Posada à Montréal, sur la route de Brooklyn et le bel ensemble graphique de Marie Chouinard vu par Damien Fière
Posada à Montréal : vies et morts Mexicaines
Allez voir sur la rue Peel une belle exposition de gravures de José Guadalupe Posada (1852-1913), le « Goya mexicain ».
Ce contemporain de Zapata vient rappeler aux auto-centrés que nous sommes que l’art mexicain ne commence pas avec Diego Rivera et Frida Kahlo. Et puise autant ses sources dans l’Espagne baroque et l’art d’un Daumier ou d’un Goya, que dans les vivants courants souterrains de l’Amérique pré-colombienne.
De Leon à Mexico en passant par les immenses campagnes hallucinées du pays, Posada nous parle de la vie quotidienne, de la révolution, de la violence et de la mort.
Vous pourrez voir au consulat, en prime, une attachante projection de vidéo-danse intitulée « Ofrenda », fruit d’une collaboration entre Sonia Bustos (Mexique) et David Chedore (Québec), deux jeunes artistes invités.
Gravures de José Guadalupe Posada au Consulat général du Mexique de Montréal, jusqu’au 23 novembre 2012.
Sur la route de Brooklyn – Melissa Murray, Patrick Bérubé et … Marie Chouinard
Une certaine fébrilité règne à quelques jours du coup d’envoi officiel de l’événement Montréal-Brooklyn. Samedi dernier par exemple, nous avons poussé la porte du Belgo. On y attendait avec impatience les oeuvres de la jeune Melissa Murray, représentée par la galerie Causey Contemporary. Mais elles étaient retenues quelque part à la frontière américaine! Pas de panique cependant, elles sont arrivées à l’heure qu’il est et seront visibles au vernissage samedi 20 octobre. Un coup d’oeil sur son portfolio nous donne envie d’aller voir enfin son oeuvre en vrai, dès que possible.
En attendant, sur les lieux, Patrick Bérubé s’activait déjà à l’installation de ses oeuvres.
Des figurines coulées dans le bronze qui s’insèrent dans des installations décalées. Elles cohabitent avec une litière pour chat – avec de vraies crottes – un aquarium qui fuit, un éclair laser digne de Star Treck, une cigarette avec un imposant dispositif fumigène. Narration à tiroirs, sens du décor, humour piégé et… belle maturité technique.
Quand l’exubérance montréalaise contemporaine se mélange sans inhibition avec le mouvement Dada et une touche de Sturm und Drang , le résultat est explosif et réjouissant à la fois. On y retournera aussi, sans hésiter!
Sans rapport direct avec Brooklyn mais toujours sur le chemin du Belgo, l’exposition de Marie Chouinard à la galerie Donald Browne.
On peut arguer qu’avec sa notoriété, la « papesse de la danse » à Montréal bénéficie déjà pour son expo d’une bonne publicité. Méritée cependant! Car, contrairement à d’autres célébrités qui « s’amusent, en plus » à dessiner ou à peindre, Marie Chouinard offre un très bel ensemble graphique et un hommage au poète Henri Michaux dansant, séduisant. Elle le fait en toute maîtrise, avec coeur et simplicité.
Son trait énergique mérite largement le détour, en attendant la petite invasion en provenance de Williamsburgh, DUMBO et autres lieux en mouvement du nouveau Brooklyn/New York…
Melissa Murray et Patrick Bérubé (Irruption / Breaking) à la galerie SAS, jusqu’au 17 novembre 2012.
Marie Chouinard à la galerie Donald Browne, jusqu’au 17 novembre 2012.
Chroniqueur: Damien Fière

.jpg)

































