Psychanalyse superficielle du marché des arts

 

« une société matériellement riche et culturellement pauvre demeure une société pauvre. »
  
 

 

Réaliser un plan d’affaire est une forme de thérapie, il nous permet une vue en tranches de notre environnement et nous détache du milieu dans lequel nous travaillons. Comme je l’ai toujours suggéré aux artistes et collègues des médias, il faut nous entourer de gens qualifiés et formés en analyses de marché plutôt que sur des gens qui n’ont comme qualité que leur expérience personnelle. La science des affaires est beaucoup trop complexe pour laisser un tel enjeu entre les mains d’amateurs. J’ai frappé à la porte de la chambre de commerce qui m’a offert tous les organismes et réseaux qualifiés afin de mener à bien mon projet.

 

Une façon toute simple de reconnaître les gens qui ont besoin d’aide c’est dans leurs discours creux et démagogiques, tels que : « Je m’adresse à monsieur et madame tout l’monde, l’art dans sa diversité, et bien sûr, on est ouvert à tout l’monde ». Cette approche tente maladroitement de détourner une incapacité de cibler une part de marché. Les conséquences d’un tel laxisme a des effets sur la valeur et la qualité du marché et opposera toujours la quantité à la qualité. Il faut s’ouvrir et répertorier les ressources telles que les CLD et Chambres de commerce qui vous guiderons gratuitement vers des gens qualifiés. Vous pouvez également consulter le Dictionnaire des compétences édité par le RAAV qui demeure un outil sur mesure pour les artistes en arts visuels.

 

Marcel Deschênes, sculpteur et auteur de l’essai « L’Art de qui ? », mentionne ceci : « Les arts visuels au Québec est un univers clos et autosuffisant ». Il soulève au passage le manque d’autonomie des artistes, leur dépendance à l’état et la difficulté de s’allier à d’autres compétences en vue de faire de ces artistes des entrepreneurs plus outillés. Malgré le fait d’avoir une formation en analyse et en gestion d’entreprise, les ressources complémentaires autres que celles du milieu m’ont permis de porter un regard subjectivement honnête. J’ai lu plusieurs essais, j’ai analysé le marché global et le marché visé, j’ai également constater un certain repli du milieu des arts visuels, un repli qui s’explique par un manque d’intérêt de notre société pour les arts visuels.

 
En ce qui concerne le marché global, les chiffres sommaires récoltés est très inquiétant mais pas suffisamment précis pour précipiter le débat. Par contre, le milieu est faible et le travail de sensibilisation doit commencer maintenant. Cette tâche ne peut être accomplie seule, c’est pourquoi nous devons nous tenir la main afin de faire de notre province un modèle culturel qui se jouera autrement qu’avec des incantations intentionnelles.

 

Dans une élocution en 2006, Bernard Landry mentionnait « une société matériellement riche et culturellement pauvre demeure une société pauvre. »

 
De temps en temps, il faut nous regarder dans le miroir des autres et démêler la confusion des ressentis et des ressentiments, il faut s’ausculter afin de s’aimer suffisamment pour ne pas plonger dans un repli inutile. Pour être plus libre, dans le sens « liberté par la connaissance », il faut nous aider à nous construire sans humiliation. Ma façon d’aider le milieu est de continuer de travailler avec des balises claires et d’avantager les centres d’artistes tels que Skol, L’Oeil de poisson pour ne nommer qu’eux et les galeries qui se soucient de la qualité et de la démarche des artistes. Les gens qui travaillent avec une réelle passion du dépassement et du changement se reconnaissent par leur enthousiasme, leur générosité et surtout leur accessibilité, ceux-là contribuent à un devenir meilleur pour les arts visuels.
 
 
Dans notre univers consensuel et parfois vide où les seuls reliefs sont les bancs de neige, il est heureux d’insister sur la différence. La visite de galeries et de lieux d’art demeurent à mon avis la meilleure bouffée d’oxygène pour établir un réel dialogue avec l’inconscient de notre culture.
  
Sylvain Boucher