrage de 2007 par Film Threat. Le film avait été présenté au Festival Sundance en 2007, où il avait été acclamé pour son humour sombre, mais fantaisiste.
Présenté en première mondiale au dernier Festival international du film de Toronto, où il était en compétition, Entre l’arbre et l’écorce s’inscrit dans la tradition de l’ONF qui appuie la recherche, l’innovation et la création d’œuvres originales, audacieuses et distinctes.
Présentations spéciales
Après avoir été vu au Festival Imagine Native en octobre dernier, le long métrage d’Alanis Obomsawin, Le peuple de la rivière Kattawapiskak (The People of the Kattawapiskak River) (ONF), fera l’objet d’une présentation spéciale pour son entrée québécoise. Dans ce documentaire, Alanis Obomsawin relate la crise du logement et la pauvreté grandissante d’une communauté crie au Nord de l’Ontario en 2011. Des images de froidure et de « shacks » délabrés font écho aux discours politiques sans effet. Malgré sa situation désastreuse, l’espoir renaîtra-t-il un jour pour cette communauté?
Présentations spéciales
Après avoir été vu au Festival Imagine Native en octobre dernier, le long métrage d’Alanis Obomsawin, Le peuple de la rivière Kattawapiskak (The People of the Kattawapiskak River) (ONF), fera l’objet d’une présentation spéciale pour son entrée québécoise. Dans ce documentaire, Alanis Obomsawin relate la crise du logement et la pauvreté grandissante d’une communauté crie au Nord de l’Ontario en 2011. Des images de froidure et de « shacks » délabrés font écho aux discours politiques sans effet. Malgré sa situation désastreuse, l’espoir renaîtra-t-il un jour pour cette communauté?
Alanis Obomsawin, membre de la nation abénaquise, est l’une des plus éminentes documentaristes du Canada. Depuis 40 ans, elle donne une tribune aux peuples autochtones du pays. Elle a réalisé avec l’Office national du film 37 documentaires qui ont été récompensés par de nombreux prix internationaux. Par ailleurs, Alanis Obomsawin a été sélectionnée parmi 15 personnalités de la vie culturelle canadienne et internationale à qui l’organisation des RIDM a demandé de choisir un documentaire coup de cœur à intégrer à la programmation. Le choix d’Alanis Obomsawin s’est arrêté sur le documentaire canadien Reel Injun (Hollywood et les indiens) (Rezolution Pictures Inc│ONF) de Neil Diamond.
Docs 2.0
Dans le cadre de Docs 2.0, l’ONF présentera en navigation assistée et suivie d’une période de question Ici, Chez soi, un documentaire Web pancanadien sur la maladie mentale et l’itinérance, Lancé le 15 octobre dernier, en français et en anglais, Ici, Chez soi présente des courts métrages tournés à Moncton, Montréal, Toronto, Winnipeg et Vancouver, progressivement mis en ligne jusqu’à l’été 2013.
Projection hommage
En projection hommage les RIDM ont choisi cette année Pour la suite du monde (ONF) de Michel Brault et Pierre Perrault, soulignant du même coup le 50e anniversaire de ce long métrage documentaire phare. Sorti en 1962, ce documentaire portant sur la vie des habitants de l’Isle-aux-Coudres est considéré aujourd’hui comme un chef-d’œuvre du cinéma direct. Il fut d’ailleurs le premier film canadien à être sélectionné au Festival de Cannes. Sa projection sera suivie d’un échange avec les artisans du film animé par le cinéaste Denys Desjardins.


































