Ce jeudi à CLARK – Vernissage Aubé-Tujague / Du 3 mai au 9 juin 2012

 
 
 
 
 
 
Jean-Pierre Aubé
 
 
electrosmog
 
 
 
Du 3 mai au 9 juin 2012
 
 

Ce sont les fréquences radio et les ondes au sens large qui alimentent le travail de Jean-Pierre Aubé depuis maintenant plusieurs années, lui qui se concentrait auparavant principalement sur la photographie de paysage. Bien que les outils qu’il emploie aient changé depuis le début de sa pratique, son intérêt pour le territoire ne s’est pas démenti. C’est suite à sa constatation que non seulement « l’espace » propre aux fréquences radio est presque complètement occupé par les appareils de télécommunication, mais qu’il est également balisé et régi comme n’importe quel autre « territoire », qu’il a commencé, avec Save the waves (2004-2005), à aborder ce sujet. Le projet présenté à CLARK se rattache à la série des Electrosmog, qui utilise un système créé par Aubé pour effectuer rapidement un balayage complet des fréquences radio présentes dans un endroit. Ce système portatif composé d’une antenne, d’un récepteur radio et d’un logiciel informatique fonctionne de manière automatique. Il survole une grande partie du spectre des ondes afin de capter à chaque dixième de seconde les sons d’une fréquence radio – qu’il s’agisse des ondes courtes, du AM, du FM, de la téléphonie cellulaire, etc. – pour ensuite cataloguer les informations recueillies dans une base de donnée.

 
 
Pour Electrosmog (2012), ce processus a été répété dans cinq villes différentes, soit Berlin, Mumbai, Istanbul, San Francisco et Hong-Kong. Utilisées tant d’un point de vue visuel que sonore, les données rassemblées servent de point de départ au projet de l’artiste, qui les donne autant à voir qu’à entendre. Une projection vidéo présente des paysages urbains sur lesquels sont superposées des bandes verticales qui correspondent au résultat produit lorsque les signaux sonores sont transmis à un téléviseur. Associées à la composante vidéo, des pièces sonores sont diffusées par de cinq haut-parleurs. Elles révèlent certaines des particularités différenciant les villes entre-elles, remarquées par l’artiste lors de l’écoute et de l’analyse des données sonores recueillies. Par exemple, la pièce TV analogue – SFO attire l’attention sur le fait que la télévision analogique, bien qu’il s’agisse d’une technologie obsolète, est encore présente à San Francisco, où elle sert à diffuser des émissions de prédicateurs, des télé novelas et des informations sur les transactions boursières. La pièce Firedrake – HKG révèle la tactique employée par le régime chinois pour brouiller les ondes courtes des stations étrangères qui atteignent la Chine, qui en proscrit l’écoute : une musique au nom de code Firedrake est superposée aux ondes pour en camoufler le contenu. Dans cette pièce spécifique, la vitesse de la trame musicale est modulée en fonction de la puissance du brouillage effectué, donnée retenue par son système. Electrosmog attire ainsi l’attention sur certaines caractéristiques socio-économiques propres aux cinq villes, révélées par leur « étendue » sonore – un côté de leur réalité qui nous est rarement accessible.

 

 

 

 
 

Samedi 5 mai 18h30 à CLARK dans le cadre d’Elektra

TXL.IST.BOM.HKG.SFO+YUL
une performance de

 

Jean-Pierre Aubé

 

 

Issue de l’installation Electrosmog présentée à CLARK, la performance TXL.IST.BOM.HKG.SFO+YUL permet la rencontre de centaines de milliers de fréquences radio que Jean-Pierre Aubé a capté lors d’un voyage autour du monde. Réalisé à l’aide de logiciels conçus par l’artiste, le système informatique d’Electrosmog trace le portrait géopolitique de l’occupation des ondes. La performance nous fait entendre l’incroyable densité de l’occupation de ces ondes par les signaux radio de la télévision analogique à San-Fansisco, par le brouillage des ondes courtes en Chine, par la police de Mumbai ou encore, par le biais de l’omniprésence des communications par micro-ondes. Pensé comme une réactivation des signaux recueillis, ce tour du monde radiophonique se présente sous la forme d’une réelle partition sonore. Jean-Pierre Aubé ( http://www.kloud.org) Biennale Internationale d’art numérique 2012 ( bianmontreal.ca) Elektra – Festival Internationale d’art numérique ( elektramontreal.ca/201)

