e-merge [Exposition / C2-MTL] / Critique de Myriam Daguzan Bernier

 
 
 
 

C2-MTL est définitivement LE gros évènement interactif à ne pas manquer cette semaine à Montréal et on en parle partout, tout le temps. Lorsque l’on m’a lancé l’invitation à venir voir l’exposition e-merge organisée par Frédéric Loury (Art Souterrain), j’ai sauté sur l’occasion pour 1) voir le fameux quartier général du C2-MTL et 2) fouiner dans cette fameuse exposition interactive.

 

 

Deux parties constituent cette exposition qui présente sept artistes représentant six compagnies. En effet, on mélange ici l’art et les occasions d’affaires, le but avoué étant de faire connaître les projets non seulement sur le marché québécois, mais aussi leur offrir un rayonnement international. Intéressante approche, l’exposition est présentée dans une sorte de labyrinthe interactif où chaque salle propose des dispositifs différents, prêts à être manipulé par le public.

 

 

On y trouve donc des systèmes qui demandent une interaction avec les gens, que ce soit par les gestes, la parole, la simple présence ou encore l’activation de boutons ou commandes précises. Par exemple, l’exposition débute avec Echoes of Silence, une boîte creuse et suspendue remplie de points lumineux devant laquelle le visiteur doit se placer. Devant lui se trouve un micro qu’il doit saisir pour entamer une discussion avec la machine. Cris, rires, paroles, bruits sont alors répétés à l’infini et avec une vitesse variable tandis que des lumières fortes et crues ou encore douces et feutrées sont projetées dans la boîte, selon que le participant utilise sa voix avec force ou douceur. Les échos des voix des visiteurs passés se mélangent alors aussi à la trame. Amusante expérience.

 

 

Je fût très étonnée d’y trouver des vêtements interactifs. Gros coup de cœur pour ma part, le travail de Ying Gao m’a vraiment plu. Des tissus légers et vaporeux qui s’animent, se gonflent eux-mêmes, bougent sur le mannequin, pris d’une vie qui leur est propre. Fascinant et beau. Voir un exemple ici (abonnés Facebook seulement).

 

 

 

 

Une autre installation qui m’a beaucoup plu est celle de Philomène Longpré et qui se nomme FORMICA. Un écran nous montre un personnage en rouge qui semble attendre qu’il se passe quelque chose. C’est au visiteur de bouger dans l’espace d’exposition pour activer les différentes séquences qui feront réagir le personnage et l’environnement dans lequel il est représenté. L’écran deviendra éventuellement élargi, laissant voir que la projection est faite sur une matière élastique qui s’étire. Le personnage (l’artiste elle-même) se tord, bouge, se retrouve ligoté et réagit à la présence de diverses façons.
Un petit bémol à ce sujet: la “navigation” pour le visiteur n’est très pas instinctive. D’ailleurs, la présence de l’artiste sur place a beaucoup aidée, car elle a rapidement dirigé nos gestes. Beau projet qui, tout de même, promet.

 
 

 

 

 

 

 

 
Ying Gao
 
PLAYTIME
 
 
 
 

Sinon, on y retrouve diverses démonstrations des infinies possibilités de l’interactivité: environnements immersifs, des jeux d’animation de personnages, des robots intelligents, etc. Le labyrinthe aux passages plutôt sombres donne un effet mystérieux et un côté déstabilisant assez efficace. On se prend au jeu et on se demande bien ce que l’on trouvera à la pièce suivante. Par contre, les présentations ne sont pas toutes du même intérêt, et certaines respirent beaucoup plus les potentialités de vente que la créativité que l’on décrit partout dans cet événement qui chapeaute l’exposition.

 

 

Prenons l’exemple sur Digital Dimension qui est présent pour offrir un petit atelier donné par un animateur 3D. En quelques minutes et à l’aide d’un didacticiel (très sympa) que l’animateur fait manipuler par un volontaire du public, il explique les différentes étapes de la création 3D. Complexe et fascinant, c’est un art absolument incroyable qui permet les réalisations les plus folles. Mais on tombe rapidement dans l’énumération des films sur lesquels ils ont travaillé et, bien que je salue le travail immense que cela représente ainsi que leur succès, ce côté “commercial” me parle beaucoup moins.

 

 

 

Très contente d’avoir été faire un petit tour à C2-MTL pour tâter le pouls de cet événement. Agréablement surprise des découvertes faites à travers le parcours artistique e-merge créé pour l’occasion: un côté ludique fort agréable et un processus décisionnel (le propre des oeuvres interactives) qui laisse au visiteur l’impression de ne plus être un simple observateur, mais bien un acteur. Belle expérience, à voir.

e-merge est accessible gratuitement au public depuis le samedi 26 mai.

 

 

 

 

 

 

 

Myriam Daguzan Bernier
Ma mère était hipster (BLOG)

 
 
 
 
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