 

 

 
 
 
 
Mathias Tujague
 
 
KARST
 
 
Du 3 mai au 9 juin 2012
 
 
 
 Salle 2
Rencontre avec artiste
le samedi 5 mai 16h30
 
 
 

La pratique de Mathias Tujague, qui mêle l’installation et la production d’objets sculpturaux, se dirige résolument vers la création de situations et d’environnements à expérimenter. Afin d’attirer l’attention sur des objets du quotidien somme toute banals, il les reproduit en misant sur des changements de matériaux et d’échelle qui, tout en leur soutirant leur fonctionnalité, leur donne une présence différente. Bien que le faire soit très important dans sa démarche, très peu de traces témoignent du côté artisanal de ses œuvres qui paraissent réalisées de manière industrielle. Invité dans le cadre de la première résidence croisée entre CLARK et l’association Zébra3/BuySellf de Bordeaux, Tujague a développé KARST, un projet qui témoigne de sa nouvelle approche, spécialement conçu pour la petite galerie.

 

 

KARST est inspiré par la grotte de Naïca, milieu naturel découvert en 2000 par des mineurs d’une petite ville du Mexique. Située à 300 mètres sous une montagne, au centre d’une région désertique, la grotte contient les plus grands cristaux de gypse jamais vus dont certains font près de treize mètres de long. Plusieurs personnes l’ont rapprochée du lieu décrit par Jules Verne dans son roman de science-fiction Voyage au centre de la terre (1867), parallèle qui ajoute à son côté mystérieux.

 

 

 

Souhaitant évoquer le contenant – la grotte – par son contenu – les cristaux, et ce, sans modifier les paramètres de la salle, Tujague mise sur l’installation de structures hexagonales irrégulières qui traversent la galerie et obligent le spectateur à adopter, pour se déplacer, le même type d’attitude que s’il se trouvait réellement dans la grotte : mesurer l’espace qui se trouve entre les structures afin d’évaluer s’il peut ou non s’y faufiler, se pencher, etc. Puisqu’il est impossible de rester très longtemps à Naïca en raison du taux d’humidité et de la chaleur qui en rend le climat presque insupportable, tout un système d’enregistrement et de captation de données a dû être développé pour étudier ce milieu et en maintenir une trace virtuelle. Cet aspect fait écho au processus de l’artiste, qui navigue constamment entre le virtuel et le réel, chacun de ses projets comprenant toujours une étape de modélisation 3D. C’est le défi de transposer, dans l’espace réel de la galerie, la structure élaborée de manière virtuelle en acceptant les pertes d’information et les modifications que ce passage implique, qui nourrit sa démarche. Une épuration et une simplification se jouent à ce stade de la production, où seules les caractéristiques essentielles des formes sont maintenues. En résulte un environnement qui paraît étrangement cartésien alors qu’aucune des structures qu’il contient n’est identique. Avec KARST, Tujague répond de manière poétique au problème de conservation de cette grotte en permettant en quelque sorte au spectateur d’en faire l’expérience, bien que les différentes transpositions qu’il fait subir au site naturel introduisent évidemment un décalage entre l’original et sa reproduction.

 

Anne-Marie St-Jean Aubre

 

 

 

 

 
 
XAVIER LEBUIS
   
 Dérives composites
 
 
Du 3 mai au 9 juin 2012

 

Initialement formé en arts visuels, Xavier Lebuis débute ses aventures sonores dans les sphères de l’électroacoustique et de l’art sonore. DJ depuis 2005, sa musique prend un virage house minimal teinté de références à la musique concrète. Pour la série Postes Audio, il propose une mix session abordée comme une dérive qui superpose les territoires distincts de son travail sonore. Parcours spontané où l’éléctroacoustique rencontre l’échantillonnage et la musique électronique rythmée, Dérives composites se développe comme un DJ set situationniste, un « passage hâtif à travers les ambiances variées » des espaces sonores de l’artiste.

 

 

Xavier Lebuis s’est produit lors de différents événements d’art sonore et de musique électronique notamment au prestigieux festival MUTEK en 2010. Il a récemment publié Tea, Sugar and dreams EP sur le label Monsieur Musique (2010) et Sibylline sur le label Archipel (2011).

 

 
CENTRE CLARK
5455, Avenue De Gaspé, local 114
Montréal [Québec]
Canada
H2T 3B3
 
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